En exclusivité
 
 
 

Europe : la vérité dans la bouche d'Adriana

Adriana est la jeune femme de Gerardo Hernandez, celui des 5 qui a été condamné à une peine absolument extravagante : 2 détentions à vie plus 15 ans de prison. Une charge tout aussi extravagante pèse sur lui : il est accusé sans l'ombre d'une preuve et sans logique aucune d'être impliqué dans l'incident au cours duquel la chasse cubaine a abattu deux avionnettes qui étaient entrées dans l'espace aérien cubain et qui avaient mis le cap sur notre capitale.
Outre l'injustice flagrante de sa condamnation, Gerardo est depuis 5 ans privé de toute visite de sa jeune femme. Les autorités étasuniennes ont été particulièrement cruelles avec elle puisque, en juillet 2002, après lui avoir accordé le visa, elles l'ont arrêtée à l'aéroport de Houston en l'accusant d'entrée illégale aux États-Unis lui donnant " le choix " entre un emprisonnement jusqu'à ce que sa situation soit éclaircie et l'expulsion. Elles l'ont finalement expulsée et depuis, elle attend un nouveau visa.
Adriana a commencé sa visite en Europe par la Fête " Che presente " organisée chaque année par nos amis belges. Elle a pris la parole à Bruxelles devant plus de 1000 personnes, ensuite elle s'est rendue en Allemagne et en Hollande. Elle a eu aussi des rencontres avec des députés européens, elles ont débouché sur une prise de position du Président de la Commission des Affaires étrangères qui s'est dit préoccupé par le sort des 5. Adriana a commenté pour la presse cubaine l'accueil des 10 députés européens avec lesquels elle s'est réunie.

" Leur manière d'être réceptifs m'a beaucoup impressionnée. Eux qui n'étaient pratiquement au courant de rien, ont vraiment été indignés de voir le nombre de violations qui ont été commises dans cette affaire. C'est ce qui arrive toujours lorsque l'on porte la situation à la connaissance des gens, qu'ils voient la politique de deux poids, deux mesures des États-Unis, le nombre de violations commises contre ces hommes, la quantité d'années qu'ils ont déjà passées en prison et les pressions exercées sur eux par le refus de nous accorder des visas à la femme de René, Olga et à moi. Il se passe chaque fois la même chose, une fois mis au courant, les gens sont impressionnés par la quantité de violations tant des lois que des droits de l'homme. Sur cette base ils ont décidé de diverses actions concrètes. "

Cela a été en particulier le cas de Miguel Angel Martinez, député espagnol au Parlement européen qui a adressé une lettre au Président de la Commission de l'Amérique centrale du Parlement européen, Il signalait : "L'exigence d'une véritable justice est une cause dont l'UE ne saurait se désintéresser. Croiser les bras et nous taire nous couvrira d'indignité ". Il a posé une question écrite qui soulignait: " Le Conseil qui est si préoccupé par la situation des droits de l'Homme du peuple cubain a-t-il connaissance de cette affaire ? ". Adriana Perez souligne à propos de ce député :

" Il avait eu vent de l'affaire mais c'était la première fois qu'il voyait un proche, en l'occurrence une des femmes et je crois que cela l'a impressionné. Peut-être n'attendait-il pas une personne aussi jeune... Avant de me laisser parler et lui expliquer que je voulais demander aux députés européens d'intercéder pour qu'Olga et moi puissions avoir les visas, il m'a expliqué que son père avait été emprisonné après la défaite des Républicains espagnols, qu'il avait vu sa mère se rendre en prison et qu'il avait dû, enfant, rendre visite à son père dans ces conditions là. Ensuite, il m'a dit qu'il avait été emprisonné sous Franco, sa femme aussi et que finalement c'est en prison qu'il avait fait la connaissance de son fils.

Cela m'a ramenée à la situation actuelle, celle d'Yvet, Lisbeth, Laura, les enfants de Tony, des autres prisonniers, celle des mères dont les fils sont emprisonnés et la nôtre, celle des femmes dont les compagnons sont en prison.

Il m'a demandé ce qu'était le petit pin's des 5 que j'avais piqué sur mon col. Je lui ai offert et il m'a donné le sien qui représente dont Quichotte. Je l'ai revu ensuite et il avait toujours au revers le pin's des 5. "

La presse a, comme un seul homme, fait le silence sur cette affaire et le périple d'Adriana Perez, femme de Gerardo Hernandez a été l'occasion d'une offensive sur ce plan, elle signale :

" J'ai pu donner 10 interviews dont 3 à Berlin et il y a eu des résultats. Les gens sont à la recherche d'informations directes, sans intermédiaire. Dans mon cas, elle était apportée par un proche qui souffre justement de ces violations et il est plus facile ainsi de rompre le mur du silence qui a fait énormément de mal à cette affaire. Ces articles ont fait état de certaines questions juridiques, d'aspects humains et des pressions qui ont été exercées sur nous. "

Adriana a profité de sa rencontre avec la presse cubaine pour donner des précisions sur les dernières démarches qu'elle a entreprises afin de pouvoir aller rendre visite à son mari qu'elle ne voit pas depuis plus de 5 ans.

" Olga et moi, nous avons présenté la nouvelle demande de visa en juin et nous n'avons pas de réponse. Nous attendons pour savoir quand nous aurons la joie de les voir même dans les conditions de la prison. Nous avons écrit à des membres du Congrès des États-Unis pour expliquer comment notre droit a été violé, nous avons écrit au Pape, au centre Carter. Une députée allemande a demandé au Chancelier d'intervenir.

À la suite des questions orales posées par des députés espagnols, portugais et grecs, l'UE a fait connaître il y a quelques jours par la voix du ministre italien des Affaires étrangères, Franco Fratini, sa préoccupation pour la situation des 5 Cubains prisonniers aux États-Unis.