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Inquiétudes au Honduras face à la possible réactivation des ZEDE

par Reynaldo Henquen
ZEDE Honduras

Par María Josefina Arce

Le spectre des ZEDE (Zones d’emploi et de développement économique) plane sur le Honduras, malgré le rejet massif de ce modèle par une grande partie de la population, qui le considère comme une menace pour la souveraineté nationale.

Des organisations de la société civile alertent sur le fait que le nouveau gouvernement de ce pays d’Amérique centrale, dirigé par le président Nasry Asfura, du Parti national (droite), cherche à réactiver ce modèle, déclaré inconstitutionnel en septembre 2024 par la Cour suprême de justice.

Un arrêt de justice, mis en avant par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme au Honduras, souligne que permettre à des entités privées de créer leurs propres systèmes administratifs, judiciaires, fiscaux et de sécurité reviendrait à déléguer à l’État des compétences relatives à la garantie des droits humains de ses habitants, dans un esprit d’égalité.

Les ZEDE (Zones spéciales de développement économique) ont été créées en 2013 par le président Porfirio López, également membre du Parti national, et ont été critiquées pendant des années pour avoir cédé la souveraineté territoriale au capital privé.

L’arrivée au pouvoir de Xiomara Castro, du Parti Libre (Liberté et Refondation), en janvier 2022 a marqué un tournant. En avril de la même année, le Congrès a abrogé ces zones sous la pression populaire.

Cependant, quelques jours seulement après l’investiture d’Asfura, des membres du Parti national au pouvoir ont relancé le débat sur les ZEDE, notamment après que la nouvelle administration a demandé la réintégration du Honduras au CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements), qui fait partie du Groupe de la Banque mondiale.

Cette demande a été officialisée en fin de semaine dernière par le président hondurien lors de son dernier voyage aux États-Unis, où des personnalités politiques et des hommes d’affaires ont des intérêts importants dans ces projets controversés.

Rappelons que sous la présidence de Xiomara Castro, le Honduras s’est retiré de ce mécanisme, ce qui a valu à ses investisseurs dans les Zones Spéciales de Développement Économique (ZEDE) des poursuites judiciaires de plusieurs millions de dollars, notamment ceux liés aux ZEDE Prospera et Morazán.

Le nouveau gouvernement justifie sa décision par la nécessité d’attirer les investissements, mais diverses organisations dénoncent le fait que, dans les faits, les intérêts des entreprises priment sur les droits du peuple hondurien.

Une nouvelle phase de lutte s’ouvre pour le peuple hondurien face à la possible réactivation des ZEDE, synonymes de privatisation et d’expropriation territoriale, de violations des droits humains et environnementaux, et de criminalisation de ceux qui défendent les droits de leurs communautés.

 

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