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Gloria : Mâitre Weinglass, l'audience orale à la Cour d'Appel d'Atlanta sur l'affaire des 5 aura lieu le 20 août. Pourriez-vous nous expliquer où en est actuellement l'affaire des 5 ? Quels sont les arguments que présentera la défense ? "L'audience orale aura lieu devant un tribunal formé de deux juges. Leur nombre sera probablement porté à trois. C'est le même tribunal qui a analysé l'affaire en appel pour la première fois et qui a décidé en août 2005, que les 5 n'avaient pas l'objet d'un procès juste à Miami. La décision prise en 2005 a été annulée par 10 voix contre 2 suite à une mise aux vote à laquelle ont pris part les 12 juges de la Cour d'Atlanta, raison pour laquelle nous ne pouvons plus présenter la question du siège du procès. Mais tous les autres points de l'affaire -à l'exception de la question du procès juste et du siège- sont revenus au tribunal saisi tout au début de l'affaire et qui est formé maintenant de deux juges auxquels se joindra probablement un autre. Le troisième juge a pris la retraite il y a à peu près deux ans. . Gloria : Quels sont les sujets pour l'appel ? "Nous avons encore un nombre important de sujets mais je vais mettre l'accent sur les trois les plus importants et qui ont le plus de chances d'être inclus dans le plaidoyer. Le premier porte sur le caractère infondé ou fondé de la charge 3 " conspiration pour assassiner " qui pèse sur Gerardo Hernandez au sujet de l'incident au cours duquel deux avionnettes de l'organisation " Frères à rescousse " qui avaient violé espace aérien cubain en 1996, ont été abattues par la chasse cubaine après les sommations d'usage. La défense met l'accent sur le fait que les preuves sur cette prétendue conspiration sont insuffisantes au point de vue légal. Notre argument est solide car le gouvernement a lui-même reconnu, au cours du procès, qu'il ne pouvait en réalité rien prouver car ses preuves sont très fragiles. La défense est également choquée par le fait que lorsqu'elle a présenté, pour la première fois, ses arguments devant les trois juges de la Cour d'Appel d'Atlanta, en mars 2004, ceux-ci ont aussi conclu que les preuves sont fragiles. C'est pourquoi nous centrons nos efforts, dès le début, sur l'élimination du chef d'accusation 3. Je dois mettre l'accent sur le fait que c'est la première
fois dans l'histoire qu'un individu est tenu pour responsable de l'action
d'un État souverain qui défend son espace aérien.
La charge numéro 3 n'aura jamais dû être présentée.
Premièrement, parce que Cuba avait le droit de défendre
son espace aérien en battant ces deux avionnettes. Mais même
au cas où la charge avait un quelconque fondement légal,
les faits n'ont jamais été prouvés. Nous mettons l'accent sur le fait qu'il s'agit là d'une très mauvaise conduite du procureur et, par conséquent, les deux chefs d'accusation: conspiration pour assassiner et conspiration pour espionner dont les arguments sont très similaires, doivent être laissées de côté et qu'un nouveau tribunal doit se prononcer à ce propos. Le troisième argument porte sur le verdict rendu contre trois des 5 Cubains qui ont été accusés de conspiration pour espionner: Gerardo Hernandez, Antonio Guerrero et Ramon Labañino. ILs ont tous les trois été condamnés à vie. C'est la première affaire dans l'histoire des États-Unis où aucun document sur lequel le secret a été levé n'a été présenté. C'est-à-dire, aucun document ayant trait à la sécurité nationale des États-Unis n'a été présenté. Historiquement les affaires notoires d'espionnage concernent des individus qui envoient à d'autres pays des informations secrètes. Rappelons l'affaire de Robert Hansen, du FBI ; Aldrich Ames, de la CIA, Robert Walker, de la Marine de Guerre, qui ont remis des centaines voire des milliers de documents secrets à un autre pays. Tous les deux ont été condamnés à vie. Mais aucun document secret n'a été présenté dans l'affaire des 5. Cependant, trois d'entre eux sont en prison pour les mêmes verdicts, comme cela a été le cas des notables espions étasuniens dont je parlais tout à l'heure. Nous expliquons donc que ce verdict, compte tenu des faits concernant cette affaire, est trop excessif, irrationnel et qu'il est hors des limites que stipule la loi. C'était, de toute évidence, un verdict réservé aux patriotes cubains, qui ont assumé la responsabilité de révéler et d'essayer de prévenir le terrorisme qui émane des Etats-Unis contre Cuba. Ce sont les 2 principaux chefs d'accusation des 26 qui pèsent sur les 5 et le troisième est la mauvaise conduite du procureur. Si nous obtenons l'annulation de ces deux charges, nous aurons fait un pas important sur le chemin conduisant à faire rentrer chez eux, aux côtés de leurs proches et de leurs compatriotes à Cuba, les 3 Cubains qui sont condamnés à vie et les deux autres aussi." Gloria : Vous avez dit que le procureur n'a pas présenté des preuves étayant ses accusations de conspiration pour assassiner contre Gerardo Hernandez. C'est une accusation extrêmement peu usuelle et irrégulière. Que fallait-il exactement pour imputer la culpabilité dans ce cas-ci alors que le procureur n'avait pas de preuves ? "Selon les lois étasuniennes, pour déclarer al culpabilité il fallait une preuve allant au-delà d'un doute raisonnable au sujet du fait prétendu selon lequel Gerardo serait parvenu à un accord ayant pour but d'entraîner dans la mort les quatre personnes tuées lorsque les avionnettes à bord desquelles elles avaient violé l'espace aérien cubain. Il n'y a aucune preuve permettant de penser que Gerardo Hernandez savait quoi que ce soit sur le fait que els avionnettes allaient être abattues. Donc l'affaire s'écroule comme un château de cartes à cause du manque de preuves. Cette accusation n'a aucun fondement puisque Cuba, un État souverain, était en train de protéger son espace aérien et c'est en le faisant que la chasse cubaine a abattu ces avionnettes. C'est une accusation qui n'avait jamais auparavant été portée contre une personne non impliquée dans l'action militaire. La seule évidence présentée au procès c'est qu'il avait reçu un message depuis Cuba qui disait que ses compatriotes ne devait pas voler dans les avions des Frères à la Rescousse pendant cette période-là. NOTE: Les Frères à al Rescousse avaient violé l'espace aérien cubain à de nombreuses reprises en 1995 et 1996, malgré les mises en garde réitérées par Cuba. Le chef de file de cette organisation, José Basulte s'était vanté publiquement, dans des déclarations à la presse à Miami, du fait que le 24 février 1996, des avionnettes appartenant à son organisation allaient voler sur Cuba et il s'est obstiné à ignorer aussi les mises en garde lancées à ce sujet par plusieurs autorités étasuniennes. Le gouvernement cubain, le département d'État et l'administration de l'Aviation Fédérale des Etats-Unis ont fait savoir à Basulto que Cuba était préparée pour entreprendre des actions directes pour stopper de nouvelles violations de son espace aérien. L'important n'était pas l'endroit où les avionnettes ont été abattues. Cependant, le procureur a avancé l'argument selon lequel Gerardo Hernandez faisait soi-disant partie d'un complot pour abattre les avionnettes dans des eaux internationales. On n'a pas dit à Gerardo pourquoi ses compatriotes infiltrés dans " Frères à la Rescousse " de devaient pas voler dans des avionnettes de cette organisation. Il ne savait donc pas que les avionnettes allaient être abattues " Gloria : Au sujet des condamnations à vie, vous avez indiqué que dans une prison fédéral il n'y a pas al possibilité de bénéficier de la liberté sous caution ou d'être mis en liberté avant terme, sauf si le prisonnier meurt. Cette politique de condamnation à perpétuité sans liberté sous caution a toujours existé ?
Gloria : Les prisonniers qui ont été
condamnés à vie avant 1994 ont le droit de bénéficier
de la liberté sous caution ? Si nous perdons devant ce tribunal actuel, nous avons donc le droit de présenter le thème devant la Cour Suprême des Etats-Unis. Donc, cela affecte tous ceux qui sont traduits en justice aux Etats-Unis. La question du verdict affectera aussi tous ceux qui seront accusés de conspiration pour espionner à cause de la nature draconienne du verdict prononcé contre les 5." Gloria : Malgré les obstacles dressés par le juge au procès, les avocats des 5 ont essayé de montrer la longue histoire de terrorisme à Miami et que la seule raison pour la mission des 5 à Miami était stopper le terrorisme. Depuis qu'ils ont été condamnés, des découvertes et des révélations ont été faites sur les plans systématiques contre le peuple cubain. Et, bien sûr, en mai, le terroriste le plus notoire, Luis Posada Carriles, a été libéré et a rejoint des complices à Miami. En quoi ces découvertes et révélations peuvent-elles aider à la luter pour la libération des 5 ? "J'a seulement mentionné trois des neuf aspects qui seront argumentés devant les deux juges de la Cour d'Atlanta. Il y en a six autres dont la justification de la mission des 5. Selon la loi étasunienne, une personne accusée d'un délit peut reconnaître qu'elle l'a commis et argumenter ensuite que cela était justifié par la nécessité d'éviter de plus graves dégâts. C'est une forme de légitime défense qui s'étend à des actes qui protègent des tiers. Cet argument a été présenté au procès. Mais la juge Joan Lenard n'en n'a pas parlé au jury qui, bien sûr, n'en n'a pas tenu compte. Lors de l'audience du 20 août nous allons insister sur le fait que le jury aurait dû prendre en considération " l'état de nécessité " car les 5 sont venus aux Etats-Unis pour empêcher qu'il y ait plus de violence, de dommages." Gloria : Vous avez une longue expérience
dans la défense de militants politiques depuis 1960. Comment évaluez-vous
l'importance de l'appui politique concernent l'affaire des 5. "C'est, d'après mes souvenirs, la première affaire qui passera pour la troisième fois en Cour d'Appel. Cela n'étais jamais arrivé avant que nous nous souvenions. Mais pourquoi ? C'est à cause de l'attention que portent à l'affaire l'opinion publique interne et internationale. Que les arguments de la défense soient entendus ou non dépend très souvent de l'intensité de l'appui et de l'intérêt qu'éveille l'affaire. C'est grâce à tous ceux qui ont travaillé avec dévouement pour faire connaître l'affaire des 5 que nous aurons une troisième audience orale le 20 août. Nous ne pourrons pas nous reposer tant que Gerardo Hernandez, Antonio Guerrero, Ramon Labañino, René Gonzalez et Fernando Hernandez ne seront rentrés chez eux à Cuba " |
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