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Un nouveau gouvernement dans le pays le plus pauvre de l'hémisphère

Par Guillermo Alvarado

Jovenel Moïse, de 48 ans a pris possession ce mardi de la présidence d'Haïti avec le défi énorme de réduire les fractures politiques dérivées d'un processus électoral très accidenté et d'essayer d'acheminer ce pays sur la voie du développement pour surmonter une situation de pauvreté extraordinaire, d'inégalités et de carences de tout type.

Le premier pays à avoir conquis son indépendance dans notre continent, le berceau de la seule révolution d'esclaves triomphante de l'histoire, est à l'heure actuelle, un point de concentration de calamités de toute sorte: politiques, économiques, sociales et naturelles.

Une dette ruineuse, imposée par l'ex-métropole, la France, en échange de la reconnaissance de sa liberté, de nombreuses interventions étrangères, dont les États-Unis ont été les protagonistes, des décennies de dictature de la dynastie Duvallier, sont à l'origine des énormes maux qui affectent cette société, où les institutions sont fragiles sinon inexistantes.

Comble de malheurs, Haïti est l'endroit du continent américain le plus exposé à la furie des ouragans et d'autres phénomènes météorologiques. De 1980 à 2016 les cyclones Allen, Gilberto, Gordon, Gustav, Ike, Sandy et Matthew ont laissé une séquelle de mort et de destruction dans la géographie de cette petite île antillaise.

En 2010 un violent tremblement de terre a laissé environ 300 000 morts. Ses séquelles sont toujours présentes à Port au Prince et dans d'autres villes. Au moins 50 000 personnes sont entassées dans de très mauvaises conditions dans plusieurs campements.

Si la furie de la nature et des exploiteurs n'était pas suffisante, une épidémie de choléra a décimé la population, qui manque de service sanitaires efficaces et cela malgré l'aide solidaire de Cuba dont les médecins se trouvaient en Haïti bien avant le séisme.

Jovenel Moïse trouve donc un pays de 10 millions d'habitants où 60% vivent au dessous du seuil de pauvreté et un quart dans la pauvreté extrême. 70% de la population économiquement active n'a pas d'emploi formel, ce qui provoque un exode vers d'autres endroits et pays. Le taux d'inflation oscille autour de 12 %.

D'un autre coté, 10% des habitants d'Haïti s'approprient 70% des revenus nationaux, ce qui contribue à creuser davantage la brèche existant entre les plus riches et les plus pauvres.

La Commission Économique de l'ONU pour l'Amérique Latine et les Caraïbes, la Cepal augure pour cette année une croissance du PIB haïtien de 1 %, ce qui équivaut à un recul , puisqu'en 2014 le PIB a atteint 2,7% et qu'en 2015 il a été de 2%.

Le 58è président de ce pays ne pourra pas affronter tout seul cette situation, même en ayant une grande volonté. Une crise profonde et historique comme la crise haïtienne exige de grands efforts à niveau international, mais jusqu'à présent, à l'exception de rares et honorables exceptions, la communauté mondiale n'a point daigné se tourner vers Haïti. L'humanité toute entière a une dette envers ce pays, mais surtout, de façon particulière ceux qui par action ou par omission, sont responsables de l'aggravation de la situation.

Edité par Tania Hernández
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