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Les jeunes pour les 5


Toute la semaine s'est passée sous le signe de la jeunesse, l'organisation qui rassemble les enfants de primaire et les adolescents du premier cycle du secondaire fêtait ses 46 ans et l'Union des Jeunes Communistes ses 45 ans et le nom des 5 a souvent été évoqué.

En effet, ils ont été, en leur temps, membres de l'UJC, et surtout, ils représentent pour tous cet altruisme qui, aux yeux du Che qui a présidé à la naissance de cette organisation, devait caractériser l'homme nouveau : Ils ont quitté leur pays et leurs familles pour aller s'infiltrer dans les rangs des bandes terroristes qui ont leur base en Floride et qui prennent Cuba pour cible de leurs attentats.

L'exigence de leur libération en vertu à la fois de la décision d'une troïka de juges étasuniens qui a annulé le procès mais aussi du Groupe de travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires qui a conclu au fait que leur emprisonnement est illégal, est sur toutes les bouches des jeunes cubains qui organisent justement pour les 29 et 30 de ce mois une conférence internationale ici à La Havane, pour dénoncer l'injustice qui est faite aux 5 et à leurs familles.

En effet, non seulement, les visas pour aller les voir sont accordés au compte-goutte à peine une fois par an à leurs mères, leurs pères, leurs frères et sœurs et leurs enfants mais deux d'entre eux, Gerardo et René, se voient privés depuis des années des visites de leurs épouses auxquelles les visas sont systématiquement refusés sous divers prétextes.

Les 5 ont été accompagnés tout au long de ces années de conditions difficiles d'emprisonnement - ils ont passé des mois en isolement total en cellule disciplinaire - par les jeunes cubains comme en témoigne Kenia Serrano qui a été chargée comme responsable des relations internationales de l'UJC de faire connaître l'affaire des 5 lorsque rien ne se savait encore sur eux dans le monde. Elle a signalé au micro de RHC

" Je me souviens que c'était la mission principale qui avait été confiée à la délégation cubaine lors du Festival Mondial de la Jeunesse et des Etudiants qui s'est tenu en Algérie en 2001. Leurs 5 visages ornaient nos T-shirts, les casquettes, des tracts afin que nous puissions expliquer la politique de deux poids, deux mesures que les Etats-Unis menaient dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Nous avons eu le privilège d'être, en tant que Jeunesse Communiste, les premiers auxquels Fidel a confié cette bataille.

Je me souviens aussi d'une coïncidence qui a été très belle : le 9 août 2005, nous étions au Venezuela, nous nous sommes levés en poussant des cris de joie lorsque nous avons appris le verdict de la Cour d'appel d'Atlanta qui reconnaissait que le procès qui avait eu lieu à Miami était injuste et devait être annulé. Je crois que ces deux moments - pour en citer certains dans cette grande chaîne de faits, de moments aussi où nous nous sommes sentis pessimistes - prouvent que la jeunesse a une place spéciale dans cette bataille.
Aussi, quand je pense à eux 5, je me réjouis de voir leurs enfants qui sont ici, avec nous : les filles de René, la plus grande et la plus petite, les filles de Ramon, le fils d'Antonio, les neveux. Voir comment cette nouvelle génération dont les pères sont emprisonnés dans des conditions difficiles, ont pu comme des enfants et des jeunes comme les autres, expliquer ce que signifie pour eux, pour leur famille, l'absence des 5. Ils nous donnent de grandes leçons, à nous tous. "

Et du côté des enfants : Le Comité International pour la liberté des 5 qui réunit ici à La Havane des ressortissants étrangers et la Maison Musée qui a été l'appartement d'Abel Santamaria, un des jeunes dirigeants révolutionnaires qui ont été assassinés par la dictature de Batista au lendemain de l'attaque de la Caserne Moncada, le 26 juillet 1953, organisent un concours de dessins d'enfants intitulé " Pour défendre la paix ". Il a été lancé en décembre pour les enfants du monde et a été très bien accueilli.

Des dessins, des objets en céramique, en papier mâché, des oeuvres de tous types qui expriment l'imagination débordante des enfants sont parvenues au Comité depuis l'Ukraine, le Viêt-nam, la Bolivie, le Brésil, l'Espagne, la France, l'Italie.

Miriam Fernandez, spécialiste du musée, souligne que les contes sont très intéressants :

" Il y a des textes forts, comme le conte d'une petite Uruguayenne qui imagine une bouteille qui navigue de mer en mer. Là où elle passe, les enfants déposent leur message de paix et de solidarité pour les 5. Lorsqu'elle arrive sur une plage de Miami, une petite fille la ramasse et la porte au Président des Etats-Unis. Elle lui dit que les enfants du monde demandent la libération des 5 Cubains qui sont en prison depuis plus de 8 ans. Le conte se termine bien, avec la réalisation de l'aspiration de la jeune génération et que les 5 se réunissent avec les enfants. "

Les prix seront remis le 26 avril, jour du 9e anniversaire d'Ivette, la plus jeune des enfants des 5 qui avait juste 4 mois lorsque son père, René Gonzalez a été arrêté.