Brasilia, 17 mars (RHC) – La récente panne d’électricité générale à Cuba, bien plus qu’une simple crise énergétique, représente la concrétisation d’une stratégie géopolitique visant à asphyxier le pays, a dénoncé aujourd’hui le journaliste brésilien Gustavo Tapioca.
Dans une tribune publiée sur le site Brasil 247 et intitulée « L’embargo de Trump contre Cuba et la normalisation de la barbarie », l’auteur alerte sur le fait que l’effondrement du réseau électrique cubain est la conséquence d’une période prolongée de pressions économiques limitant l’accès aux combustibles et aux ressources essentielles.
Selon l’analyste, cette interruption de l’approvisionnement énergétique témoigne de l’impact cumulatif du blocus imposé par les États-Unis depuis 1962 et intensifié ces dernières années, notamment sous l’administration de Donald Trump.
« La panne d’électricité généralisée n’est pas qu’une simple crise énergétique. C’est la manifestation concrète d’une stratégie géopolitique : asphyxier une nation entière jusqu’à l’effondrement social, là où les pressions diplomatiques et militaires n’ont jamais réussi à l’obtenir », affirme-t-il.
Tapioca ajoute que les pénuries de carburant empêchent les centrales électriques de fonctionner, ce qui affecte les services essentiels tels que les hôpitaux, l’approvisionnement en eau, les transports et la distribution alimentaire, et a un impact direct sur la population.
L’analyse indique que le blocus a évolué vers une composante énergétique plus agressive, restreignant l’approvisionnement en pétrole et accentuant la pression sur les pays et les entreprises qui entretiennent des relations commerciales avec Cuba.
Elle rappelle que des documents historiques de Washington établissaient déjà l’objectif de créer des difficultés économiques afin d’affaiblir le soutien interne au gouvernement cubain, une logique qui reste d’actualité.
Le texte souligne également que l’impact de ces mesures se répercute sur le quotidien de la population, soumise à des coupures d’électricité, des pénuries et des limitations des services de base.
Pour l’auteur, la situation à Cuba dépasse le cadre économique et soulève un débat sur la normalisation de politiques engendrant des souffrances prolongées, dans un contexte où les pressions extérieures cherchent à provoquer des transformations internes sur l’île.
Tapioca estime que le plus grand risque de la situation à Cuba réside peut-être dans la normalisation de la cruauté, et que, décennie après décennie, la souffrance du peuple cubain est devenue une fatalité aux yeux de la communauté internationale.
« Nous vivons à l’ère des progrès technologiques extraordinaires. Et pourtant, nous acceptons qu’une population entière subisse des décennies d’asphyxie économique. Peut-être qu’à l’avenir, la question sera inévitable : comment le monde a-t-il pu laisser faire cela ? » s’interroge-t-il.
Face à cette situation, l’auteur conclut : « Lorsqu’un pays entier est plongé dans les ténèbres et que le monde s’y habitue, ce n’est pas seulement une île qui sombre. C’est la conscience même de l’humanité qui s’étiole. »
SOURCE : PRENSA LATINA
