Les poèmes d'Antonio Guerrero sont parus sous le titre "Desde mi altura" "De ma hauteur" en édition bilingue espagnol-anglais aux Éditions José Marti, La Havane, 2001

S'ils peuvent t'être utiles

S'ils peuvent t'être utiles
Je suis là, risquant ces vers
Vaillants, loyaux et souriants,
Accouchements des sens intrépides,

Voix de l'âme plus que du talent,
Qui représentent une flambée,
Des testaments, des séquelles d'un moment,
Seulement pour la fin d'une journée.

Des vers avec cette ombre de nostalgie,
Avec cet enracinement nomade et actif,
Avec cette absence, sans elle et sans bruits,

Avec tout ce courage et toute cette magie,
Avec tout ce vivant privilège,
Nés plus de l'amour que de la liberté.

Prends-les, s'ils te sont utiles
Pour traverser la mer
Ou un abîme quelconque
Garde-les si tu veux
Au centre de toi-même.


Comme l'eau, claire et pure

Comme l'eau, claire et pure,
Court sereine en son ruisseau,
Doit courir la tendresse
Quand apparaît une peine.

Comme le soleil, chaud, ardent,
Donne sa lumière à une fleur,
Désintéressé, complaisant,
Il faut offrir l'amour.

Il n'est de douleur qui ne soit tienne;
De souffrance sans la partager;
Il faut avoir de la fierté,
Savoir donner, sans recevoir.



La vérité

Face à ton regard, je me suis senti renaître.
Sans avoir peur de la douleur, je soigne ma blessure
Prenant dans ton jardon la fleur la plus aimée
Chargée de ton arôme et de ton être.

Face à toi, je continue à marcher,
D'un pas ferme, le soleil couvre ma trace.
Que c'est beau, pouvoir continuer à t'aimer,
Multiplier mon amour dans chaque étoile.

Tu sais bien qu'il y a des jours de douleur
Lorsque le souffle se fait plus profond.
La vie est vie seulement si existe le courage
De porter la vérité face au monde.

25 janvier 1999



Éternelle immunité

Cet amour dont nous profilons les rêves
Vers l'immensité de nos vies,
Se cache dans la douleur d'un départ
Dans un soupir lorsque nous le regardons.

Cet amour que nous avons assumé et modelé
Sans poser de conditions mesurées,
Garde dans le court bonheur partagé
L'immunité éternelle de l'aimé

Si dans ta poitrine douloureuse tu écoutes un chant
À la voix lointaine et errante
Ne confonds pas mon chant avec des pleurs.

Ici, sur le chemin que je suis aujourd'hui
Mon cœur te garde encore en lui
Avec cet amour qui jamais ne finit.

22 juin 1999


Je reviendrai

Je reviendrai et je dirai à la vie
Je suis rentré pour être ton confident.
Du Nord au Sud, je donnerai aux gens
La part d'amour cachée en moi.

J e répandrai la joie démesurée
De celui qui sait rire humblement.
D'Est en Ouest, j'irai la tête haute
Avec la bonté toujours promise.

Là ou passe le vent , cruel et fort,
J'irai chercher les feuilles du chemin
Et je rassemblerai tes rêves de telle sorte
Qu'ils ne puissent voler en tourbillons.

Je chanterai mes chansons au destin
Et je ferai, de ma voix, trembler la mort

24 juin 1999



Le monde ma main dans la tienne

Quand tu liras mes poèmes
Dans les bras d'une nuit silencieuse et incandescente
Blanche et fragile, la phrase que tu n'as jamais entendue
Changera peu à peu tous tes schémas.

L'essence est feu et froid, n'aie pas peur.
Tout s'apprend avec du temps et de la mesure :
les hivers de chaque adieu
les étés de l'amour qui brûle.

J'écris, la fenêtre
Qui nous ouvrait une porte sur la lune
Et nous apportait le soleil le matin,
Me manque.

Rien de cette peine n'a été vain.
Tu restes la lumière à nulle autre pareille
Je continue à parcourir le monde, ma main dans la tienne.

18 juillet 1999



Fidèle

Je suis fidèle à la parole donnée chaque jour,
Tout amour pour ton attente intouchable,
Le même dans le matin austère
Que dans l'après-midi grise, froide et sombre.

Pour toi, dans la solitude calme et vide,
Le vers prend la forme d'un drapeau
Pour toi, le sang étranger de l'âme ouverte, la tienne et la mienne
N'a pas peur.

Si le silence me demande de faire la clarté
Sur la seconde de chaque sentiment
Que l'amour se dresse et le déclare

Que la terre s'ouvre et donne son vote
Que le ciel te le confirme : je ne mens jamais
Je te reste fidèle, le plus dévoué.

29 juillet 1999



Sans revers

Personne ne répond à mes questions
La solitude est l'âme du réconfort.
Elle fait voler très haut
Le bon et le mauvais, ensemble.

La peine et la nostalgie, comme autant de pointes
Viennent se ficher dans le sang de mon sol.
Je m'arme de patience, je regarde le ciel
Avec un immense désir de vivre.

Je ne suis rien qu'un être ordinaire,
Triste et joyeux, ivre de rêves
Qui cherche à renaître dans un vers.

Et je suis là, me dépeuplant de maîtres,
Essayant de parler à mon univers,
Allant et aimant, libre et sans revers.

19 août 1999

Décision

À nous tous un passé nous empêche de dormir
Un présent nous brûle
Un avenir nous pousse à agir
(Mario Benedetti)

De part en part, mon passé est ici,
Comme une blessure saignant éternellement;
Ma barricade est fragile contre la tendresse,
Contre ce que je connais et ce que j'aime.

Mes domiciles m'ont abandonné
En revanche, je sens plus aujourd'hui la chaleur maternelle,
Ta main, solitude, tout alterne.
Le temps fait et défait les rêves.

Nous tous, un souvenir nous empêche de dormir
Nous plonge dans un silence sans étoiles,
Mais, finalement, nous parvenons à la décision.

Il faut aller son chemin, être à jour
Et s'avancer à la rencontre des belles choses
Que nous n'avons pas encore découvertes.

3 octobre 1999



J'ai confiance en toi

À partir d'aujourd'hui, la nostalgie sera passé
Pour le moins, il n'y aura plus d'au revoir
Il n'y aura plus de méfiance, ni de peurs
Seulement une aube sûre et invincible.

Bien sûr, il n'y a pas de quoi sauter de joie
Nous avons encore beaucoup à vivre et à faire
Pour tracer cette ligne droite de conquêtes
Avec laquelle nous avons traversé les rues d'hier.

Mais, à partir d'aujourd'hui, et j'ai toujours confiance en toi.
Je t'ajoute à chaque pore de ma peau
Sans avoir peur que tu te perdes ou tu te rendes

J'ai confiance en ce futur-présent
Je sais que le courage suffit et même plus
Pour le donner à la cause qui nous a donné naissance.

26 octobre 1999



Sans me reprocher

J'ai où saisir mes longs rêves,
Où écouter trembler les courages, les peurs,
Où sentir couler mes verbes durs
Et d'autres mots, sans hâte.

Ici se trouvent mes amis et mes ennemis
Les premiers regards, les oublis,
Les corps de femme qui ont guidé mes yeux
Et m'ont fait prendre tant de chemins.

Ici il y a des oiseaux, des étoiles, des pluies, des rivières,
Des arbres qui donnent des fruits et qui donnent de l'ombre
Tandis que les éclairs et les châtiments les assaillent.

C'est chez moi. Ici il m'arrive des choses et je veille.
Ici j'attends assis une certaine mort
Sans me reprocher tout ce que j'ai vécu.

1er novembre 1999

Aujourd'hui que je reviens

Je reviens : je veux croire que je reviens
Avec ma pire et ma meilleure histoire
Je connais ce chemin par cœur
Mais, quant même, je suis toujours surpris.
Mario Benedetti

Aujourd'hui que je reviens avec des larmes de vers
Avec une humeur de soleil, avec l'espérance,
J'ai plus confiance qu'hier en la confiance
Et je comprends mieux les univers.

Aujourd'hui que je reviens avec ma foi immense
Dans tous les foutus mais debout
Dans ceux qui sont plus vieux et sincères
Je rends hommage au bon qui était et n'est plus.

Ne crois pas que je reviens après
Avoir été absent de ta verte prairie,
J'ai vécu dans ton ciel et ton nuage

rêvant sans cesse que je reviens
Et en me réveillant semblable je ne suis pas surpris
D'arpenter encore tes chemins.

30 décembre 1999

De cet amour

Laisse-moi te parler de ma saine mémoire
obstinée comme la brise, docile comme une fleur.
Clair comme un ruisseau, trouble comme une vague,
Laisse-moi te raconter cette histoire d'amour.

Elle m'a donné ses mains, son silence le plus fin,
Le plus irrésistible et languide de ses regards.
Je lui ai donné mon langage, ma danse, un sourire,
Une chanson, un arbre, tout n'a été presque rien.

Elle est venue lentement, propre, immense, nue
Elle m'a offert son ventre de terre lisse et pure.
Je lui ai mouillé les lèvres d'une soif de pluie
Et j'ai planté des racines tout autour de sa taille.

Elle a soigné mes blessures, je l'ai couverte de cieux.
Elle a découvert l'aube, j'ai avancé sans crainte.
Elle a été la coupable de cet amour sans retour en arrière
Et ce sont là, de son hier, mes vers les plus récents.

23 janvier 2000

J'ai besoin de toi

Descendant jusqu'au fond de ce jour
Je reconnais l'âge de mon silence,
Je cherche une date vivante, je tape
Comme le soleil de la place à la mi-journée.

Je marche sans rencontrer mon ombre,
Je pose le pied sur des automnes, des instants, des vieux faits
Qui ont la couleur des fougères
Et la splendeur du sable et de l'imagination.

Sur les balcons pâles du ciel
J'ai ton front, haut comme la lune
Tu es tous les nuages, un à un,

Tu es tous les oiseaux en vol.
Soudain j'entre dans la paix que j'habite
J'atteins à tâtons ta lumière, j'ai besoin de toi.

30 janvier 2000

Je suis un homme

Je suis un espion, disent-ils
je suis un homme simple
qui a consacré sa vie
à servir et à créer.

Je suis un espion, disent-ils
je suis un homme modeste
qui ne prétends pas vivre
mieux que les autres.

Je suis un espion, disent-ils
Je suis un homme discret
Qui n'a pas de secret
Qui n'a pas de méchanceté

Je suis un espion, disent-ils
Je suis un homme amical
Qui n'a pas d'ennemis
Mais de véritables amis

Je suis un espion, disent-ils
Je suis bon père
J'inculque à mes enfants
L'amour , la bonté

Je suis un espion, disent-ils
Je suis bon fils
Je veille avec soin
Sur le foyer maternel

Je suis un espion, disent-ils
Je suis un homme sensible
Romantique, loyal
Poète à ses heures

Je suis un espion, disent-ils
Je suis un homme sans peur
Sûr de lui
Qui va son chemin, tranquille.

Je suis un espion, disent-ils
Je suis un homme sans guerre
Guerrier signifie mon nom
Mais je suis plein de paix

Je suis un espion, disent-ils
Je suis un homme innocent
Prisonnier courageux
Qu'ils veulent juger.

Dans ma vérité

Où est la raison? Se sont-ils demandé
Mais parmi les pleurs et les autres choses indignes
La clef s'est perdue
Et la raison est restée derrière la porte
Et je suis resté enfermé de l'autre côté,
Dans ce monde qui n'est pas ce que je veux.

Et bien que le ciel se soit chargé tout à coup d'ombres,
que ceux qui se réjouissent de la dernière ignominie sachent,
que sur ma témérité, la terreur est inopérante,
que sur mon honneur, l'injustice n'influe pas,
que sur mon courage, la mesquinerie ne fait pas mouche,
qu'avec ma vérité, la dignité cohabite
qu'avec mon amour, la joie arrive toujours.


Pardonne-moi

(Écrit après qu'on lui eût enlevé toutes ses affaires)


Depuis trois jours, je ne peux t'écrire
Et toi, impatient, tu voles de coin en coin
Joyeux le matin, nostalgique l'après-midi,
Rêveur la nuit.
Depuis trois jours, pardonne-moi, poème
Ils m'ont enlevé mon crayon.


Je ne te décevrai pas

(À mon père)

J'arrive à ce jour en ton nom
En ce jour d'été singulier
Austère, plein d'allant, clair, lointain.
Si je suis ferme, père, ne t'étonne pas.

Je ne suis plus celui-là, mais je suis aujourd'hui l'homme
Que tes rêves prenaient par la main,
Je ne suis plus un enfant, mais, intègre et sain
À ma fermeté, je donne ton nom.

Où que tu sois, je serai avec toi
Parce que je sais maintenant atteindre l'horizon,
Et je trouverai, en mon âme, l'amour pur.

Je ne te décevrai pas, je promets et je dis
Que dans ma cellule comme dans les montagnes
Je lutterai, digne et pur, pour la paix.

18 juin 2001


Tu es

Tu es ma main
Si, loin, je ne peux saluer mes amis.
Tu es ma voix
Si je ne peux parler haut à une tribune d'idées.
Tu es mon rire
Si, à l'heure la plus pure, je ne peux consoler.
Tu es mon rêve
Si, le moment venu,
Je ne pouvais plus rêver.

Ta voix

(À ma mère après avoir écouté une interview)

Je me submerge à peine dans le présent
Apparaît ta voix à la pure sagesse.
Ta voix qui rêve tant de mon avenir.
Ta voix qui n'a jamais été absente.

Ta voix, les idées claires de ton esprit.
Ta voix, la marque fidèle de ton chemin.
Ta voix, la réalité du divin.
Ta voix, la voix qui embrasse tant de gens.

En t'écoutant, ma poitrine se gonfle de fierté
Pour ton rire reflet de grandeur d'âme,
De paix, d'humanité et de pureté.

En t'écoutant, j'affirme que je suis fait
D'amour pur et de pur courage
Et que je ne suis rien d'autre que ta nature

28 juin 2001

La quatrième (Inédit)

Geôlier qui garde ces quatre murs
Quatre fois par jour, faisant sonner tes clefs,
Tu passes rapidement ma porte
Le poids de l'ennui marquant de froncements ton visage

Trois fois, par obligation, pour le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner
Et une 4è quand cela te prend
A moins que tu ne décides de me donner mon appel hebdomadaire
Ou de me proposer une lame pour raser ma barbe
Ou de changer mes draps mal lavés
Ou que tu ne passes avec ta torche au petit matin
Et, me réveillant, ne bute dans mon rêve
De ton regard ambigu.

Geôlier qui garde ces quatre murs
Quatre dates s'inscrivent sur le livre de mon âme
La date à laquelle je suis né et celle de notre mariage
La date à laquelle je mourrai et une quatrième
Celle du jour qui marquera un jalon
Un jalon important,
Celle-là, je la conserve
Pour le jour où tu arriveras à ma porte
Et , passant, de manière inhabituelle
Une quatrième fois
Tu me diras : "fais tes bagages!".

L'exemple du Che (inédit)

Guérillero de la cause que j'ai suivie
Je veux te dire.
Tout ce que tu m'as enseigné
M'a servi depuis.

Tout ce que tu m'as enseigné:
La volonté décisive,
La candeur invulnérable,
L'étoile bien choisie,

La valeur de la confiance
Le regard le plus sûr
L'espoir, le courage
L'amour et la joie.

Guérillero de mes rêves
Les plus chers, à bientôt.
Nous restons sur le chemin
Des victoires sans revers.

2 septembre 2002

Toi

Toi qui m'accompagne au delà du temps
Tu ne pourras plus te perdre dans la nuit,
L'amour. la paix, la pluie, le vent
Te conduisent à moi sur des ailes généreuses.

Toi qui ne peut plus me quitter
Tu partageras ce qu'a d'immense ce monde
Où tout sentiment est une mer profonde
Et où tout être se sent aimé.

Toi, si humaine, si pure, si simple
Tu ne vaux pas plus que ta propre raison
Mais le fruit viril de ta semence
Donne sa nourriture quotidienne au cœur.
Celui qui va son chemin

Toi qui va ton chemin de paix, prends ma main
Seulement si nous sommes unis, la Terre pourra vivre.
La rivière qui descend de la montagne s'enflera
Quand un frère se joindra à elle à son passage

Toi qui va ton chemin face au soleil, allons
Sans avoir peur de la vérité, la justice et la mort.
Le bonheur de vivre n'est pas seulement une chance
C'est la lutte sans répit pour ce que nous aimons.

Aimer la vie n'est pas errer
C'est prendre soin de la fleur qui n'est pas étrangère
C'est soulager la douleur, les pleurs, les peines
C'est se joindre à toi qui va ton chemin.

20 janvier 1999



Chanson de plein lune

Au milieu de la solitude et d'un vers
Des rafales de silence me réveillent
Des étincelles d'amour font mouche
Avec leurs mystères, leur lumière et leur univers.

Comment pouvoir découvrir son chemin,
La suivre dans chaque ombre poursuivie.
Me souvenir de toi est vital, mais le destin,
Je dois l'assumer, le regard fier.

Je ne sais pas si reviendront les vents,
De la nouvelle lune bienvenue,
Mais la nuit, quand tu dors
Je chante pour ceux que j'aime et je lutte pour eux.

3 février 1999



Dédiés à toi

Dévoué à ton amour, j'écris ces vers,
Ils naissent d'un cœur où s'agitent
Contre les royaumes du mal, les haines perverses,
La bonté et la paix qui habitent mon âme.

Dédiés à toi, étoile proche
Qui illumine la nuit comme le jour,
Des rivières de passion coulent sans lâcheté
Et l'honneur est rendu à la vertu la plus belle

Celui qui, happé par le vide de la rancoeur
Peut confondre ce sentiment
Ne saura jamais que vivre, c'est vivre
Quand on vit la vie avec amour.

20 janvier 1999

Jusqu'à quand?

Des avrils sont passés sans retour
Le nouveau printemps tarde tant
Que je ne pourrai te dire avec certitude
Jusqu'à quand nous devrons attendre.

Les fleurs de tes mains
Que ne peuvent arroser mes eaux matinales
Me font peine.
Le fruits de tes lèvres
Qui ne peuvent jouer dans mes tendres fraisiers
Me font mal.

Je ne sais pas jusqu'à quand cette vallée souffrira,
Quand l'émotion reviendra à son arbre.
Mais dans le sillon où aujourd'hui meurt la rose
Le cœur s'enflamme de plus de vie.

12 juin 2001



Soi-même

Il se peut que la solitude me fasse écrire
Et voir les pas que je fais maintenant,
Il se peut que le retard avec lequel
J'ai vu venir ma propre ombre, me surprenne.

Quelquefois, l'avenir est une étincelle
Et on regarde sans voir ni la lumière ni l'aurore.
Quelquefois, c'est seulement une heure
Et on la dépense à arriver et à mourir.

Quelquefois l'amour s'éloigne
La solitude t'engloutit dans un puits
Comme une soumission, une sentence;

Mais la solitude, c'est soi-même
Ton dévouement, ton énergie, ton repos
Et, en elle, tu peux être cime ou abîme.

27 décembre 1999