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Le Mexique, de l'étonnement à la colère

Alors qu'il semblait que le climat de violence généralisée dans lequel vit la population mexicaine n'était en mesure d'étonner personne, un crime horrible a de nouveau secoué l'opinion publique et soulevé une vague de protestations contre les autorités, incapables de contrôler la situation et de garantir la sécurité des Mexicains. 

Les victimes ont été trois jeunes étudiants de l'Université de Moyens Audiovisuels de Guadalajara, dans l'état de Jalisco, qui, le 19 mars, faisaient des pratiques de cinéma dans la localité de Tonalá lorsqu'ils ont été enlevés par un groupe d'hommes armés, supposément membres d'un cartel du trafic de drogues qui opère dans cette région.

Cette semaine, le parquet mexicain a fait savoir que les jeunes ont été victimes de cruelles tortures, assassinés et leurs corps dissous dans de l'acide car, ils auraient filmé une maison de sécurité de l'organisation criminelle.

Les détails de l'assassinat ont provoqué une profonde consternation au sein d'une société qui, depuis deux décennies, souffre des formes les plus atroces de violence.

Des figures du cinéma mexicain dont Guillermo del Toro, qui a eu récemment le prix Oscar de l'Académie de Cinématographie des États-Unis et l'acteur Gael García Bernal, ont condamné ce crime abominable.

Dans un message sur les réseaux sociaux, Guillermo del Toro a posté : « Les mots ne suffisent pas à comprendre la dimension de cette folie. 3 étudiants ont été assassinés et dissous dans de l'acide. Le « pourquoi est impensable, le « comment » est terrifiant ».

Des manifestations ont été organisées immédiatement dans plusieurs villes mexicaines auxquelles se sont joints divers secteurs de la société pour exiger du président Enrique Peña Nieto et du gouverneur de Jalisco, Aristóteles Sandoval, qu'ils arrivent le plus vite possible au fond de l'enquête sur la mort de Javier Salomón Aceves, de Marco Ávalos et de Daniel Díaz, ou qu'ils présentent leur démission.

Dans la capitale du pays, la marche a coïncidé pendant quelques minutes avec un campement permanent installé pour exiger que toute la lumière soit faite sur l'assassinat d'autres victimes de la violence : les 43 normaliens d'Ayotzinapa, disparus depuis presque 4 ans, sans que leurs proches aient reçu une explication satisfaisante sur leur sort ou sur l'endroit où se trouvent leurs corps.

Ayotzinapa est une tache indélébile sur le mandat d'Enrique Peña Nieto ainsi que la preuve la plus éloquente du fait que l'État mexicain a échoué face à la violence déclenchée lorsque l'ex-président Felipe Calderón a accepté l'imposition de Washington de transformer le territoire mexicain en théâtre d'une guerre contre les maffias du trafic de drogues qui ravitaillent le marché nord-américain de stupéfiants, le plus grand du monde.

Comme je l'ai dit à maintes reprises, il s'agit d'une guerre dans laquelle les États-Unis et leur grand complexe militaro-industriel fournissent les armes et les munitions pour les deux parties en conflit et le peuple mexicain met les morts.

L'on dit qu'aucun mal n'est éternel, mais cela ne sert pas de consolation aux dizaines de milliers de familles qui pleurent leurs êtres aimés, tués au cours d'une guerre dont personne ne veut, que personne ne comprend et que personne ne semble disposé à arrêter car, probablement, elle remplit beaucoup de poches de ceux qui la regardent depuis des bureaux luxueux auxquels les balles n'arrivent pas.

 

 

Edité par Reynaldo Henquen
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