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Deux avocats des 5 parlent de l'audience du 20 août

Maître Weinglass, un avocat étasunien réputé, fait partie de l'équipe de la défense des 5. Gloria La Riva, Coordonnatrice nationale du Comité Free the Five l'a récemment interviewé au sujet, en particulier, de l'audience du 20 août prochain devant la Cour d'appel d'Atlanta.

Répondant à une question de Gloria sur l'importance de l'appui et de la solidarité dans cette affaire, Maître Leonard Weinglass a signalé:

"Dans ma mémoire il s'agit de la première affaire qui fera l'objet d'une 3è audience d'appel. Cela n'était jamais auparavant arrivé. Pourquoi alors dans cette affaire? Nous pensons que c'est à cause de l'attention interne et internationale que cette affaire a éveillé. En tant qu'avocats, nous savons que nous avons le droit de présenter nos arguments en audience orale et des recours en appel par écrit. Mais nous savons aussi, par expérience, que le fait que les arguments soient écoutés ou non, et que les appels soient pris au sérieux, dépend, très souvent de l'intensité de l'appui et de l'ampleur de l'intérêt que l'affaire éveille.

C'est grâce à tous ceux qui ont travaillé sans répit pour faire connaître l'affaire des 5 à l'opinion, pour obtenir qu'elle s'y intéresse, que nous avons la possibilité d'être entendus pour une troisième fois en audience orale.

Nous ne pouvons pas nous reposer tant que Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Ramón Labañino, René González et Fernando González ne seront pas chez eux, à Cuba, avec leurs familles".

Dans son interview, Maître Weinglass, expliquait que les avocats de 5 vont se baser cette fois sur 3 aspects essentiels dont la mauvaise foi du procureur John Kastrenakes, tout au long du procès et en particulier lors de son réquisitoire devant le jury.

Maître Weinglass a signalé qu'il y a des règles très précises concernant le réquisitoire final, qui interdisent le représentant du ministère public de faire des affirmations qui ne puissent pas être soutenues par des preuves, ce qui est arrivé dans ce cas particulier.

Le ministère public a assuré -a -ajouté Maître Weinglass- que les 5 sont venus aux Etats-Unis non pas à la recherche d'informations sur les activités du réseau terroriste qui avait agressé à plusieurs reprises le peuple cubain, mais il a assuré que nos 5 compatriotes avaient l'intention de détruire les Etats-Unis. Maître Weinglass a insisté sur le fait que cela a été dit non pas une seule fois, mais 3, lors de son réquisitoire. Il a précisé:

"Les 5 étaient désarmés, ils n'avaient pas d'explosifs, ils n'ont commis aucun acte de sabotage, ils n'ont menacé personne, mais malgré cela, le procureur a fait cette accusation".

Toujours au sujet de ce chef d'accusation, Maître Roberto Gonzalez, membre lui aussi de l'équipe de la défense et frère de René Gonzalez, l'un des 5 condamné à 15 ans de prison, a expliqué à la presse :

"La mauvaise conduite observée par le ministère public au procès, est probablement l'un des aspects les plus importants de l'appel. Il implique l'annulation du procès. La troïka de la Cour d'Atlanta avait abordé d'une certaine manière, cette mauvaise conduite en 2005.

Dans un procès le ministère public a la fonction d'accuser, mais il ne peut pas se servir de tromperies pour le faire. Il doit se baser sur les preuves, qu'il doit obtenir légalement, mais dans cette affaire, le gouvernement a appliqué une série de tactiques qui s'éloignent du droit, mais lui assurant un avantage à chaque moment de l'affaire dans le but d'assurer un verdict de culpabilité.

"Si tu dis à un jury: ces personnes sont ici pour détruire les États-Unis tu lui donne le message: c'est nous ou eux. Ce sont des adversaires. Ce n'est pas la fonction du ministère public. Il doit établir les faits, montrer les preuves et laissez le jury dicter un verdict, sur la base de ces preuves et s'appuyant sur les instructions du juge. Mais l'une des choses qu'il a faites c'est de dire au jury, y compris après les instructions de la juge, ces choses qui n'y figuraient pas. Cela a été à la base des 17 objections faites durant le réquisitoire final. Ils ont recours à une tactique que l'on appelle personne ne peut éteindre le son de la cloche. C'est-à-dire, une fois que tu as dit une chose, même si je dis que tu ne peux pas la dire, elle a été dite et elle a été entendue par d'autres personnes. C'est ce recours qu'il a utilisé tout au long du procès. Cela sans compter les menaces aux témoins pour qu'ils ne se présentent pas à la barre.

Maître Gonzalez s'arrête sur ce point:

" La défense envisageait de citer à comparaître deux terroristes qui avaient parlé publiquement à la télé sur leurs actions. Ils ont été menacés, par le gouvernement, de faire l'objet d'un procès pour terrorisme. Ils n'ont pas déclaré "

Cet avocat souligne que le procureur a appelé le jury à devenir complice du gouvernement avec un intérêt précis, ce qui n'est absolument pas sa fonction. Il a ajouté:

"Le procureur insistait auprès du jury sur le fait qu'il ne devait pas se préoccuper des sanctions qu'ils allaient dicter et leur disait: Faites votre travail, votre travail c'est de dicter des sanctions.

La Cour Suprême aux Etats-Unis établit que le Ministère public a l'obligation, dans son accusation, de cogner dur, mais qu'il ne peut pas donner des coups bas. Dans cette affaire, le gouvernement a donné des coups très bas.