Le Chili organise des élections

 

Par María Josefina Arce

Dimanche, les Chiliens vont se rendre aux urnes pour des élections générales marquées par le retour sur la scène politique de l'ex présidente Michelle Bachelet, qui avait gouverné entre 2006 et 2010 et qui après a occupé le poste de directrice de l'organisation ONU Femmes.

Les sondages donnent la candidate de l'alliance d'opposition Nueva Mayoría comme favorite y compris pour s'imposer au premier tour sur les 8 autres candidats et pour remporter la majorité parlementaire.

Des experts rappellent que Michelle Bachelet a terminé son mandat en 2010 avec une côte de popularité élevée.

Le programme de gouvernement présenté par l'ex présidente répond aux demandes et exigences de vastes secteurs de la population chilienne. Michelle Bachelet s'est engagée à entreprendre une réforme garantissant une éducation publique de qualité, gratuite, inclusive et non lucrative.

Les propositions de Michelle Bachelet incluent aussi une réforme fiscale pour financer l'éducation et d'autres programmes sociaux , une nouvelle Constitution remplaçant celle héritée de la dictature ainsi que des bénéfices réclamés par des syndicats ouvriers.

N'oublions pas que sous la présidence de Sebastián Piñera, des journées de protestations intenses ont été et sont organisées au Chili. Le mouvement étudiant a gagné de la force en 2011, il continue de convoquer et de mobiliser des multitudes pour demander justement, une réforme éducative, qui mette un terme au modèle élitiste et lucratif qui date de l'époque de la dictature de Pinochet.

Aux protestations étudiantes constantes, il faut ajouter les grèves générales organisées par les travailleurs de la Centrale Unitaire des Travailleurs, le principal syndicat du pays.

Les travailleurs, en plus d'appuyer les étudiants, exigent avec davantage de force, un nouveau code du travail, un système public de pensions et la nationalisation à nouveau de ressources naturelles essentielles comme le cuivre, privatisé par Pinochet.

De l'avis des analystes, ces mouvements ont su aller au delà des revendications de leurs secteurs et sont allés jusqu'à demander une nouvelle Constitution.

La réalité est qu'aussi bien sur le plan institutionnel, que sur l'économique et social il existe encore des séquelles du régime militaire, à cause d'une constitution fasciste et frauduleuse qui a bafoué les droits de toute la société.

La situation à laquelle se heurtent les candidats à la présidence est celle d'un pays convulsionné, un pays qui d'après des données de l'Organisation pour la Coopération et le Développement économique, est celui de l'Amérique Latine qui a le niveau le plus élevé d'inégalités en matière de revenus.

Un pays qui a commémoré il y a peu les 40 ans du putsch fasciste contre le président constitutionnel Salvador Allende et qui n'a pas encore pu fermer les blessures causées par la dictature militaire sanglante instaurée par Pinochet qui a laissé près de 40 000 morts et disparus.

Édité par Tania Hernández



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