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| Audience d'appel : la parole à Maître Weinglass, avocat étasunien Mercredi 10 mars 2004 a eu lieu l'audience d'appel dans l'affaire de nos 5 compatriotes, Maître Weinglass a été un des trois avocats étasuniens qui sont intervenus au cours de cette audience. Il a analysé ce nouvel épisode de l'affaire et les perspectives au cours d'une rencontre avec trois journalistes de Radio Havane Cuba Maître Weinglass a souligné à propos du déroulement de l'audience : "Il est vrai que nous sommes satisfaits de la manière dont l'audience s'est déroulée mais il est important que les gens comprennent que cela ne veut pas dire que les résultats doivent être obligatoirement bons. Réellement, nous ne savons pas ce que la Cour va faire, ce que nous savons c'est qu'elle a posé de bonnes questions, sans préjugés et avec intelligence. Si cela va se traduire par une victoire, nous ne le savons pas, nous verrons." RHC a demandé à Maître Weinglass des détails sur les chefs d'accusation traités par les juges. Les plus graves sont conspiration en vue de tuer et conspiration en vue d'espionner qui ont conduit aux peines de détention à vie. Il a précisé : "La Cour n'a pas posé de questions sur la conspiration pour espionner, elle a posé des questions sur le chef d'accusation 3, conspiration pour tuer. Par contre, elle s'est vraiment intéressée à la sentence du chef d'accusation 2. Cela a permis à maître Klugh de répondre de manière très forte sur cette question. Les questions sur la charge 3 ont démontré que les juges s'étaient vraiment intéressés à nos documents écrits. Mais il est impossible de savoir si leur intérêt va déboucher sur une décision en notre faveur. Nous sommes satisfaits de les avoir vus poser ces questions même si l'issue est incertaine. La cour a conduit l'audience sans faire preuve d'un préjugé national étroit. Il n'y a pas eu de discours anti-cubain, cela a été totalement différent du procès, l'ambiance n'était pas chargée de cette hostilité envers Cuba qui a alors prévalu. Les questions ont été précises et techniques, elles ont porté sur la loi. C'est pourquoi la Procureur a agi de manière totalement différente aussi. Elle n'a pas dit que les 5 étaient allés aux États-Unis pour détruire le pays comme au procès car cela aurait été désastreux pour l'accusation. Il y a des signes positifs dans la manière de mener l'audience, cela reflétait le caractère de ce groupe de juges." Il s'agissait en effet de trois professionnels
d'expérience, aucun n'était de Floride et non des jurés du
procès qui ont été en permanence soumis à la pression
des ultras de Miami. Maître Weinglass a précisé à ce
sujet au micro de RHC : "Je crois que le gouvernement était venu avec d'autres arguments que ceux qu'il a été contraint d'employer. Avant que la Procureur ne parle, le juge qui présidait a dit que la Cour ne voulait entendre parler que du chef d'accusation 3 et du siège, les deux points sur lesquels les arguments du gouvernement étaient vulnérables. Cela a mis la Procureur sur la défensive, l'a obligée à expliquer la partie la plus importante de l'affaire" L'attitude de la troïka de juges de la Cour d'Atlanta s'est traduite par le fait que les avocats se sont vus attribuer un peu plus que les pauvres 15 minutes dont ils disposaient théoriquement de manière globale pour les 5. Maître Weinglass s'est dit satisfait car la troïka de juges a traité sept affaires avant celle de nos 5 compatriotes et dans aucune elle n'a augmenté le temps de parole des avocats. Maître Weinglass a disposé du triple des minutes qui lui étaient allouées à l'origine. Le Président du tribunal lui a en particulier demandé d'apporter plus d'éléments sur la question du siège. En effet, les avocats des 5 ont demandé à plusieurs reprises que le procès soit transféré, comme cela est courant aux États-Unis et ait donc lieu hors de Miami, chose qui leur a été refusée par le tribunal. Il a précisé à propos du fait que justement l'audience d'appel avait eu lieu dans cette ville "Je pense que n'importe quelle personne qui va à Miami, comprend très vite que c'est une ville différente du reste des États-Unis. Elle sue la focalisation sur Cuba. C'est pourquoi je pense qu'il est bon que les juges soient allés à Miami. Juste à ce moment-là, un magazine très prestigieux, le Newyorker a publié un long article sur Miami et son attitude envers Cuba. Les élections primaires en Floride ont eu lieu la veille de l'audience et les médias ont fait remarquer que John Kerry qui a fait une forte campagne en Floride avait évité la ville de Miami qui est pourtant la plus grande de l'État. Cela ne peut s'expliquer que par le rôle que la communauté cubano-américaine y joue." Après avoir souligné que l'affaire pourrait se prolonger au-delà de l'administration actuelle, Maître Weinglass a abordé à la demande de RHC la présence des juristes étrangers qui sont allés apporter leur appui à la cause des 5 lors de l'audience de mercredi et le poids de la solidarité qui s'est exprimée de manières très diverses : "Nous sommes vraiment très reconnaissants de leur présence aux observateurs internationaux. Tant que l'affaire restera au niveau de Miami, on ne peut prétendre à la justice. La place du terrorisme international est une question fondamentale de notre siècle. Dans cette affaire, il s'agit du terrorisme qui prend Cuba pour cible et elle doit être vue comme telle donc la voix de l'opinion publique internationale est très importante pour une bonne compréhension de l'affaire. Les choses ont changé l'an dernier de ce point de vue lorsque les 5 ont été mis de nouveau en cellule disciplinaire. Il y a eu une réaction immédiate dans le monde et aux États-Unis aussi même au sein du Congrès. Cela a été la première victoire dans l'affaire des 5 en 5 ans, le gouvernement a dû reculer." Maître Weinglass, avocat étasunien qui défend nos compatriotes emprisonnés aux États-Unis a signalé à propos des perspectives d'action pour élargir la solidarité envers les 5 : "Je
vais aller en Europe et je vais parler à des avocats, des juristes car
l'aspect juridique de l'affaire va grandement au-delà des limites acceptables
de l'application juste de la loi. Cela confirme la manière politique dont
les États-Unis ont traité cette affaire. C'est un aspect que les
juristes comprennent tout de suite. C'est la première affaire dans laquelle
il est question d'espionnage sans qu'une seule page d'information top secret n'ait
été touchée. Dès le jour de l'arrestation des 5, le
Pentagone et le Ministère de la Justice ont dit au Conseil de sécurité
nationale que la sécurité des États-Unis n'était pas
en danger, cela a été confirmé au cours du procès
par des hauts gradés étasuniens. Propos recueillis par Marianela Samper, Juan Jacomino et Marie-Dominique Bertuccioli
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