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Crise énergétique à Cuba : efforts de l’ONU

par Reynaldo Henquen

Par Pedro Manuel Otero

Les Nations Unies s’efforcent activement, bien qu’aucun accord public concret n’ait encore été conclu, de faciliter l’acheminement de carburant vers Cuba à des fins humanitaires, dans un contexte de crise énergétique sans précédent, exacerbée par l’embargo pétrolier imposé par les États-Unis depuis janvier 2016.

Suite aux décrets présidentiels signés par l’administration Trump les 29 janvier et 1er mai 2016, de nouvelles mesures ont été mises en place, restreignant les importations de pétrole et dissuadant les compagnies maritimes, les assureurs et les banques de réaliser des transactions avec l’île.

Cet embargo de facto a provoqué des coupures d’électricité pouvant durer jusqu’à 20 heures, un rationnement extrême du carburant, la paralysie des transports publics et de graves perturbations du fonctionnement des hôpitaux et des services essentiels.

Le Venezuela et le Mexique, qui fournissaient auparavant environ 75 % des importations de pétrole de Cuba, ont suspendu leurs livraisons début 2016 sous la pression de Washington et suite à une opération soutenue par les États-Unis qui a abouti à l’enlèvement du président Nicolás Maduro à Caracas.

En mai, le ministre cubain de l’Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a admis que le pays n’avait « absolument plus de fioul, absolument plus de diesel ».

L’ONU a confirmé en août 2026 qu’elle menait des discussions avec « plusieurs pays intéressés » afin de garantir l’approvisionnement de Cuba en carburant pour des raisons humanitaires, sur instruction du Secrétaire général António Guterres.

Le porte-parole adjoint, Farhan Haq, a souligné l’urgence de la situation sans toutefois révéler l’identité des pays impliqués, les négociations étant toujours en cours.

Cependant, le Coordonnateur résident des Nations Unies à Cuba, Francisco Pichón, a averti que le « zèle excessif » des entreprises, motivé par la crainte de sanctions américaines, entravait l’arrivée de l’aide humanitaire, notamment de médicaments et de matériel médical.

Selon des informations parues en août, un seul pétrolier aurait atteint Cuba ces sept derniers mois.

Des experts des Nations Unies en matière de droits de l’homme ont qualifié l’embargo sur le carburant de violation du droit international et ont averti que la crise humanitaire à Cuba pourrait être comparée à une situation comparable à celle de Gaza en l’absence d’intervention internationale.

L’Espagne a annoncé en septembre 2026 qu’elle utiliserait les canaux de l’ONU pour acheminer de l’aide humanitaire à Cuba.

Le Cuba Study Group, une organisation de Cubano-Américains, a appelé Washington et La Havane en septembre à lever les restrictions sur l’aide humanitaire et à autoriser la vente de carburant aux hôpitaux, moyennant des garanties contre tout détournement.

Cuba, de son côté, affirme que l’embargo américain lui a causé des pertes record de plus de 8 milliards de dollars entre mars 2025 et février 2026, et a déjà préparé un nouveau rapport qu’elle présentera à l’Assemblée générale de l’ONU en octobre prochain.

Jusqu’en septembre 2026, les efforts de l’ONU se poursuivent, mais aucun accord concret n’a été annoncé concernant l’envoi massif de carburant à Cuba.

La population cubaine continue de subir des coupures de courant prolongées, des pénuries alimentaires et de médicaments, ainsi qu’un effondrement partiel des services essentiels.

 

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