| L'histoire
des Cinq Cubains telle qu’on ne vous l’a jamais racontée
(VII)
AUTEUR:
Ricardo ALARCÓN DE QUESADA
Traduit par Esteban G.. Édité par Fausto Giudice
VII.
Ça s’est passé à Miami
Le tribunal fédéral de première instance du District
sud de la Floride n'est pas un tribunal international, ni un organisme
de l'ONU ayant compétence sur les questions qui concernent les
relations entre les nations. Il a une tâche bien spécifique,
qui consiste à déterminer si un accusé particulier
est coupable ou non d'une charge concrète. En instruisant le jury
dans le cas de Gerardo Hernández, la Cour rappelait les paroles
de l’acte d’accusation du gouvernement :
« La 3ème charge de l’acte d’accusation soutient
que l'accusé Gerardo Hernández a comploté avec d'autres
personnes pour commettre un homicide, c'est-à-dire, un meurtre
illégal d'êtres humains avec malveillance intentionnelle
et intention préméditée dans la juridiction maritime
et territoriale spéciale des USA. » (Transcription du jugement
devant l'honorable Joan. à Lenard, 4 juin 2001, pages 14587 à
14588)
La juge Lenard indiqua que Gerardo :
« Peut être reconnu coupable de cette infraction seulement
si tous les faits suivants sont prouvés sans l’ombre d’un
doute raisonnable :
« Premièrement : Que les victimes mentionnées dans
l’acte d'accusation sont mortes.
« Deuxièmement : Que l'accusé a causé la mort
des victimes avec malveillance intentionnelle.
« Troisièmement : Que l’accusé l'a fait avec
intention préméditée.
« Quatrièmement : Que le meurtre s’est produit dans
la juridiction maritime et territoriale spéciale des USA. »
(Idem pages 14598 à 14599)
De plus elle expliquait :
« Que tuer avec malveillance intentionnelle signifie tuer délibérément
et intentionnellement une personne… Pour établir un crime
de meurtre au premier degré, il est en outre nécessaire
d’avoir la preuve d'une intention préméditée.
La préméditation est en général associée
à un meurtre de sang-froid et requiert un certain temps pendant
lequel l'accusé pense ou réfléchit sur l'acte avant
d'agir.
La période de réflexion doit être suffisamment conséquente
pour que l'assassin ait pleinement conscience de son intention de tuer.
Vous êtes informé que le lieu du crime allégué
(comme décrit dans l’acte d’accusation) doit avoir
été, avec certitude et sans aucun doute raisonnable de votre
part, situé dans la juridiction maritime et territoriale spécial
des USA. » (Idem pages 14599 - 14600)
Un tel crime n’a jamais eu lieu. Pendant les sept mois du procès,
les procureurs n'ont présenté aucune preuve susceptible
d’impliquer Gerardo dans l'événement tragique du 24
février 1996, de même qu’ils ne pouvaient pas démontrer,
« au-delà d'un doute raisonnable », le lieu précis
de l'incident – une chose que les experts du Bureau de l'Aéronautique
Civile Internationale (OACI) n'avaient pas pu déterminer.
Toutefois, il convient d'indiquer, que les radars cubains ont clairement
démontré que les avions ont bien été abattus
à l'intérieur de notre territoire, que les uniques débris
qui ont été retrouvés l’ont été
très près de La Havane et que les garde-côtes US,
n'ayant rien trouvé dans le secteur international, ont officiellement
demandé le 25 février par le biais du Département
d'État, l’autorisation à Cuba de réaliser une
recherche dans le secteur de nos eaux territoriales. Les médias
locaux - ces mêmes « journalistes » à la solde
du gouvernement qui avaient inventé la troisième accusation
– sont devenus nerveux et sont allés jusqu’à
annoncer une défaite imminente.
Quelques jours auparavant, lorsque la juge avait informé les parties
de ses instructions au jury, les procureurs ont adopté ce qu'eux-mêmes
avaient décrit comme « l’étape sans précédent
de la pétition » - à la Cour d'appel - pour «
un défense de statuer » car « en tenant compte des
preuves présentées pendant le procès, cela [les instructions
au jury] constitue dans ce cas un obstacle insurmontable pour l’accusation,
et aurait probablement pour conséquence d’entraîner
l'échec de l’acte d’accusation sur cette charge. »
(Emergency Petition for Writ of Prohibition, 30 mai 2001, pages 4 et 21)
Après avoir de nouveau reconnu que l'instruction au jury «
impose une barrière insurmontable », le ministère
public a demandé à la Cour d’Appel de prendre une
décision urgente :
« Que le tribunal de première instance (du District de Miami)
donne l’instruction au jury - dans la troisième charge de
l'acte d’accusation - qu’il n'est pas nécessaire qu’il
conclue que l'accusé Hernández ou ses co-conspirateurs aient
convenu que les meurtres se produiraient dans la juridiction maritime
et territoriale spéciale des USA. »
« Qu’elle interdise au tribunal de première instance
de donner au jury un instruction de statuer sur un meurtre au premier
degré et de l’orienter sur a thèse que l'accusé
Hernández ait comploté pour commettre un meurtre prémédité.
» (Idem, page 39)
La Cour d'Appel avait rejeté la requête de défense
de statuer et en conséquence la juge avait maintenu ses instructions
citées précédemment.
Quelques membres de la défense commençaient déjà
à fêter une victoire que même les procureurs avaient
prévue.
Mais cela ne prit que quelques minutes aux jurés pour, sans même
poser de questions, pour déclarer Gerardo coupable de conspiration
en vue de commettre un meurtre au premier degré dans la juridiction
maritime et territoriale spéciale des USA. Un « crime »
qu'il n'a pas commis, et que les procureurs eux-mêmes avaient désespérément
tenté de retirer.
Ça c’est passé à Miami. À Miami il est
normal de kidnapper impunément un enfant de six ans, alors pourquoi
serait-il si difficile de condamner un jeune homme pour un « crime
» qui n’a pas eu lieu ?
Source
: Counterpunch - The Untold Story of The Cuban Five I & II & III,
IV, V, VI, VII
Articles
originaux publiés du 11/8 au 4/9/2009
Sur
l’auteur
Esteban
G. est rédacteur du blog http://letacle.canalblog.com/, Fausto
Giudice est rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste.
Tous deux sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour
la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction,
à condition d'en respecter l’intégrité et d’en
mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.
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de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8413&lg=fr
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