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Les 5: plus forts pour 2006 Nous en sommes encore au bilan 2005. Pour l'affaire de nos compatriotes prisonniers politiques aux Etats-Unis, elle a été fertile en décisions qui auraient dû conduire à leur libération. Tel n'a pas été le cas, nous poursuivons la bataille en nous servant de ce tremplin. Les autorités étasuniennes font tout pour faire traîner l'affaire des 5 Cubains, emprisonnés aux Etats-Unis depuis 1998. Gerardo Hernandez, Ramon Labañino, Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez et René Gonzalez devraient être en liberté. En effet, au cours de 2005, des instantes importantes sont arrivées à des conclusions de poids. Les 5 ont été accusés - rappelons-le - de conspiration pour espionner alors qu'ils étaient infiltrés dans les rangs des organisations terroristes qui prennent Cuba pour cible de leurs attentats depuis la Floride. Ils ont été condamnés à tous les 5 à 4 détentions à vie plus 77 ans de prison. La Groupe de travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires qui dépend de la Commission des Droits de l'Homme a rendu son verdict après avoir étudié l'affaire pendant deux ans. Le 27 mai, les 5 juges indépendants qui composent le Groupe ont fait savoir qu'ils estimaient que la détention des 5 était arbitraire et violait les Conventions internationales. Ils ont demandé au gouvernement étasunien de prendre toutes les mesures pour mettre fin à la situation. Le 9 août, c'était au tour de la troïka de juges désignés par la Cour d'appel d'Atlanta de rendre son verdict. Elle arrivait à la conclusion que la Constitution des Etats-Unis avait été violée au cours de la procédure contre les 5. En effet, leur droit à un jury impartial et à un procès juste n'avait pas été respecté. Les trois magistrats ont pris près de 2 ans pour réviser les 40000 pages de minutes et ont annulé purement et simplement le verdict en se basant sur la seule question du siège : Miami une ville hostile à tout ce qui vient de Cuba. La troïka s'est prononcée pour un nouveau procès dans un autre endroit. Cela a été une décision historique, basée sur l'éthique et sur la loi. Le gouvernement des Etats-Unis a cependant demandé la révision de cette décision, ce qui est très rare. C'est donc la Cour dans son entier qui doit maintenant l'examiner. Cette décision peut faire traîner indéfiniment l'affaire. Pourtant, un nouveau procès ne serait pas sans risque pour les autorités étasuniennes qui prétendent lutter contre le terrorisme tout en couvrant leurs propres criminels qui, depuis des années, ont fait des milliers de morts ici à Cuba. C'est ce que le Président de l'Assemblée Nationale, Ricardo Alarcon qui suit de très près l'affaire des 5 depuis le début, a signalé : " Rouvrir le procès signifie entamer une sorte de Tribunal de Nuremberg contre le terrorisme anti-cubain qui a son origine à Miami et dure depuis des années, dans le cadre d'une affaire sur laquelle il n'est pas possible de faire le même silence qu'au début. " A la date fixée, le 15 décembre, la défense a présenté les documents nécessaires pour le nouvel appel. Deux importantes organisations de juristes étasuniens se sont jointes à elle dans le cadre d'une habitude qui veut que l'on puisse agir comme " Amis de la Cour " afin de l'aider dans son travail. L'une d'elles est la National Lawyers Guild, l'Association Nationale des avocats qui a insisté sur la nécessité d'un jury impartial et du respect de la procédure. Le document de l'Association Nationale des défenseurs publics en matière criminelle est centré sur la garantie du droit à un procès impartial. Le Parquet a jusqu'au 13 janvier pour déposer ses propres arguments et l'audience publique sera fixée au cours de la semaine du 13 février. En 2005, les autorités étasuniennes ont continué à violer les droits des 5 et de leurs familles en faisant traîner l'octroi de visas aux proches auxquels elles en accordent. Elles continuent par ailleurs, à refuser le visa à Adriana Pérez, épouse de Gerardo et à Olga Salanueva, épouse de René. Dans ce dernier cas, cela empêche la petite Ivette de 7 ans d'aller en compagnie de sa mère, rendre visite à son père qu'elle ne voit pas depuis plus de 5 ans. Alors que le gouvernement des Etats-Unis traite ainsi des personnes qui ne faisaient pas autre chose que surveiller des terroristes pour qu'ils ne puissent réaliser leurs crimes, il fait preuve d'une totale mansuétude vis-à-vis de Posada Carriles, l'organisateur, entre autres, de l'attentat qui a provoqué l'explosion en plein vol d'un avion de ligne cubain, en 1976. Tous les passagers, au nombre de 73, ont été tués. Posada Carriles s'est évadé de prison en 1985. Il était en cours de procès au Venezuela. Il est entré sans visa aux Etats-Unis et ce n'est que grâce à la pression de l'opinion publique, en particulier de la campagne menée par notre pays, qu'il a été arrêté le 11 avril, mais il n'est soumis depuis qu'à une procédure migratoire et les autorités étasuniennes refusent de l'extrader vers le Venezuela. Jamais la politique de deux poids, deux mesures des Etats-Unis face au terrorisme n'avait été aussi évidente, les mettant dans une position difficile vis-à-vis de l'opinion publique. Nous avons pu ouvrir une brèche dans le mur du silence en 2005 : 8 prix Nobel dont Monseigneur Desmond Tutu, Adolfo Pérez Esquivel, Nadine Gordimer, Rigoberta Menchu ainsi que des artistes, des écrivains, des personnalités politiques se sont adressés à l'Attorney general des Etats-Unis - le ministre de la Justice - pour exiger la libération immédiate de nos 5 compatriotes. De très nombreuses initiatives ont eu lieu dans le monde pour faire connaître l'affaire et la situation qui est faite aux 5. " Mission contre la terreur ", le documentaire réalisé par notre collègue des émissions en anglais, Bernie Dwyer a été présenté dans plusieurs pays d'Europe et dans une trentaine de villes des Etats-Unis. Des rencontres, des manifestations ont eu lieu, des pétitions ont circulé, deux pages complètes ont été publiées dans le prestigieux mensuel français, le Monde Diplomatique sous la plume de Maître Weinglass, l'avocat d'Antonio Guerrero. La campagne internationale est vitale pour dénoncer les exactions dont les 5 ont été victimes et pour que chaque jour plus de personnes du monde entier exigent leur libération. Leur situation est bien claire comme l'a signalé avec force Ricardo Alarcon fin décembre, en précisant que deux instances importantes avaient reconnu leur innocence : " Celui qui est innocent n'a aucune raison d'être en prison. Ils doivent être libérés toute suite et sans conditions ! " Plus que jamais la voix des juristes, des personnes honnêtes, de l'opinion publique en général doit se faire entendre haut et fort afin que l'injustice s'efface et que 5 hommes qui ont consacré leur vie à la protection de tous ceux, Etasuniens compris, qui sont menacés par le terrorisme, soient enfin libres. Ce jour-là, nous le serons tous un peu plus.
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