La Havane, 28 août (RHC) Les récentes réglementations et mesures économiques mises en place à Cuba suscitent de nombreux débats, mais il est essentiel de s’attacher à en saisir les objectifs.
Les récentes réglementations économiques adoptées par le gouvernement cubain ont recueilli un large soutien auprès des responsables, des gestionnaires et des spécialistes, qui s’accordent à dire qu’elles constituent une étape cruciale vers la revitalisation du secteur non étatique.
De plus, elles offrent des incitations à l’investissement et permettent de relever les défis posés par l’embargo.
Ces dispositions, qui comprennent quatre nouveaux décrets-lois du Conseil d’État, modernisent le cadre réglementaire applicable aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME), aux coopératives et aux travailleurs indépendants, et assouplissent le commerce de gros et de détail.
La présidente de l’Institut national des acteurs économiques non étatiques, Mercedes López Acea, a souligné que ces réglementations, fruit d’un an et demi de travail et de consultations, visent à « organiser et promouvoir cette activité complémentaire de l’économie et à corriger les distorsions ».
Lors d’une conférence de presse, le responsable a souligné que toutes les modalités applicables au secteur non étatique restent en vigueur et que les dispositions répondent à l’accord de mise à jour de la législation approuvé en 2021.
Le premier vice-ministre du Commerce intérieur, Yosvany Pupo Otero, a qualifié d’avancée majeure l’abrogation des résolutions controversées 56 et 18, qui limitaient l’activité commerciale des acteurs non étatiques.
Dans son intervention, M. Pupo Otero a expliqué que le nouveau décret établit que le commerce de gros « repose sur la volonté des parties » et ne sera plus subordonné à des relations contractuelles avec des entités étatiques.
Le responsable a précisé qu’« il ne s’agit pas de limiter ou d’annuler une licence commerciale ; il s’agit de réglementer le commerce, ce qui s’applique non seulement aux acteurs économiques non étatiques, mais aussi aux entreprises publiques. »
Dans le domaine fiscal, la première vice-ministre des Finances et des Prix, Yenisley Ortiz Mantecón, a détaillé les nouveaux avantages approuvés par les résolutions 179 et 180 de 2026, qui exonèrent de droits de douane l’importation de systèmes solaires photovoltaïques et d’autres équipements.
Mme Ortiz Mantecón a souligné que « ces résolutions contribuent significativement à la transformation du mix énergétique de chaque commune » et a annoncé un crédit d’impôt global sur les bénéfices et le revenu des personnes physiques qui investissent dans des projets.
La vice-ministre a également mis en avant la mise en place d’un crédit d’impôt de 10 % sur les ventes en gros et de 5 % sur les ventes au détail de biens importés.
Ces mesures, a-t-elle expliqué, visent à « rendre les produits plus accessibles » et à encourager une participation active à la production d’énergie propre.
Johana Odriozola Guitart, vice-ministre de l’Économie et de la Planification, a souligné que la nouvelle législation avait été élaborée avec une large participation du monde universitaire et que « nous sommes parvenus à un consensus sur les principes fondamentaux de cette législation ».
Odriozola Guitart a souligné que l’objectif est de « démarrer sans contradictions ni failles juridiques » et que, dans le futur, les politiques publiques seront évaluées afin de « canaliser les talents vers le développement de la nation ».
Concernant la décentralisation, le vice-ministre a expliqué que l’agrément des nouvelles MPME sera progressivement transféré aux municipalités, renforçant ainsi l’autonomie des collectivités locales conformément à la Constitution.
Le Conseil d’État a également approuvé un décret-loi relatif aux procédures d’appel d’offres, présenté par le ministre de l’Économie, Joaquín Alonso Vázquez, qui encadre les appels d’offres comme mécanisme général de passation de marchés de biens et de services financés par les ressources de l’État.
De cette manière, la transparence et l’équité sont garanties. Cette réglementation s’applique aux acteurs étatiques et non étatiques dans le cadre du modèle socialiste, ont-ils souligné.
Les autorités s’accordent à dire que ces mises à jour, qui s’inscrivent dans le cadre de l’amélioration continue du modèle économique cubain, visent à créer un environnement plus favorable à l’investissement et à la production nationale afin de faire face à la crise et d’assurer le bien-être de la population.
SOURCE PRENSA LATINA
