Par Roberto Morejón
Les interventions américaines en Amérique latine sont nombreuses et l’administration Trump les a accentuées, poursuivant des objectifs pétroliers et concluant des accords sous couvert de lutte contre le trafic de drogue.
Selon une compilation de l’écrivain Stephen Kinzer, Washington a renversé ou déstabilisé des gouvernements étrangers à 14 reprises au cours des 110 années séparant le coup d’État de 1893 à Hawaï de l’occupation de l’Irak.
Dans un entretien avec la BBC, le journaliste américain illustre cet interventionnisme par l’attaque contre le Venezuela et l’enlèvement du président Nicolás Maduro.
Pour Kinzer, le masque est tombé : l’opération au Venezuela n’était plus présentée comme un soutien à la démocratie.
Au-delà des observations de l’intellectuel, le projet de Trump de coordonner sa présence militaire dans la région avec des gouvernements latino-américains alliés, sous prétexte de lutter contre les cartels de la drogue, est mis en lumière.
La Maison Blanche fait pression sur ces pays pour qu’ils acceptent des opérations conjointes sur leur territoire, et près d’une vingtaine d’entre eux font partie du « Bouclier des Amériques », une initiative formalisée avec des gouvernements de droite.
Des ressources militaires américaines affluent du sous-continent indien depuis Washington, tandis que plus d’une douzaine de groupes sont désignés comme organisations terroristes.
En septembre 2025, les États-Unis ont lancé des attaques dans les Caraïbes et l’océan Pacifique contre des navires soupçonnés de transporter des stupéfiants, sans présenter la moindre preuve.
Ces actions militaires disproportionnées totalisent désormais 58 opérations et ont causé près de 200 morts.
Le gouvernement équatorien a initié des opérations militaires conjointes avec les États-Unis contre ce qu’il qualifiait d’« organisations terroristes », malgré le fait qu’en novembre 2025, la population ait voté contre l’implantation de bases militaires étrangères lors d’un référendum.
Le New York Times a rapporté que la première puissance militaire mondiale concentre ses efforts sur le Honduras et le Guatemala afin de les persuader d’autoriser des actions militaires conjointes.
La publication laissait entendre que le Guatemala avait accepté l’opération, bien que le président Bernardo Arévalo l’ait démentie, affirmant qu’elle était conditionnée à l’approbation du Congrès.
Le Mexique et le Brésil subissent également des pressions, auxquelles leurs gouvernements respectifs ont répondu avec fermeté.
Mais la situation ne s’améliore pas. Le Commandement Sud reste vigilant dans sa zone de responsabilité, qui englobe 31 pays.
