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Innocents aussi en vertu du droit étasunien La première bombe contre-révolutionnaire fabriquée avec l'aide des États-Unis a fait explosion quelques semaines seulement après le triomphe de la Révolution cubaine. Une des dernières connues aurait, sans les Cubains infiltrés dans les rangs des organisations des ultras de Miami, tué des milliers de personnes à Panama en novembre 2000. C'était le plasticage programmé du grand amphithéâtre de l'Université pou assassiner Fidel Castro. Nous connaissons bien la nécessité de nous défendre contre le terrorisme. Pour nous, il est évident que les 5 sont innocents, mais ils le sont aussi si on examine la question sous l'angle du droit étasunien. Explication de Maître Roberto Gonzalez, frère de René.
" Dans le droit étasunien, comme dans de nombreux droits, existe ce qu'ils appellent " la défense affirmative de nécessité ou justification ". Un des éléments fondamentaux est que vous soyez l'objet d'une agression illégitime et imminente. Un autre est qu'il y ait un lien raisonnable entre cette action illégale et la réponse que vous lui donnez. Autre élément : que vous choisissiez entre deux maux, le moindre. Le dernier est que vous n'ayez pas d'autre alternative que violer la loi. Dans notre droit, cela ressemble à une légitime défense ou à une " défense en état de nécessité ". La vie des Cubains est depuis plus de 40 ans est marquée par le terrorisme, les attentats effectués avec l'aide des États-Unis, téléguidés depuis les États-Unis, réalisés directement par la CIA ou par des groupes d'origine cubaine. Cela fait dire à Maître Gonzalez : " Nous avons, nous les Cubains, le droit en tant qu'êtres humains de nous défendre, nous avons le droit de défendre un autre Cubain ou n'importe quel autre être humain, de défendre une personne qui va être illégalement agressée. Lorsque vous vivez de manière à contrer une action illégitime qui vous prend pour cible, nous sommes en présence du premier élément de la " défense affirmative de nécessité ". Le terrorisme ne vise pas une personne donnée. Comment une petite fille pouvait-elle s'imaginer qu'une bombe allait lui arracher la jambe ? Comment un jeune touriste italien pouvait-il imaginer qu'une bombe placée dans un cendrier dans le hall d'un hôtel allait le tuer ? Nous avons été victimes comme peuple et chacun d'entre nous comme personne, nous avons été et sommes une victime potentielle d'une action terroriste visant Cuba. Quant à la "prévision raisonnable", au "lien de cause à effet" entre l'action que l'on veut empêcher de se produire et la conduite choisie, ce sont des éléments présents plus qu'il ne faut car, y compris, l'action des 5 est postérieure aux agressions et anticipent sur les autres. Elle répond dans tous les cas aux agressions. Au moment où ils ont décidé de coopérer avec les autorités cubaines, le terrorisme contre Cuba avait d'ores et déjà fait plus de 3000 morts. Leur action est postérieure aux actions délictueuses commises contre eux et contre d'autres. Le second élément est donc bien présent. L'accusé doit " choisir entre deux maux " et il a choisi le moindre. C'est important, car, formellement, ils ont violé la loi étasunienne qui veut qu'un agent étranger se fasse connaître à l'Attorney général des Etats-Unis. Ils protégeaient un bien suprême, la vie et ils ont commis une irrégularité, mais ils n'avaient pas d'autre alternative légale. Ils ne pouvaient pas dire au gouvernement étasunien qu'ils étaient en territoire étasunien pour surveiller les organisations terroristes qui prennent depuis les États-Unis le peuple cubain pour cible. Voilà le lien entre les deux éléments de la défense effective de nécessité. " Maître Roberto Gonzalez a donné en exemple pour être plus explicite : le cas de la personne qui brise une vitre, vole une massue, fracture une porte, fait irruption dans la maison d'autrui pour sauver une personne des flammes alors qu'il n'y a pas de pompier. Quel tribunal sera alors capable de le condamner parce qu'il a violé à plusieurs reprises la loi ? Et il a souligné : " Dans ce cas précis, celui qui viole la loi, qui ne respecte pas l'obligation qui lui est faite d'empêcher que des groupes terroristes s'installent sur son territoire pour attaquer d'autres pays, en ne tenant aucun compte de l'Acte de neutralité des États-Unis est le gouvernement des États-Unis. Il ne peut pas dire qu'il n'est pas au courant car, depuis les années 60, les actions de ces groupes contre le peuple cubain sont analysées au Sénat des États-Unis. C'est précisément cette doctrine que Bush invoque pour expliquer qu'il n'est pas un criminel de guerre. Ce qui fait que Bush ne soit pas - selon lui - un criminel est justement la doctrine de la défense préventive. C'est ce qui est supposé justifier l'agression contre l'Irak avec la différence que, dans son cas, les éléments de la défense de nécessité ne sont pas réunis : il n'y avait pas d'agression imminente contre son pays, il l'a inventée ; pour ce qui est d'anticiper sur les événements, il l'a fait en grand ; en ce qui concerne l'ampleur raisonnable de la riposte, il ne pouvait pas en être plus éloigné puisqu'il a mis à feu et à sang deux pays sous prétexte de capturer un homme. Il avait une autre alternative : les Nations Unies et il a décidé la guerre malgré elles. Cette doctrine qu'il invoque, nous sommes sûrs qu'elle protège nos 5 compatriotes. " |
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