Les archives de Granma vous présentent cet article du journaliste Evelio Tellería Toca, lauréat du Prix national de journalisme José Martí, publié le 6 mars 1973 et consacré à la première célébration de la Journée internationale des femmes à Cuba.
Auteur : Evelio Tellería Toca | internet@granma.cu
La célébration de la Journée internationale des femmes (JIF) à Cuba en 1931, lors d’un événement organisé le 8 mars par le premier Parti communiste et la première fédération ouvrière prolétarienne, revêt une grande importance historique et révolutionnaire. Malgré leur existence relativement courte (fondée en 1925), ces organisations ont fait œuvre pionnières à une époque où cette journée de lutte des femmes n’était pas encore largement répandue, notamment dans les pays en développement.
La Journée internationale des femmes a été instaurée à l’initiative de la militante socialiste allemande Clara Zetkin, lors de la Conférence des femmes socialistes de différentes nations, qui s’est tenue à Copenhague, au Danemark, en 1910. À cette époque, aux États-Unis et dans d’autres pays européens, des groupes de femmes dynamiques luttaient pour le droit de vote, l’égalité devant la loi et les droits sociaux et professionnels des femmes.
En mars 1911, certaines grandes villes ont réussi à commémorer la Journée internationale des femmes par des événements et des manifestations pour revendiquer les droits des femmes. La journée imaginée par Clara Zetkin était née.
La célébration est restée très limitée, à l’image de la lutte des femmes pour leurs revendications. Les ouvriers, notamment ceux qui se sentaient proches du socialisme, ont apporté un soutien croissant à cette journée, qui, jusqu’en 1914, a été célébrée à différentes dates, toujours en mars. À partir de cette année-là, le 8 mars a été établi comme date internationale de commémoration et est depuis devenu une date officielle. Le triomphe de la Révolution d’Octobre 1917 contribua, les années suivantes, à donner un élan plus important à la Journée internationale des femmes.
LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES À CUBA
Le dimanche 8 mars 1931, la première célébration de la Journée internationale des femmes eut lieu dans notre pays. Bien que l’événement n’ait pas suscité un grand écho populaire, nous réaffirmons qu’il fut historique et d’une importance révolutionnaire qu’il était impossible d’ignorer.
À cette époque, Cuba subissait les effets de la dictature de Machado, alimentée par l’impérialisme américain – comme c’était la tradition dans cette république militarisée – et soutenue sur l’île par l’armée et d’autres organes répressifs du gouvernement.
Dans ce contexte dramatique, la Confédération nationale des travailleurs, guidée par le Parti communiste, décida de célébrer la première Journée internationale des femmes, bravant les mesures exceptionnelles en vigueur.
Le journal « El Mundo » du 4 mars publiait en page 10 un article intitulé : « Soirée en soutien à la Journée internationale des femmes le 8 ». L’article annonçait que l’événement se déroulerait au Centre des travailleurs Revillagigedo 8 « …dans le but de lancer les commémorations de la Journée internationale des travailleuses et travailleurs à Cuba ».
L’article paru dans « El Mundo » le lundi 9 mars rapportait :
« LES OUVRIÈRES ONT CÉLÉBRÉ LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES HIER »
« En présence de représentants de la quasi-totalité des collectifs ouvriers de la ville, l’accord conclu lors de la Conférence des femmes qui s’est tenue à Copenhague le premier dimanche d’avril 1907 a été officialisé hier après-midi au Centre des ouvriers, situé au 8, rue Revillagigedo. Cet accord a proclamé le 8 mars de chaque année, à compter de 1908, Journée internationale des femmes.
Les célébrations d’hier ont débuté par une représentation de la pièce « Fin de Fiesta » (Fin de la fête), présentée par la compagnie théâtrale d’Enrique Jiménez.»
Par la suite, des discours ont été prononcés par Rosario Guillaume, représentant le Comité d’organisation des travailleuses ; Panchita Batet, représentant le Syndicat du textile ; un délégué du syndicat des cordonniers et l’ouvrière Caridad Suárez, qui a récité un poème, étaient également présents.
L’événement s’est conclu par la représentation de la pièce comique « L’Autre ».
Ces informations sont précieuses malgré quelques inexactitudes concernant les dates et le fait qu’elles qualifient d’« événement révolutionnaire et militant » de « célébration ». Ce Centre des travailleurs était le siège de la Confédération des travailleurs cubains (CNOC). Rosario Guillaume était la même « Charito » populaire qui luttait depuis les années 1920 et qui, aujourd’hui, à plus de 70 ans, est membre du Parti et de la Fédération des femmes cubaines. « Panchita » Batet était une dirigeante syndicale active et travaille actuellement pour l’Institut du livre de Cuba.
La presidente de la Federación de Mujeres Cubanas (FMC), Vilma Espín, miembro del Comité Central del Partido, en entrevista publicada en «Granma», el 5 de marzo de 1971, aludió a esa primera celebración y dijo:
«A partir de entonces y entre las mujeres progresistas organizadas, entre las que se cuenta la Unión Nacional de Mujeres, fundada en 1934 por el Partido Comunista de Cuba, se hizo una tradición el conmemorar el 8 de marzo, el Día Internacional de la Mujer; pero no fue hasta después del triunfo de la Revolución y más exactamente cuando se creó la FMC, que esta fecha comenzó a celebrarse de forma masiva».
Después de abatida la tiranía de Machado nación la Unión Nacional de Mujeres que tuvo también limitada existencia. En 1946 se fundó la Federación Democrática de Mujeres Cubanas, filial de la recién creada Federación Democrática Internacional de Mujeres. El Día Internacional de la Mujer por este período se mencionaba en periódicos revolucionarios – como «Hoy» – y contó con algunas celebraciones locales. Durante la tiranía batistiana ni siquiera esto pudo hacerse. Fue el triunfo de la Revolución el que dio la significación que encierra y merece el Día Internacional de la Mujer.
SOURCE GRANMA
