Montevideo, 9 mars (RHC) – Le sénateur uruguayen Daniel Caggiani, du Front large, a jugé étrange l’exclusion de certains pays du sommet dit « Bouclier des Amériques » et a pointé du doigt ses visées militaristes.
« On a davantage l’impression d’un sommet d’alliés idéologiques que d’un sommet de lutte contre le trafic de drogue », a déclaré le membre de la commission des affaires internationales du Sénat.
Il a souligné l’étrangeté de l’absence du Mexique et de la Colombie, pays « qui ont beaucoup œuvré dans ce domaine », et a également noté l’absence du Brésil.
Il a fait remarquer que les déclarations et résolutions du sommet « semblent indiquer que l’objectif est que les forces armées mènent des opérations conjointes contre le trafic de drogue à l’intérieur des pays, ce qui est interdit par la Constitution uruguayenne ».
« Cela donne l’impression d’une militarisation de la politique antidrogue, une approche qui a déjà échoué ; des années 1980 à nos jours, elle n’a donné aucun résultat positif », a-t-il souligné. Caggiani a affirmé qu’il existe une « certaine fragmentation idéologique entre les partisans et les adversaires de l’administration Trump ».
Il a estimé que l’Uruguay doit adopter « une politique de défense de sa souveraineté nationale et tenter de se coordonner avec d’autres régions d’Amérique du Sud pour traiter ces questions ».
« Les problèmes liés au trafic de drogue se résolvent par une intervention accrue de l’État dans certains domaines, comme la lutte contre la pauvreté, la promotion du droit au développement et la création d’emplois et d’opportunités d’investissement ; et par une moindre intervention de l’État dans les affaires militaires, car cela a incontestablement été un échec majeur », a-t-il insisté.
Caggiani a par ailleurs souligné que la lutte contre le « narcoterrorisme » est le nouveau prétexte « pour s’ingérer dans les affaires intérieures de certains pays ».
Il a cité en exemple le fait que, très récemment, « le Venezuela était apparemment l’un des principaux problèmes de trafic de drogue auxquels les États-Unis étaient confrontés », mais « ce pays n’a même pas été invité au sommet », ce qui est « plutôt étrange ».
Parallèlement, les dirigeants du Parti national, principal parti d’opposition, ont critiqué l’absence de l’Uruguay à la réunion qui s’est tenue samedi dernier en Floride, aux États-Unis.
« Le gouvernement prétend se préoccuper du trafic de drogue et du blanchiment d’argent, mais il nous exclut d’une alliance régionale essentielle », a écrit l’ancien ministre de l’Intérieur, Nicolás Martinelli, sur son compte Twitter.
Selon le député Juan Martín Rodríguez, membre du Parti national et de la commission des affaires internationales de la Chambre basse, l’Uruguay avait été invité à la réunion, mais le président Yamandú Orsi « a décidé de ne pas y participer ».
Le député a jugé « extrêmement grave » que le gouvernement se soit retiré de ce forum.
Pour Donald Trump, le cœur de l’accord adopté lors du sommet résidait dans « l’engagement à recourir à la force militaire létale » pour anéantir ceux que Washington qualifie de terroristes, « de sinistres cartels et réseaux terroristes ».
SOURCE PRENSA LATINA
