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Dernier appel présenté à Atlanta. Et maintenant ?

(mai 2003)

Cette fois, la balle est vraiment dans le camp de la Cour d'Atlanta. Le dernier des appels a été présenté cette semaine. Que faire pour bien s'assurer que la justice suivra son cours ?
Le Président de l'Assemblée Nationale, Ricardo Alarcon répond :

L'appel concerne Antonio Guerrero, condamné à la détention à perpétuité plus 10 ans de prison. Son avocat, Maître Weinglass qui est un habitué des affaires dans lesquelles les droits civiques sont violés, avait demandé et obtenu un mois de délai. Il avait basé sa demande sur le fait qu'Antonio, comme nos 5 autres camarades a été mis au secret pendant plus d'un mois juste avant la date fixée pour la présentation du dossier à Atlanta. Maître Weinglass a fait reposer sa demande d'annulation de la peine sur 4 points principaux.

Le fait que le tribunal a maintenu le siège du procès à Miami, ce qui a été un abus et une violation des droits de l'accusé tels qu'ils apparaissent dans les amendements 5 et 6 de la Constitution des États-Unis; les preuves présentées n'étaient pas suffisantes pour démontrer qu'il y avait eu une conspiration dans le but d'espionner; le tribunal a commis des erreurs lorsqu'il a dicté sa sentence contre Antonio Guerrero et le tribunal n'avait pas mis les jurés au courant de l'état de nécessité, la nécessité que Cuba a de se défendre. Cela constitue aussi une violation de l'obligation du tribunal de faire connaître au jury les questions de fond sur lesquelles il est censé délibérer.

Où en est-on maintenant? Laissons cette analyse à Ricardo Alarcon, Président de l'Assemblée Nationale de notre pays, qui est le dirigeant cubain plus particulièrement chargé de suivre cette affaire :

"Du point de vue légal, la cour d'appel d'Atlanta a devant elle des documents clairs, solides qui démontrent les irrégularités, les violations qui ont marqué le procès des 5. Du point de juridique, nous sommes très très satisfaits. Les avocats des 5 ont fait du bon travail.

S'il s'agissait seulement de prendre une décision sur la base de la loi, du précédent, des traditions étasuniennes, il ne fait aucun doute qu'ils seraient acquittés immédiatement et que le procès qui a eu lieu à Miami serait annulé. Mais, il est clair qu'il s'agit d'une affaire tout à fait politique qui touche à la direction du gouvernement étasunien, à sa politique en faveur du terrorisme contre Cuba en même temps qu'il impose une guerre soi-disant contre le terrorisme ailleurs.

C'est pourquoi, il y a de grands obstacles pour faire connaître la vérité, pour permettre à l'opinion de savoir ce qui s'est passé et créer une atmosphère favorable à une décision juste de la Cour d'appel. C'est pourquoi il est très important d'informer, de faire connaître les données de cette affaire. La presse n'a rien dit jusqu'à maintenant parce qu'il s'agit d'une affaire éminemment politique où l'intérêt de l'administration étasunienne est très clair : elle veut que ce qui s'est passé soit ignoré, bloquer la justice.

C'est pourquoi si, d'un côté l'affaire est simple, facile du point de vue strictement juridique, de l'autre côté, il faut déployer une grande bataille pour faire connaître les faits, faire connaître la vérité, mobiliser l'opinion."

La balle n'est pas seulement dans le camp de la Cour d'appel, elle est donc aussi dans le nôtre et le vôtre, le camp commun de ceux qui veulent que triomphe la justice.

Propos recueillis par Marie-Dominique Bertuccioli