Audio réel Chaîne 1 Chaîne 1 Audio réel Chaîne 2 Chaîne 2 Contactez-nous   Ajouter à Favorits   Établir comme page d’accueil  
Español English Français Portugues Esperanto عربي
Accueil Spéciaux Commentaires À Miami, revient-on au royaume de la terreur et pas de la loi ?

À Miami, revient-on au royaume de la terreur et pas de la loi ?

par  Andrés Gómez*

Onze semaines ont passée depuis que le vendredi 27 avril dernier un acte terroriste ait  complètement détruit à l’aide des cocktails Molotov, l’agence de vols charter Airline Brokers, qui organisait des vols vers Cuba. Le silence le plus total est la  réponse des autorités, notamment du FBI,  au sujet des coupables de cet acte terroriste.

Durant ces onze dernières semaines, aucun suspect n’a été indiqué par les autorités, de telle sorte que personne n’a été arrêté et jugé.

A aucun moment la presse de Miami, de même qu’aucun fonctionnaire publique, n’a exigé des autorités pertinentes l’éclaircissement  de cet acte terroriste. La presse a eu l’occasion d’approfondir dans cette affaire dangereuse mais elle ne l’a pas fait même pas lorsque l’archevêque de Miami, Thomas Wenski –l’archevêché avait décidé que ce serait la Airline Brokers qui se chargerait de transporter plus de 300 croyants en pèlerinage à Cuba pour la visite du pape Benoît XVI en mars dernier – a bénit les nouveaux locaux de la compagnie à Coral Gables le 28 juin dernier, deux mois seulement après l’acte terroriste.

La presse, les fonctionnaires et les autorités compétentes en cas de terrorisme, agissent comme si cet acte de terrorisme n’avait pas eu lieu. Ils prétendent que nous tous, nous  oublions tout ce qui s’est passé. Ils agissent comme si à Miami, tout devait rester pareil.

Pareil à quoi ? Pareil à autrefois, lorsque des procès n’étaient pas ouverts contre des terroristes coupables de tant de crimes à Miami? Revenir à l’ancienne situation à Miami, à l’immobilisme du FBI vis-à-vis des terroristes de l’extrême droite cubano-américaine suite aux attentats du 11 septembre 2001 ?

Ne pas agir à l’encontre des terroristes de Miami alors que les Etats-Unis ont déclenché des guerres, ou ont soutenu les guerres en Irak, en Afghanistan, en Libye et actuellement en Syrie, avec le prétendu objectif de détruire les terroristes, les organisations terroristes ou les gouvernements qui soutiennent le terrorisme, et qui représentent une menace pour la sécurité du peuple de ce pays ? Des guerres qui ont coûté d’innombrables vies innocentes à ces peuples, des guerres qui ont coûté la vie à de milliers de soldats nord-américains, et ont coûté des milliards de dollars au peuple étasunien.

Ne pas agir à l’encontre de ces terroristes à Miami alors que des terroristes de l’extrême droite cubano-américaine regroupés en organisations terroristes vivent, agissent et conspirent en toute connaissance du FBI ? Des monstres responsables d’une infinité d’actes de terrorisme, à l’encontre du peuple cubain entre autres, et particulièrement à l’encontre de ceux qui vivent à Miami et qui s’opposent aux objectifs politiques des terroristes et de ceux qui les soutiennent.

Ne pas agir, ne pas juger ces terroristes coupables de la destruction des bureaux de la compagnie de vols charters à Cuba, Airline Brokers, le 27 avril dernier, comme la loi l’exige, serait revenir à un passé ténébreux à Miami.

Je me réfèrerais à une partie de ce passé. Depuis le 11 septembre 2001 jusqu’au 27 avril dernier aucun acte de terrorisme n’avait été commis à Miami. Il s’agit de la plus longue période sans qu’à Miami ne soit commis un acte de terrorisme depuis 1968. Avant cela, il y eu une période de plus de 30 ans où les actes terroristes étaient habituels. Tout ce qui était lié au terrorisme perpétré par l’extrême droite cubano-américaine était alors considéré par les autorités compétentes comme un fait divers.

C’était une affaire entre les terroristes et leurs victimes, ou potentielles victimes. Personne d’autre ne devait s’y mêler. La terreur prévalait et pas la loi.

A Miami, entre 1968 et 1969, au moins 50 actes terroristes ont été perpétrées par l’organisation Poder Cubano, dirigée par l’assassin Orlando Bosch Avila. L’acte terroriste qui a détruit les locaux de l’agence Airline Brokers a eu lieu précisément le jour du premier anniversaire de la mort de Bosch, le 27 avril 2011. Une coïncidence, je suppose.

Entre les années 1970 et 1979, selon des documents déclassifiés du FBI, 95 actes terroristes ont été commis à Miami par ces organisations terroristes. Parmi ces actes terroristes figurent les assassinats de José Elías de la Torriente en 1974, de Luciano Nieves en 1975, qui proposait alors un dialogue avec le gouvernement cubain et qui a été assassiné dans le parc de Miami Children’s Hospital alors qu’il rendait visite à son fils hospitalisé; et en 1976 a eu lieu l’attentat contre Emilio Milián, qui était alors directeur en chef de la chaîne de radio WQBA, et qui s’était alors publiquement opposé au terrorisme qui ravageait Miami. Cela lui a coûté ses deux jambes.

Ces mêmes documents déclassifiés démontrent qu’en décembre 1975 à Miami, ces derniers ont perpétrés huit actes terroristes en 24 heures, posant des bombes dans les locaux du District Attorney de l’état de Floride, de la Sécurité Sociale, du siège de la police municipale de Miami, dans les bureaux de poste, et même dans les bureaux du FBI…

Entre 1980 et 1983 à Miami, 13 actes de terrorisme ont été commis. Six ont été commis en 1987, huit en 1988, et deux en 1989. La majorité des cibles étaient des agences de voyage à Cuba. Parmi les cibles figuraient également des consulats étrangers dont les gouvernements avaient des relations diplomatiques avec le gouvernement cubain, et les bureaux de la Revue Réplica, dirigée alors par Max Lesnik, qui dirige  Radio Miami.

Dans les années 90 à Miami, neuf actes terroristes ont également été commis par ces terroristes. Leurs cibles – en plus des cibles habituelles comme les agences de voyage et autres entreprises dont les propriétaires soutenaient la normalisation des relations avec Cuba – incluaient des cabarets comme Amnesia de South Beach, et le restaurant El Centro Vasco, qui accueillent, ou plutôt accueilleraient des spectacles d’artistes cubains résidant dans l’île.

La grande majorité des terroristes coupables de ces crimes à Miami ont-ils été arrêtés et jugés ? L’infime minorité des terroristes qui ont été arrêtés et jugés ont-ils purgé leurs peines ? Evidemment non.

Ceci fait partie du passé ténébreux de Miami où prévalait la terreur et non la loi. Si les terroristes responsables de la destruction des bureaux de la Airline Brokers le 27 avril dernier ne sont pas arrêtés et jugés; si la presse de Miami et les fonctionnaires réussissent à passer sous silence et à faire oublier â l’opinion publique que rien d’important n’a eu lieu, irrémédiablement nous retournerons à une situation dans laquelle prévaut la terreur et pas la loi.

Partagez cet article