Le président Donald Trump a mentionné les mots « pétrole », « pétrolier » et « compagnies pétrolières » 22 fois dans son discours après l’attaque contre le Venezuela et l’enlèvement du président Nicolás Maduro, sans jamais prononcer le mot « démocratie », a souligné dimanche l’agence de presse argentine.
Le thème central de son discours n’était pas les institutions politiques, mais plutôt la relance économique grâce à la participation directe des entreprises américaines, comme en témoignent ses propos lors de l’annonce de l’opération anti-vénézuélienne.
Il a clairement indiqué que les « très grandes compagnies pétrolières américaines » interviendraient au Venezuela pour réparer les infrastructures et « commencer à faire des profits ».
L’agence de presse publie une analyse du vocabulaire employé par le président républicain, qui a mentionné les termes « pétrole », « pétrolier » et « compagnies pétrolières » 22 fois, tandis que le mot « démocratie » n’a pas été prononcé une seule fois.
Trump a affirmé que la reconstruction du Venezuela serait financée par les mêmes compagnies pétrolières, qui seraient remboursées grâce à la production. « Nous allons gagner beaucoup d’argent pour pouvoir prendre soin du pays… et aussi indemniser nos concitoyens », rapporte le média.
En guise de prétexte, le président américain a prétendu que le gouvernement chaviste avait volé l’industrie pétrolière construite grâce au talent américain et que cette opération était un moyen de récupérer ce patrimoine.
Bien que l’embargo soit toujours en vigueur, le plan prévoit de vendre du pétrole en « bien plus grandes quantités » à d’autres pays une fois l’extraction normalisée, en plus des revenus pour les compagnies pétrolières américaines.
Comme l’a déclaré l’ancienne présidente Cristina Fernández, Trump s’est exprimé « ouvertement » et a justifié l’intervention militaire non seulement par le trafic de drogue, mais aussi par la nécessité de garantir l’approvisionnement énergétique des États-Unis dans l’hémisphère.
« Nous avons besoin d’une énergie véritable… Il est primordial de la protéger », a déclaré le président, liant la sécurité nationale américaine au contrôle des ressources vénézuéliennes.
Concernant le sort de la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA après l’intervention, et dans l’éventualité où Washington prendrait le contrôle du Venezuela, Trump a prédit qu’elle « serait de facto reprise par les grandes compagnies pétrolières américaines ».
Le plan n’envisage pas une privatisation immédiate au sens traditionnel du terme, mais plutôt une opération contrôlée dans laquelle les États-Unis investiraient dans la remise en état des infrastructures. Ces investissements, ainsi que les dettes historiques, seraient recouvrés directement grâce aux revenus pétroliers, les États-Unis assurant la gestion opérationnelle des champs pétrolifères.
« C’est très clair : l’objectif, c’est le pétrole, les vastes ressources du Venezuela qui vont bien au-delà des hydrocarbures, et non la lutte contre le trafic de drogue », a déclaré le dirigeant syndical Oscar Verón à Prensa Latina. (Source : Prensa Latina)
