La Havane, 16 janvier (RHC) – Discours du général de corps d’armée Lázaro Alberto Álvarez Casas, membre du Bureau politique et ministre de l’Intérieur, lors de la réception en l’honneur des 32 héros tombés au champ d’honneur dans la République bolivarienne sœur du Venezuela.
Parents de nos 32 héros, combattants, compatriotes :
En ce matin solennel, la Patrie est en deuil et se relève. Nous sommes réunis pour accueillir sur notre sol nos frères tombés loin de chez eux, mais non en faillissant à leur devoir.
En accueillant leurs dépouilles mortelles, nous renouvelons devant eux notre serment de fidélité à la Patrie et à l’unité des peuples d’Amérique latine.
Nous affirmons dès le premier instant, avec la clarté qu’exige l’histoire : nous ne les accueillons pas avec résignation, mais avec une profonde fierté et un engagement éternel. Car nous le savons, et le peuple cubain l’a appris à travers les épreuves les plus dures, que la mort ne triomphe pas de ceux qui tombent, fusil à la main, en défendant une juste cause.
Ils ne reviennent pas comme des ombres ; au contraire, ils sont une lumière nouvelle qui nous fortifie, nous inspire et nous engage. Ils reviennent drapés dans le drapeau, et ce drapeau ne représente pas une absence : il consacre une présence éternelle.
Ils portent avec eux l’exemple impérissable du dévouement, du courage et de la fidélité aux plus nobles idéaux de l’humanité.
Lorsqu’ils ont traversé mers et ciels pour accomplir leur mission, ils savaient qu’ils pouvaient ne pas revenir ; mais ils étaient fermement convaincus qu’ils ne trahiraient jamais ce peuple qui, suivant l’exemple de ses héros, avait appris à partager son destin avec les autres.
En ces heures sombres, lorsque, au petit matin du 3 janvier, l’agression et l’attaque perfide jetèrent une ombre sur le Venezuela, se dressèrent nos combattants, fidèles à Fidel, à Raúl, au Parti et à l’héritage internationaliste qui a marqué chaque étape de la Révolution cubaine.
Pour eux, le Venezuela n’était pas une terre lointaine ; il était le prolongement naturel de la patrie, tout comme pour nos héros. Là, Bolívar et Martí, Chávez et Fidel, et tous ceux qui rêvaient d’une Amérique unie et libre, sont unis.
Ils sont tombés au combat et sont entrés à jamais dans l’histoire. Là, où la violence cherchait à imposer le silence, leur sang a une fois de plus écrit une vérité que nul ne pourra jamais effacer : Cuba n’abandonne pas ses enfants. Cuba ne renonce pas à ses principes. Cuba ne capitule pas, même si défendre sa dignité exige un prix lourd et douloureux.
Nos frères ont combattu avec la même détermination et la même ferveur que les Mambises de la Génération du Centenaire, les révolutionnaires barbus, les miliciens de Girón et les combattants internationalistes qui ont démontré qu’on ne revient d’une mission à l’étranger qu’avec l’amitié d’une nation sœur et les dépouilles sacrées des disparus.
Compatriotes, familles :
Nous accueillons nos camarades d’armes de retour sur la terre qui les a vus naître, avec la fierté de savoir qu’ils n’ont pas faibli, qu’ils n’ont pas hésité, qu’ils ont combattu jusqu’à la dernière cartouche et qu’ils ont offert leur précieuse vie pour accomplir la mission qui leur avait été confiée.
Devant eux, devant leurs familles, devant l’histoire et devant vous, Général de l’Armée, nous proclamons qu’il n’y aura jamais de place sur le sol cubain pour la lâcheté et la trahison. Chaque bataille portera l’empreinte morale de ces combattants héroïques qui ont tout donné pour la dignité de leur peuple.
Ils sont morts comme ils ont vécu, la tête haute. Ils sont tombés convaincus d’accomplir un devoir sacré, un devoir que les peuples de notre Amérique reconnaîtront et pour lequel ils seront à jamais reconnaissants, un exemple suprême de sacrifice et de loyauté.
Aujourd’hui, alors que leurs noms sont définitivement gravés sur l’autel de la Patrie, nous ne leur promettons pas le repos, car les vrais héros ne se reposent jamais. Ils continueront de marcher en première ligne de chaque bataille, accompagnant chaque jeune déterminé à servir son peuple, inspirant chaque homme et chaque femme qui refuse l’injustice, donnant de la force à chaque révolutionnaire qui sait se relever après chaque coup dur.
L’ennemi parle avec euphorie d’opérations de haute précision, de troupes d’élite et de suprématie. Nous, en revanche, parlons de visages, de familles qui ont perdu un père, un fils, un mari, un frère. Nous parlons de filles et de garçons qui devront grandir sans l’étreinte de celui qui a offert sa vie en pensant précisément à eux.
Devant ces enfants, devant ces mères, ces pères et ces épouses, à qui une partie de l’âme a été arrachée, nous reprenons les paroles poignantes du Commandant en chef : « On ne peut pas dire que la douleur est partagée. La douleur est décuplée. Des millions de Cubains pleurent aujourd’hui avec les proches des victimes de ce crime abominable. Et quand un peuple courageux et déterminé pleure, l’injustice tremble ! »
La Patrie se tient devant vous avec respect et gratitude. Vos morts sont nos morts. Cette fierté silencieuse, sachant que vous avez tout donné pour la cause la plus juste, est aussi la fierté de toute une nation.
Devant vous, devant le peuple, nous réaffirmons que si ce douloureux chapitre de l’histoire a démontré une chose, c’est que l’impérialisme peut posséder des armes plus sophistiquées, une immense richesse matérielle, acheter les esprits des hésitants, mais il y a une chose qu’il ne pourra jamais acheter : la dignité du peuple cubain.
La grandeur des nations ne se mesure pas à leurs richesses matérielles, mais à leur capacité à perpétuer le souvenir de leurs héros.
Nous ne les oublierons jamais. Nous nous souviendrons toujours d’eux, dans chaque effort, chaque épreuve, chaque victoire.
Leur exemple éclairera le chemin des peuples libres et justes du monde.
Frères, aujourd’hui nous vous accueillons en héros ; vous êtes un exemple d’honneur. Vous êtes une leçon pour ceux qui hésitent. Vous êtes un avertissement pour ceux qui menacent.
Gloire éternelle à ceux qui sont tombés pour la patrie de Bolívar et de Chávez !
Honneur et gloire éternels aux héros et martyrs de la patrie !
Le peuple cubain vous embrasse.
Toujours en avant vers la victoire !
Source ACN
