La Havane – « Trente ans se sont écoulés depuis la signature d’une loi américaine qui contrevient à toutes les lois : a-t-on jamais vu des lois votées pour un autre pays ? De quel droit ? », a déclaré Miguel Díaz-Canel, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste et président de la République, sur les réseaux sociaux, à l’occasion de l’anniversaire de cette législation arbitraire, promulguée en 1996 par le président américain de l’époque, Bill Clinton.
Dans son message, le président cubain a également ajouté que la loi Helms-Burton n’est pas une loi, mais une aberration. Il a conclu en affirmant que l’île caribéenne est régie par sa Constitution et ses propres lois, contestant ainsi clairement la tentative de Washington d’imposer son système juridique à la nation cubaine.
Pour sa part, Roberto Morales Ojeda, membre du Bureau politique et secrétaire à l’organisation du Comité central du Parti communiste de Cuba, a déclaré sur son profil Facebook que « l’adoption de la loi Helms-Burton ne constituait pas une simple mise à jour du blocus économique, commercial et financier, mais bien la consolidation juridique d’une stratégie historique d’étranglement économique conçue par les États-Unis pour imposer un changement de régime à Cuba ».
Il a expliqué qu’« en codifiant l’embargo comme politique d’État, la loi a privé le pouvoir exécutif de la possibilité d’alléger les sanctions, entravant ainsi l’action des administrations futures et garantissant le maintien d’une pression maximale ».
Il a également rappelé que « l’échec du blocus à endiguer la Révolution a conduit à l’activation, en 2019, du Titre III, suspendu depuis vingt ans en raison de son caractère extraterritorial », autorisant des poursuites contre des entreprises de pays tiers et paralysant les investissements étrangers.
Il a souligné que « la véritable intention de cette loi est la capitulation du peuple cubain, par l’intensification du blocus qui entrave l’accès au carburant, à l’alimentation et aux médicaments, au mépris du rejet quasi unanime de la communauté internationale ».
Dans la même veine, le ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a également dénoncé, via les réseaux sociaux, les conséquences de cette législation.
Le ministre a rappelé que « cela fait trente ans que la loi Helms-Burton a été signée, codifiant l’étranglement et la guerre économique menés par les États-Unis contre le peuple cubain ».
M. Rodríguez Parrilla a insisté sur le caractère extraterritorial de la mesure, principe qui la distingue des autres sanctions unilatérales, et sur sa violation des règles du commerce international, en intimidant les investisseurs actuels et potentiels.
Dès son adoption, la loi Helms-Burton a renforcé l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba, ciblant les relations bilatérales avec les pays tiers et enjoignant le gouvernement américain à prendre des mesures contre ceux qui soutenaient l’île, notamment la confiscation de navires et une opposition systématique à l’admission de Cuba aux institutions financières internationales.
Source : Granma
