Buenos Aires, 2 décembre (RHC) Outre les défis internes, le président argentin Javier Milei, en accord avec Washington, ambitionne de créer un bloc régional de droite d’au moins dix pays pour s’opposer aux nations dotées de gouvernements progressistes.
Le président l’a confirmé à CNN, déclarant qu’il travaille déjà à la mise en place d’une nouvelle alliance régionale « anti-woke » qui regrouperait des personnalités telles que le président élu du Chili, José Antonio Kast, Nayib Bukele du Salvador, ainsi que Rodrigo Paz de Bolivie, Daniel Noboa d’Équateur et Santiago Peña du Paraguay.
La liste des dirigeants de droite, telle que présentée par Milei, inclura également d’autres personnalités partageant des idéologies similaires, comme José Jerí (Pérou), José Raúl Mulino (Panama), Luis Abinader (République dominicaine) et Nasry Asfura (Honduras).
Cette campagne, qui s’inscrit dans la lignée du défunt Groupe de Lima, ciblera le Brésil, Cuba, le Nicaragua et surtout le Venezuela. Sa formation devrait être confirmée d’ici quelques semaines, avec un objectif supplémentaire : contrer l’influence chinoise dans la région, à la demande de la Maison Blanche.
Des sources à la Casa Rosada (le palais présidentiel argentin) indiquent qu’une part importante du groupe a déjà signé des déclarations communes critiquant le Venezuela et soutenant l’intervention américaine dans la mer des Caraïbes.
Selon la vision politique du dirigeant libertarien, cette alliance de droite s’attachera à « lutter contre le socialisme du XXIe siècle » et les autres courants idéologiques qu’elle juge contraires à ses principes de liberté et de libre marché. Pour l’instant, elle est conseillée par Bruce Friedman et Barry Bennett, conseillers politiques de Donald Trump, qui résident quasiment à Buenos Aires.
Milei a ajouté que, bien que le projet n’ait pas encore de nom officiel, un groupe de dix pays travaille déjà à consolider cette alliance.
L’idée, a-t-il poursuivi, est de créer une plateforme regroupant gouvernements et dirigeants partageant un programme axé sur la défense de la liberté économique et de la propriété privée, ainsi que sur la lutte contre ce qu’il appelle le « cancer du socialisme » et le mouvement « woke ».
Le projet, dans sa phase préliminaire, envisage un sommet de dirigeants partageant les mêmes idées en 2026 en Argentine, bien que la date et le lieu de la rencontre restent à déterminer.
Dans son discours, il a réaffirmé ses critiques à l’égard du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et a affirmé que le bloc proposé exclurait la direction politique du Brésil, l’un des pays les plus influents économiquement et politiquement d’Amérique du Sud, et opposé à l’interventionnisme américain dans la région.
Il a souligné que cette initiative s’inscrit dans une politique étrangère visant à s’aligner sur les États-Unis, notamment sous l’administration du président Donald Trump, dont l’influence s’est accrue dans la région.
Depuis la Casa Rosada (le palais présidentiel argentin), des sources indiquent que l’alliance régionale ultraconservatrice ne repose pas uniquement sur des critères idéologiques, mais pourrait également se transformer en un partenariat diplomatique et stratégique aux répercussions politiques plus larges en 2026, notamment pour relever les défis économiques et géopolitiques auxquels l’Argentine est confrontée.
Dans son programme de début d’année, Milei prévoit de convoquer une nouvelle session extraordinaire du Congrès afin d’obtenir l’approbation des réformes qu’il souhaite mettre en œuvre, en particulier dans le secteur du travail. Il prévoit également de se rendre dans plusieurs provinces pour préparer le terrain en vue des élections présidentielles de 2027.
SOURCE : PRENSA LATINA
