Par Pedro Manuel Otero
Ces derniers jours, le monde a été témoin de manifestations de solidarité renouvelées et fortes envers Cuba, témoignant du soutien international face au durcissement du blocus économique imposé par les États-Unis.
Le point d’orgue de ces manifestations a été la dernière Réunion internationale de solidarité avec Cuba, un événement historique qui a rassemblé plus de 760 délégués de 36 pays et des représentants de 152 organisations internationales.
La présence à cette réunion du Président cubain, Miguel Díaz-Canel, a souligné l’importance que son pays accorde à ces alliances de solidarité qui transcendent les frontières et les clivages politiques.
Des gestes concrets de soutien ont émergé de diverses régions du monde.
À Séville, en Espagne, Cuba a publiquement remercié pour les manifestations de solidarité reçues face à la nouvelle escalade du blocus économique, saluant la fraternité des citoyens européens qui s’opposent à la politique d’étranglement économique menée par les États-Unis.
En Équateur, l’Association équatorienne des anciens boursiers en Union soviétique, en Allemagne et à Cuba a fait un important don de médicaments et de fournitures médicales dans le cadre de la campagne « Solidarité en action », qui vise à pallier les pénuries médicales causées par les sanctions.
Guayaquil a également accueilli une réunion politique où le Comité de solidarité avec Cuba a rassemblé diverses organisations sociales et politiques afin de réaffirmer leur soutien à l’île.
Le Mexique a une fois de plus démontré sa fraternité historique envers Cuba.
Le Groupe Fraternité a continué d’envoyer de l’aide humanitaire au pays et a récemment annoncé le départ d’un navire chargé d’assistance humanitaire.
Les autorités mexicaines ont déclaré que « le Mexique sera toujours fraternel avec Cuba », réaffirmant ainsi la solidarité qui caractérise les relations entre les deux pays.
La déclaration la plus marquante de cette période est venue du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, qui, lors de ses interventions des 6 et 7 juin, a lancé un appel urgent et ferme aux États-Unis pour la levée « immédiate » des sanctions imposées à Cuba depuis janvier 2026.
M. Türk a dénoncé les restrictions sur les carburants, imposées depuis le début de l’année, ainsi que le renforcement des sanctions extraterritoriales, qui nuisent directement aux Cubains, en particulier aux plus vulnérables.
L’aspect le plus frappant des déclarations de M. Türk a été sa dénonciation d’une crise humanitaire « inacceptable » sur l’île.
Lors de son intervention à Genève le 10 juin, le Haut-Commissaire a révélé avec une profonde inquiétude : « Nous avons vu des enfants mourir faute de médicaments et d’accès aux interventions chirurgicales nécessaires. »
Cette révélation, faite par le plus haut responsable des droits de l’homme de l’ONU, constitue un témoignage officiel de la gravité de la situation à laquelle est confronté le peuple cubain.
Türk a décrit une réalité dramatique où la pénurie de médicaments et de nourriture compromet la capacité du système de santé cubain à soigner ses patients.
« Il ne s’agit pas de politique ou de géopolitique, mais de la souffrance du peuple », a déclaré clairement Türk, soulignant que tous les éléments disponibles témoignent d’une situation catastrophique pour la population cubaine.
Le Haut-Commissaire a également dénoncé les « régimes de sanctions sévères, aveugles et extrêmement contraignants imposés à la population, incompatibles avec les principes fondamentaux du droit international et des droits de l’homme ».
Cette déclaration juridique du plus haut expert des Nations Unies en matière de droits de l’homme constitue un soutien international qui remet en cause la légitimité juridique du blocus américain contre Cuba, au regard des principes universels de protection de la vie et de la dignité humaine.
Le haut-commissaire a exhorté la communauté internationale et les institutions à éviter tout « zèle excessif » dans l’application des sanctions et l’isolement systématique de l’île.
Ces nouvelles manifestations de solidarité internationale et la déclaration ferme de Volker Türk marquent un tournant décisif dans la lutte contre le blocus économique de Cuba.
La convergence du soutien de plus de 150 organisations internationales, les gestes concrets d’aide humanitaire de l’Espagne, de l’Équateur et du Mexique, et l’appui officiel de l’ONU par l’intermédiaire de son Haut-Commissaire aux droits de l’homme, constituent un front international qui conteste la légitimité et la moralité des politiques d’asphyxie économique imposées par les États-Unis au peuple cubain.
La déclaration de Türk concernant les décès d’enfants dus au manque de médicaments est probablement le témoignage le plus grave et le plus poignant jamais émis par un responsable de l’ONU sur les conséquences de cette situation.
