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Fantaisie impériale

par Reynaldo Henquen
Guerra no Convencional

De nos jours, de nombreux analystes à travers le monde affirment que nous vivons une période turbulente et très dangereuse. Pour les Cubains, cette affirmation est devenue une réalité après le triomphe du 1er janvier 1959, et Fidel l’avait pressenti dès le début en déclarant qu’à partir de ce moment, tout serait plus difficile.

Il est essentiel de comprendre qu’aujourd’hui, le monde entier, sans exception, est confronté à une guerre à la fois politique, idéologique, culturelle et médiatique. C’est le concept d’une guerre non conventionnelle de quatrième génération, qui combine tous ces éléments et bien d’autres encore.

Et le discours que le président américain Donald Trump propage actuellement, présentant Cuba comme un « État failli » au bord de l’effondrement, s’inscrit dans une guerre idéologique visant à imposer la pensée hégémonique de la première puissance impérialiste mondiale.

Concernant cette étiquette et la théorie de l’effondrement reprise par le magnat et ses partisans haineux, le président cubain Miguel Díaz-Canel a offert une réflexion importante qui déconstruit clairement le récit de l’« effondrement » en tant que construction idéologique destinée à justifier une agression contre Cuba.

Il est crucial de comprendre que la théorie de l’effondrement n’est pas un diagnostic objectif, mais plutôt un outil discursif au service d’une stratégie historique de domination, comme le démontre la continuité de l’étranglement économique, depuis le tristement célèbre mémorandum Mallory – rédigé par le sous-secrétaire d’État en 1960 – qui a jeté les bases du blocus génocidaire utilisé comme arme contre la révolution cubaine naissante, jusqu’aux mesures les plus récentes.

Par conséquent, les déclarations de Trump sur l’« État failli » sont révélatrices, puisqu’il reconnaît, d’une part, que « toutes les pressions possibles » ont été exercées, ce qui implique un échec dans la tentative d’obtenir l’effondrement ; D’une part, cela révèle la tentation récurrente d’une intervention militaire, bien qu’il vienne d’affirmer qu’il n’y voit aucune nécessité, Cuba étant un « État failli », etc. Cette dualité – pression économique extrême et menace militaire – est une constante pour les Cubains depuis plus de soixante ans.

Cependant, comme l’a déclaré le président Díaz-Canel : « La réponse cubaine n’a pas été l’effondrement, mais une résistance créative.»

Et il ne s’agit pas d’une résistance naïve ou passive ; il s’agit d’une posture politique et culturelle nourrie par des convictions profondes et par la capacité du peuple à surmonter l’insurmontable. Il s’agit de reconnaître les difficultés actuelles sans céder au défaitisme, et de réaffirmer la volonté de les surmonter grâce au talent et à l’effort collectif. C’est ce qu’on appelle la souveraineté intellectuelle et politique.

Il ne s’agit pas non plus de nier la crise, mais de refuser à l’ennemi la victoire de définir notre avenir. L’effondrement ou l’« État failli » relèvent peut-être du désir ou du fantasme impérial, mais ce n’est pas un destin accepté par un peuple qui, depuis 67 ans, démontre le contraire.

 

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