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Florence (Colorado) : le pire du pire en matière de pénitencier Antonio Guerrero, un des 5 Cubains prisonniers politiques a passé tout le mois de mars 2003 dans une cellule disciplinaire du pénitencier de Florence. Florence est réputé pour être une des pires "quartiers de haute sécurité" du système de pénitenciers fédéraux des États-Unis. Bernie Dwyer, du Service des émissions en anglais de Radio Havane Cuba nous le décrit. Le quartier de sécurité de Florence est devenu, à la place de celui de Marion, en Illinois, la prison fédérale de plus haute sécurité. Les détenus y sont maintenus en isolement total et ne sont même pas rassemblés pour les services religieux. Les cellules sont disposées de telle manière que les prisonniers ne se voient pas les uns les autres et des jours et des jours puissent passer sans qu'ils ne voient un gardien. Les meubles sont fixes, tout contact physique est interdit lors des visites et les appels téléphoniques sont beaucoup plus restreints que dans les autres prisons. Le pénitencier de Florence est situé dans une zone où il est de notoriété publique que l'eau, le sol et l'air sont contaminés par une usine de traitement d'uranium qui est responsable de l'élévation du niveau de radioactivité. Quand, en 1963, le Bureau Fédéral des Prisons a décidé de fermer Alcatraz, de triste mémoire, les détenus ont été transférés à Marion et placés dans ce qu'on a appelé "l'enfermement". "L'enfermement" était utilisé pour contrôler les détenus qui ne se pliaient pas à la discipline. Leurs droits étaient gravement mis en cause. Marion a été le premier pénitencier des Etats-Unis qui a érigé "l'enfermement" en constante. La mise au secret permanente se traduit par une privation totale de contact et des "mesures administratives spéciales" connues comme SAM. Ce sont plutôt des mesures disciplinaires. Comme elles ne sont pas officiellement des sanctions, mais des décisions de l'administration pénitentiaire, elles peuvent être prises à tout moment sans que le détenu ait la moindre possibilité de se faire entendre et sans que l'administration ne soit tenue d'expliquer les raisons de la mesure. Deux incidents qui ont eu lieu le 22 octobre à Marion ont eu une grande répercussion : deux détenus, chacun de son côté, ont tué deux gardiens en usant de la même tactique : alors qu'il avançait menotté dans le couloir, le prisonnier est parvenu à passer les mains à travers les barreaux d'une cellule. Le détenu de la cellule a ouvert les menottes avec une clef volée et lui a passé un couteau avec lequel il a tué le gardien qui l'escortait. C'est à la suite de cela que des mesures ont été prises qui ont donné naissance aux "Quartiers spéciaux de contrôle". Le groupe qui milite en faveur de leur abolition a dénoncé le fait qu'ils sont devenus un modèle général pour les prisons étasuniennes. Ces "quartiers de contrôle" vont bien au-delà des règles de fonctionnement des "quartiers de haute sécurité". Tandis que les conditions de détention varient d'un pénitencier à l'autre, l'objectif de ces quartiers est de briser les détenus tant sur le plan physique que sur le plan psychique. Les conditions de détention sont les suivantes : - Années de mise au secret et d'isolement total
avec absence de contacts tant avec les autres prisonniers qu'avec le monde
extérieur. Il est légal aux Etats-Unis de maintenir un détenu
en isolement total 23 heures et demie sur 24. Les détenus sont placés dans ces "quartiers de contrôle" pour des raisons disciplinaires ou administratives. Les audiences au cours desquelles cette décision est prise sont des tribunaux improvisés et le prisonnier n'y dispose d'aucun droit. Ces quartiers se voient revêtus de noms divers : Centre de rajustement, Unité de logement de sécurité, Complexe de contrôle maximum, AD-Max (Administrative maximum), Unité de logement spécial, Unité de contrôle de la violence, Unité de contrôle spécial, Unité de contrôle intensif etc Les prisonniers les dénomment "le trou". Tandis que les pénitenciers normaux ont des cellules d'isolement administratif pour les détenus qui sont en prison préventive ou qui font l'objet de sanctions disciplinaires pendant un temps limité, les "quartiers de contrôle" sont utilisés pour des sanctions plus longues. Florence : pire que le couloir de la mort de Mummia Le quartier d'isolement de la prison de Florence a la réputation d'être le pire de tous. Maître Leonard Weinglass, avocat étasunien spécialisé en affaires dans lesquelles les droits civiques ne sont pas respectés a signalé, après avoir rendu visite à Antonio Guerrero, que les conditions de détention étaient les pires qu'il ait jamais vues, y compris lorsque Mummia Abou Jamal se trouvait dans le couloir de la mort. Selon les spécialistes en droits des détenus, le gouvernement fédéral place dans les quartiers spéciaux de Florence les prisonniers les pires de tout le pays. Plus de la moitié des détenus ont commis un meurtre dans ou hors de la prison. La peine moyenne est de 36 ans. Antonio Guerrero a été condamné sans la moindre preuve à la détention à perpétuité plus 10 ans. Il est connu au pénitencier comme un prisonnier modèle. Sa conduite a fait qu'il a même été chargé de donner des cours aux autres détenus. Il n'est une menace ni pour les Etats-Unis ni pour qui que ce soit. L'incarcérer est une injustice criante, l'avoir enfermé dans le "trou" est un crime. Raison de plus pour ne pas cesser d'exiger sa
libération. |
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