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Accueil Spéciaux Commentaires Narcotrafic et trafic de personnes : un échec certes, mais très lucratif

Narcotrafic et trafic de personnes : un échec certes, mais très lucratif

Par Oliver Zamora Oria

On pourrait comparer la violence et le narcotrafic qui sévissent dans le Nord du Mexique à la crise économique mondiale : beaucoup de mesures et aucun résultat.

altLes chiffres révélés par des Organisations Non Gouvernementales reflètent une réalité qui saute aux yeux de tous ceux qui connaissent cette question. Le Collège de la Frontière du Nord de Tijuana et le Washington Office on Latin America ont publié un rapport présentant une grande quantité de données, qui constituent un bon point de départ pour analyser le phénomène.

De 2005 à 2010, les saisies de marihuana ont augmenté de 49%, ce chiffre s’élève à 297 % pour l’héroïne et atteint 839 % pour l’extasie. Cette augmentation des saisies n’indique pas une diminution du trafic de drogue, bien au contraire, les études signalent que les stupéfiants parviennent aux Etats-Unis par 45 points de passage : les forces de police ne sont pas plus efficaces, en réalité, cette augmentation des saisies témoigne simplement d’une augmentation du trafic de drogue.

Un commerce illégal qui alimente ou favorise un autre commerce illégal et finit par produire un véritable complexe d’entreprises en marge des lois : c’est de cela qu’il s’agit lorsque nous parlons du narcotrafic. En effet, les trafics de drogue et d’êtres humains sont contrôlés par les mêmes individus et se développent conjointement. Quel est le lien qui unit ces deux trafics ? Ce lien, ce sont les migrants, qui participent souvent au transport de la drogue vers les Etats-Unis.

Le militant Mauren Meyer a clairement expliqué ce phénomène à l’agence de presse étasunienne AP : « Etant donné qu’il devient plus compliqué de passer la frontière et que les migrants le font dans des zones plus isolées, il faut des organisations criminelles plus importantes pour les mener jusqu’à leur point d’arrivée aux Etats-Unis ; c’est un des facteurs qui a provoqué l’entrée des narcotrafiquants dans le trafic de personnes ». Voici un autre chiffre lamentable : chaque année 20 000 migrants sont séquestrés alors qu’ils essayent de passer la frontière.

Nous connaissons tous les principales causes de la violence et du narcotrafic au Mexique ; ce trafic ne se serait pas autant développé s’il n’existait pas un vaste marché de la drogue aux Etats-Unis. Si elles pouvaient travailler normalement, beaucoup de personnes ne finiraient pas dans les réseaux du trafic de drogue : je ne veux pas parler des toxicomanes, mais des personnes qui travaillent pour les chefs de cartel et de bandes armées.

Malgré la persistance de ces problèmes structuraux, les montagnes d’argent consacrées à la lutte contre ce phénomène devraient produire quelques résultats positifs : Barack Obama a demandé 500 millions de dollars supplémentaires au Congrès pour renforcer la sécurité frontalière, le budget annuel des patrouilles s’élève à 3 milliards 500 millions de dollars et le nombre de policiers postés à la frontière a été multiplié par 5 en moins de 20 ans, sans résultat.

Si la stratégie est mauvaise, il faut la changer… Pourquoi n’est-ce pas fait ? Des entreprises privées ne seraient-elles pas en train de se remplir les poches grâce à cette crise ? Qui construit les barrières ? Qui fournit et fabrique les armes ? Voila quelques questions sur lesquelles il faudrait réfléchir, peut être que le fond de cette affaire s’éclaircirait davantage.

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