Par María Josefina Arce
La situation de Daniel Noboa se complique. L’année 2026 a mal commencé pour le président équatorien, dont la popularité ne cesse de chuter, tandis que la possibilité d’un référendum révocatoire se précise.
Les sondages d’opinion sont défavorables à Noboa. Actuellement, le soutien populaire au chef de l’État est inférieur à 50 %.
Par exemple, une enquête du Centre de recherches et d’études spécialisées, menée fin janvier, révèle que seulement 37 % des personnes interrogées soutiennent le gouvernement présidentiel, soit le chiffre le plus bas depuis le début de son second mandat en mai de l’année dernière.
Le mécontentement grandit parmi les Équatoriens. 71 % d’entre eux se disent pessimistes quant à la situation actuelle dans ce pays andin, où la violence gagne du terrain.
En effet, l’année dernière s’est achevée, selon les données officielles, avec 9 216 morts violentes, soit 2 153 de plus qu’en 2014.
Face à un mécontentement populaire croissant, l’idée d’organiser une élection révocatoire contre Noboa gagne du terrain. Cette initiative est portée par l’opposition et la FENOCIN, la Confédération nationale des organisations paysannes, indigènes et noires.
Le président de cette organisation, Guido Perugachi, a déclaré que la FENOCIN avait approuvé en assemblée générale une motion visant à destituer Noboa, celui-ci n’ayant tenu aucune de ses promesses de campagne et protestant contre la répression des leaders indigènes lors de la grève nationale de l’année dernière contre la hausse des prix des carburants consécutive à la suppression des subventions.
Perugachi a souligné que le président s’était contenté de rembourser le Fonds monétaire international, négligeant la santé et l’éducation, tandis que la multiplication des états d’urgence et la militarisation des rues n’avaient pas permis de réduire la violence.
Cependant, la mise en œuvre de cette proposition s’annonce complexe. La motion de censure ne pourra prendre de l’ampleur qu’après le 24 mai, date à laquelle Noboa achèvera sa première année de mandat, une condition prévue par la Constitution équatorienne.
Les experts précisent également qu’un soutien d’au moins 15 % des électeurs inscrits est requis, ce qui correspond à la collecte de plus de deux millions de signatures.
De plus, la motion de censure doit être approuvée par le Conseil national électoral, que l’opposition critique pour son alliance avec le gouvernement Noboa.
Pendant ce temps, le mécontentement populaire envers l’administration présidentielle s’intensifie et le pays reste en proie à une vague de violence.
