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L’Espagne: Tout est resté tel quel?

 


 

Par Guillermo Alvarado


 

Comme prévu, le Parti Populaire de Mariano Rajoy a été le plus voté lors des élections parlementaires qui ont eu lieu ce dimanche en Espagne. Il a remporté 14 sièges de plus aux Cortés qu’en décembre dernier, certes, mais il n’a pas le nombre de sièges nécessaires pour former à lui seul, un gouvernement.

Ce parti conservateur a cette fois–ci 137 sièges au Parlement, encore trop loin des 176 curules qui constituent la majorité absolue. Une nouvelle période de négociations et pactes avec d’autres partis de centre et de droite dont le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, le PSOE, qui lui a terminé second avec 85 sièges, s’ouvre alors. Le PSOE a remporté à cette élection 5 sièges de moins que lors des élections précédentes.

La grande surprise de la journée électorale a été le fiasque de la coalition progressiste, Unidos Podemos, dont la figure la plus représentative est Pablo Iglesias. Contre tout pronostic des sondages, il a occupé la 3è position avec un total de 71 députés.

Selon les analystes, parmi lesquels le communicateur espagnol, Francisco Sierra, la campagne de peur lancée ces derniers jours par le PP et le PSOE, surtout après le référendum au Royaume-Uni, marqué par le vote majoritaire pour le départ de l’Union Européenne, a eu une grande influence dans ces résultats.

La droite est parvenue à faire peur à une partie importante de l’électorat avec le fantôme de l’instabilité, face à un éventuel changement de cap politique- a souligné ce spécialiste. Les jours préalables aux élections, une véritable guerre informative de la part des grands médias, a été déclenchée contre les leaders d’Unidos Podemos, qu’ils ont impliqués avec la situation au Venezuela et dans d’autres pays de l’Amérique du Sud.

Cette guerre médiatique, plus l’incertitude suite à l’abandon par Londres de l’UE, a enlevé des voix à la véritable gauche- a signalé Francisco Sierra.

Un autre parti qui a eu des mauvais résultats à cette élection a été celui de centre droite Ciudadanos. Une partie de ses partisans a préféré de voter PP. Une chose similaire est arrivée avec le PSOE.

Bien que discrètement plus favorables à lui, les résultats de la journée dominicale, n’ouvrent pas la voie à Mariano Rajoy pour former un gouvernement. Il devra faire beaucoup de concessions aux partis de centre droite et de droite, voire le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol et Ciudadanos s’il veut obtenir leur appui pour former un gouvernement.

Les élections ont été marquées par un fort absentéisme. Seul 69,8 % des électeurs convoqués aux urnes s’y sont rendus. Presque 10 millions et demi, soit 30 % ont préféré rester chez eux et ne pas participer à la consultation.

Les procédures électorales très complexes qui ont empêché quelque 2 millions d’Espagnols résidant à l’étranger, d’exercer leur droit au vote, ont été la cible de dures critiques.

Il faudra donc attendre le résultat des négociations qui, selon Rajoy, peuvent durer jusqu’à un mois, avant de savoir s’il y aura un nouvel exécutif conservateur ou si le pays danse toujours sur la corde raide à un moment où leurs partenaires européens s’apprêtent à fermer la blessure causée par le départ de la Grande Bretagne du bloc.

Le mécontentement pour la crise en Espagne a été exprimé ce lundi de façon indirecte par la chancelière allemande, Ángela Merkel, qui a dit qu’elle ne félicitera Rajoy que lorsque celui-ci arrivera à former un gouvernement. “Des choses véritables, ami Sancho”, comme aurait dit le savant Don Quichotte de la Manche.


 

Edité par Francisco Rodríguez Aranega
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