Accueil ExclusivesIran : Opération True Promise IV et sa signification

Iran : Opération True Promise IV et sa signification

par Reynaldo Henquen

Par Rodobaldo Isasi Herrera

Au moment où nous écrivons ces lignes, une vague d’attaques iraniennes par missiles et drones est vraisemblablement en cours contre des cibles américaines et israéliennes au Moyen-Orient, considérées comme stratégiques par Téhéran. Cette offensive fait suite à l’opération Epic Fury, conçue par le département de la Défense américain, qui a débuté au petit matin du 28 février 2026.

Après les deux premières semaines de cette opération militaire, True Promise 4 (également connue sous le nom d’opération Veraz 4), les forces armées iraniennes et le Corps des gardiens de la révolution islamique déploient une défense calculée et résolue, révélant ainsi les capacités militaires acquises par la nation perse pour affronter ses deux principaux ennemis depuis des décennies.

À ce jour, les vagues d’attaques par missiles et drones ont eu un effet dévastateur sur les cibles visées, situées en Israël et sur des bases militaires américaines dans les pays du Golfe persique, notamment les frappes contre la base aérienne d’Al Harir (Irak) et les bases d’Ali Al Salem et d’Arifjan (Koweït).

Auparavant, d’autres installations américaines avaient été ciblées par des missiles et des drones iraniens en Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et à Oman, soulignant ainsi la dimension régionale du conflit.

De plus, le conflit ne sera pas résolu dans l’immédiat tant que Téhéran n’aura pas répondu à ses exigences, qui comprennent l’évacuation de toutes les bases américaines dans les pays du Golfe persique ; une demande de 50 milliards de dollars pour la reconstruction du pays ; et des garanties qu’aucune nouvelle agression ne se produira.

Parallèlement, l’Iran a imposé une réglementation inconcevable au regard de sa permissivité sélective concernant le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Cette réglementation impose le paiement du pétrole et du gaz achetés en yuans, une position qui influe directement sur l’utilisation du dollar américain et, par conséquent, sur le pétrodollar, dont l’Arabie saoudite avait officiellement mis fin aux relations avec les États-Unis sous l’administration Biden.

L’opération True Promise 4 constitue une riposte défensive asymétrique, face à laquelle Washington et Tel-Aviv ne disposent pas d’une contre-mesure militaire capable de soumettre Téhéran, surtout si les capacités offensives des alliés de l’Axe de la Résistance débouchent sur une offensive d’envergure. Cependant, Herbollah fait face à l’agression sioniste avec la même vigueur qu’en 2006, lorsqu’elle avait contraint les forces israéliennes à se retirer du territoire libanais.

Sur le plan militaire, les forces armées iraniennes ont utilisé les missiles Kheibar Shekan, Qader et Emad, ainsi que le missile hypersonique Khorramshahr (dont les ogives pèsent près de deux tonnes) et le Sejjil. Ces armes sont complétées par des drones d’attaque sous-marins équipés de torpilles guidées et des vedettes rapides autonomes, représentant une nouvelle approche du combat maritime et ayant permis à l’Iran de contrôler le détroit d’Ormuz.

Un autre aspect crucial, dans un conflit où les agresseurs imposent un black-out informationnel strict, est que la campagne de communication de Téhéran s’est concentrée sur son environnement régional, lequel s’est fait le complice de l’alliance israélo-américaine, alors même que Tel-Aviv a fait preuve d’un profond désintérêt pour ses voisins arabes.

Parallèlement, ces États arabes du Golfe critiquent leur partenaire stratégique, les États-Unis, pour s’être laissé entraîner dans une guerre par l’entité sioniste, une guerre dont les conséquences restent incertaines tant que la nation perse persistera dans sa résistance armée légitime.

C’est dans ce contexte que plusieurs experts s’accordent à mettre en garde contre la possibilité qu’Israël ou Washington utilisent l’arme nucléaire en dernier recours, compte tenu de l’impossibilité de soumettre la République islamique d’Iran avec des armes conventionnelles. L’existence même d’Israël est aujourd’hui confrontée à une crise quasi existentielle, étant donné que la majorité de sa population est concentrée dans les villes de Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem, qui subissent de plein fouet les frappes de missiles et de drones iraniens.

Ce scénario se déroule dans un contexte de hausse mondiale des prix des hydrocarbures, notamment du pétrole, même si d’autres biens et services pourraient également subir des augmentations de prix à court terme.

Face à cette situation, la Russie et la Chine se montrent disposées à soutenir Téhéran sur les plans politique, diplomatique et humanitaire, dans un contexte complexe exacerbé par le conflit. Selon certains experts, ce soutien s’étend également au renseignement militaire.

(Rodobaldo Isasi, chercheur au Centre de Recherches sur la Politique Internationale -CIPI-)

Laisser un Commentaire

* Les commentaires sont modérés. Radio Habana Cuba n'est pas responsable des opinions exprimées ici.


Aller au contenu principal