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Les 5 en 2004, bilan et question aux Européens La moitié de 2004 s'est passé dans l'attente des conclusions de la Cour d'appel d'Atlanta qui a tenu audience le 10 mars et le gouvernement étasunien continue à tout faire pour que rien ne perce sur les 5. Réflexions exclusives du Président de l'Assemblée Nationale au micro de RHC. RHC : Quels sont les points marquants de l'affaire des 5 en 2004 ? Ricardo Alarcon : " Du point de vue technique, juridique, légal, nous avons réussi à démontrer l'injustice commise contre les 5 Cubains, à démontrer les illégalités, les erreurs de toutes sortes qui ont été commises au cours de la procédure. Nous avons remporté de ce point de vue, une certaine victoire. Le dossier est très complet, bien élaboré. Sur le plan de la solidarité, des actions ont continué à avoir lieu partout dans le monde, dernièrement au Venezuela, au Chili L'ambassadrice de Namibie à la Havane a présenté la décision de remercier par des documents spéciaux trois des 5 de leur participation à la lutte en Angola, et de leur aide apportée par ce biais à la libération de la Namibie et un autre document dans lequel la Nambie exprime sa solidarité avec les 5 et exige leur libération. On a avancé dans le processus de mobilisation dans le monde. Aux États-Unis, c'est encore très difficile car nous continuons à avoir en face de nous la décision des autorités d'interdire, par le contrôle qu'elles exercent sur les grands médias étasuniens, toute parole concernant cette affaire. Les groupes de solidarité qui existent à la base aux États-Unis poursuivent leur action. Nous savons que leur nombre augmente chaaue jour, qu'ils poursuivront cet effort de divulgation, d'explication. " RHC : En quoi les Européens peuvent-ils jouer un rôle ? " Il faut rappeler que l'Europe est un allié des États-Unis dans ce que l'on appelle la lutte contre le terrorisme. Les Européens et les Européennes doivent s'interroger sur la vraie nature de l'attitude d'un gouvernement, celui des États-Unis, qui est prêt à déclencher des guerres partout et, en même temps, emprisonne et agit d'une manière ouverte contre des personnes qu'il accuse clairement, par écrit, d'avoir commis le terrible crime de s'être opposées aux terroristes qui existent aux Etats-Unis, qui agissent ouvertement, qui sont souvent à la télévision où ils expliquent leurs exploits, annoncent leurs futures actions et cela apparaît comme une chose tout à fait naturelle. On les a vus il y a peu et on reverra certainement bientôt les grandes interviews de ces gens qui annoncent publiquement leurs plans de guerre contre Cuba, maintenant aussi contre le Venezuela, leurs exploits terroristes etc. Pourquoi agissent-ils de cette façon aussi étrange ? Parce que c'est normal aux États-Unis ! Ils sont conscients qu'ils ont reçu la confirmation de l'engagement des autorités étasuniennes envers eux au cours de la procédure contre les 5 d'une manière très explicite avec l'accusation, pendant le procès et après le procès. C'est une chose très importante pour les États-Unis, pour le peuple étasunien, aussi importante que pour nous. C'est pourquoi le régime à Washington a essayé d'empêcher toute lumière sur cette affaire. C'est la question clef. Que peuvent faire les Européens ? Poser une question : " Comment pouvez-vous m'expliquer, cher allié, qu'au même moment où vous nous invitez à participer, à soutenir votre guerre, on dit que vous avez emprisonné des personnes qui luttaient contre le terrorisme existant chez vous ? " De plus, de nombreux Étasuniens visitent l'Europe, y vivent, c'est une porte d'entrée dans cet étrange pays qui est la patrie de la liberté, de la liberté d'expression qui est le seul endroit de la planète où il est pratiquement impossible de parler d'une question qui touche à l'essentiel de la réalité étasunienne d'aujourd'hui. Raison de plus pour poser la question." Propos receuillis par Marie-Dominique Bertucccioli |
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