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Le père Bottoms : "Je n'aurai de cesse de les avoir vu tous les 5" Nos 5 compatriotes actuellement emprisonnés aux Etats-Unis protégeaient chacun d'entre nous contre les actes de terrorisme que préparent les ultras de Miami. Nous leur sommes donc redevables, à eux et à d'autres dont nous ne connaissons ni le nom ni le visage, de notre tranquillité. C'est pourquoi nous sommes toujours très reconnaissants aux personnes qui, tout en se prononçant pour leur libération, usent de leur prestige ou de leur statut pour leur rendre moins rigoureuse la prison. C'est le cas du père Bottoms, prêtre britannique. Président du Comité de libération des 5 en Grande-Bretagne. Il a fait des déclarations au micro de RHC : Dans les conditions où, vu l'éloignement et le chantage aux visas exercé par l'administration étasunienne, ils ne peuvent recevoir comme cela est leur droit, de visites fréquentes de leurs proches, tout ami qui se présente est vraiment bienvenu. Cela a été le cas pour Gerardo et Ramon, de la visite du père Geoffrey Bottoms. Il est à Cuba où il a été décoré de la médaille de l'amitié. Nous lui avons demandé de nous parler de l'impression que lui a fait Ramon Labañino, et des conditions de détention de Gerardo et Ramon. Il nous a appris que Ramon joue au basket, aux échecs et travaille à la blanchisserie de la prison pour 8 dollars par mois. Il a évoqué pour nous sa rencontre : "Ramon est un bon géant, il est vraiment grand, et quand il vous prend dans ses bras, on a l'impression de serrer un ours en peluche. Il est toujours souriant, a un grand sens de l'humour et ses yeux brillent de malice. Il a très bon moral et est convaincu qu'il sera libéré et rentrera chez lui. Il compte pour cela sur la solidarité internationale." Le père Bottoms a comparé les conditions d'incarcération de Ramon et de Gerardo. Ce dernier a été condamné à deux détentions à vie plus 15 ans de prison, absurdité que permet le système judiciaire étasunien. "Gerardo est détenu dans une prison qui date des années 40 et elle accuse son âge. Ils veulent faire un exemple avec Gerardo et il est traité de manière bien pire que les autres, en particulier lorsqu'il a été en cellule disciplinaire. Pendant la visite, il y avait une table entre nous, elle était munie d'une planche qui séparait nos jambes afin d'éviter tout contact. S'il voulait aller aux toilettes, il devait laisser la porte ouverte et lever les mains au-dessus de la tête. Dans le cas de Ramon, c'était différent, nous étions assis l'un à côté de l'autre devant une table sur laquelle nous avions pu poser des rafraîchissements et de quoi manger. Il devait simplement aller au rapport toutes les deux heures, mais pouvait se rendre aux toilettes. J'ai pu le voir deux fois, plusieurs heures la deuxième. Les conditions matérielles aussi sont meilleures car la construction de la prison est plus récente. Les deux parlent de la culture de violence qui existe dans les prisons étasuniennes. La maffia intérieure organise les trafics d'alcool, de drogue et le jeu. Les gens qui ne payent pas leurs dettes sont tués à coups de couteau. Ramon a créé une petite école sur la Révolution au sein de laquelle il débat de la réalité cubaine, du socialisme, du communisme. Il craint que si trop de prisonniers s'y intéressent la maffia puisse le percevoir comme un rival. Nous lui avons demandé si nos compatriotes pouvaient courir un danger : "Il y a un danger, certes, mais tout le monde est en danger dans une prison étasunienne. Toutefois, les deux m'ont dit qu'ils ont de bonnes relations avec leurs codétenus et avec les gardiens. Ils ont forcé leur respect y compris celui des droits communs cubains qui ne partagent pas obligatoirement leurs idées. Lorsque Ramon est sorti de la cellule disciplinaire, les autres Cubains lui avaient préparé une fête de bienvenue." Juste après s'être vu remettre la
médaille de l'amitié décernée par le Conseil
d'État, Geoffrey Bottoms a confirmé qu'il avait bien l'intention
de rendre visite aux 5. Seule la visite à Fernando lui a été
refusée, mais il ne s'avoue pas vaincu pour autant et entend bien
parvenir à le voir. |
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