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Intervention de Ricardo Alarcón, Président de l’Assemblée Nationale à une table ronde de la radio et la télévision cubaines au sujet de l’audience de nouvelles sentences pour Ramón Labañino, Antonio Guerrero et Fernando Gonzalez, transmise le 12 août 2009


«Trois camarades vont être transférés au centre de détention de Miami, où ils avaient été conduits après leur arrestation. Étant donné que leurs sentences ont été déclarées nulles par la Cour d’appel d’Atlanta, de nouvelles sentences devront être dictées, des sentences qui ne peuvent pas être similaires à celles qui leur avaient été imposées car la Cour d’Appel a déclaré qu’une erreur avait été commise, que les peines dictées ne correspondaient pas aux règles.

Et cela est très intéressant. Il y a certes suffisamment de raisons de se sentir déçus face au manque de justice dans cette affaire. Mais au terme d’un procès interminable, une chose très importante est survenue. La Cour d’Appel d’Atlanta a déclaré à l’unanimité qu’il n’y a pas eu d’espionnage dans cette affaire, car l’espionnage est la recherche et la transmission d’information secrète et que dans ce cas, il n’y a eu ni compilation, ni transmission, parce qu’il n’y a pas eu d’information secrète, alors il n’y a pas eu d’espionnage.
Cependant 3 camarades ont été condamnés pour espionnage à la peine maximale : la prison à vie.

De façon ironique, la Cour est arrivée à cette conclusion, au terme de 10 ans au cours desquels nous l’avons dit, d’importants témoins l’ont dit au procès, des généraux, d’amiraux, de spécialistes en défense, qui ont lu toutes les évidences, et qui ont conclu qu’il n’y avait aucune information secrète. On le savait depuis le premier jour, mais il a fallu attendre 10 ans, mais nous avons enfin réussi à ce qu’un tribunal reconnaisse cela.

Cependant, le tribunal qui reconnaît cela, commet à son tour de la prévarication. Les trois camarades condamnés à perpétuité sont Gerardo, Antonio et Ramón. Et bien cette Cour, qui a reconnu qu’il n’y a pas eu d’espionnage, annule les sentences dictées contre deux d’entre eux, ordonne que de nouvelles sentences soient dictées et décide de ne pas le faire dans le cas de Gerardo. C’était l’une des contradictions que l’on avait demandées à la Cour Suprême d’analyser et de corriger, c’était un argument élémentaire, une contradiction au sein du système légal qui obligeait la Cour Suprême à se prononcer. Elle ne l’a pas fait.

Maintenant, Ramon et Antonio, de même que Fernando, qui lui n’a pas été accusé d’espionnage, mais qui a, lui aussi, reçu une peine erronée, auront de nouvelles sentences. Notez combien de fois la juge s’est trompée. Ces erreurs sont difficiles à comprendre, parce qu’elle aurait dû se baser sur un livre où les sanctions prévues pour chaque délit sont énumérées. Tel délit, telle peine.
C’était un simple exercice de mathématiques qu’elle devait faire. À tel délit correspond telle peine. Il n’y avait pas d’erreur possible. Les enfants apprennent l’arithmétique à l’école primaire. Mais voilà qu’elle s’est trompée. Non pas parce qu’elle ne sait pas compter, elle s’est trompée, parce qu’elle a fait ce que le gouvernement lui avait demandé par écrit.

Le gouvernement lui avait demandé de les sanctionner à la prison à vie, c’est pour cela que sans avoir aucune preuve elle leur a imposé de telles sanctions.

Je l’ai dit à plusieurs reprises. C’est un délit de prévarication. Le Parquet demande une peine sans avoir de preuves. La juge elle aussi commet de la prévarication, elle viole son obligation fondamentale en acceptant une chose qui ne s’adapte pas aux règles.

Ces camarades ont passé plus de temps en prison que des personnes trouvées coupables d’espionnage réel, des affaires très fameux qui ont eu lieu aux États-Unis, durant les 11 ans qui se sont écoulés depuis qu’ils ont été arrêtés.
Jusqu’à ce que la Cour Suprême ait pris la décision infâme, le 15 juin, l’affaire des 5 était une seule. À partir de ce moment là elle s’est divisée.

D’un côté il y a l’audience de nouvelles sentences de 3 d’entre eux qui devrait aboutir à leur libération immédiate puisqu’ils n’ont recueilli aucune information secrète et qui ont passé 11 ans en prison dans un pays où des personnes auxquelles ont a occupé des centaines de documents secrets, obtenus, non pas à Miami, mais à la Maison Blanche et au Pentagone, n’ont pas été condamnées à plus de 10 ans de prison. La juge sait tout ça, le Bureau du Procureur aussi, le gouvernement des Etats-Unis le sait. Ces trois Cubains doivent être libérés immédiatement. Et il faut livrer la bataille pour que ce soit comme ça.
Nous ne pouvons pas oublier un seul instant l’autre branche de cette affaire qui a son tour se divise à nouveau, telle les branches d’un arbre. Il s’agit de deux camarades qui n’auront pas d’audience de nouvelles sentences. René, qui a pratiquement purgé la sentence barbare qui lui a été imposée, avec un comportement excellent et qui devrait être libéré maintenant même. Il a passé en prison, plus de temps que quelques terroristes d’Al Qaeeda sanctionnés aux États-Unis. Et il y a le cas de Gerardo, qui est le plus compliqué et dont nous avons examiné à cette table ronde tout ce qui peut être fait.

Son cas est fermé du point de vue judiciaire, mais il faut essayer de le rouvrir. Je l’ai dit à d’autres reprises, il faut l’ouvrir coûte que coûte, avec tous les moyens possibles. avec les mains, les dents, les ongles. Tant qu’il ne sera pas libéré comme les autres, ce sera impossible d’avoir une relation normale entre Cuba et les Etats-Unis. Parce que tant qu’il restera en prison, ce sera une preuve du fait que les Etats-Unis encouragent le terrorisme contre Cuba et alors aucun changement ne se sera produit à Washington. Le Président Obama sait ça. Il sait aussi qu’il peut résoudre ce problème maintenant même. Que c’est la solution qui doit être donnée à cette affaire. La solution est que le Président retire les charges formulées contre eux, comme il a fait le mois de mai lorsqu’il a retiré les charges contre 3 personnes auxquelles un grand volume d’information secrète qu’elles ont transmise à un gouvernement étranger leur a été occupée. Selon le Wall Street Journal ces informations étaient suffisantes pour remplir une bibliothèque publique. Un autre journal parlait de conteneurs pour calculer le volume d’information secrète qu’un colonel à la retraite des Forces armées des États-Unis, transmettait à un gouvernement étranger. Cependant ce monsieur n’était même pas emprisonné. Il a été jugé et condamné. Il avait fait appel mais il était chez lui. Nos camarades ont été en prison, mis au secret dès le premier jour. Le Président sait bien ce qui peut être fait. C’est le mot d’ordre sous lequel il a placé sa campagne. C’est possible. C’est possible. Il faut le lui répéter tous les jours. Vous pouvez, et plus que pouvoir, vous devez. Vous pouvez et vous devez les libérer immédiatement ».