Mexico, 9 mars (RHC) – Le ministre cubain de la Santé publique, José Ángel Portal, a dénoncé l’impact du blocus énergétique imposé par les États-Unis sur le secteur de la santé à Cuba dans une tribune publiée aujourd’hui dans El Heraldo de México.
Sous le titre « L’impératif éthique des soins de santé à Cuba face au blocus énergétique », le ministre souligne que ces services dépendent d’un approvisionnement continu en électricité et d’une logistique actuellement fortement perturbée.
Il indique que la liste d’attente pour les interventions chirurgicales a atteint 96 387 patients (dont 11 193 enfants) et qu’avec les restrictions énergétiques actuelles, ce nombre ne cesse d’augmenter, le système de santé national étant contraint de reporter les interventions non urgentes afin de donner la priorité aux traitements contre le cancer et aux autres interventions mettant la vie en danger.
Face à la menace de Washington d’imposer des droits de douane aux pays fournisseurs de pétrole à l’île, Portal a évoqué le Programme de santé maternelle et infantile, confronté au défi d’assurer le suivi médical de 32 000 femmes enceintes nécessitant des échographies diagnostiques essentielles.
Il a également souligné que l’intermittence du transport frigorifique, due aux pénuries de carburant, a empêché plus de 30 000 enfants de recevoir leurs vaccins à temps, malgré la disponibilité des vaccins en stock.
Par ailleurs, a-t-il ajouté, il faut prendre en charge 16 000 patients sous radiothérapie et 2 888 autres sous hémodialyse, des services qui exigent une stabilité énergétique actuellement très difficile à garantir.
« Cependant, malgré ces réalités et d’autres encore auxquelles est confronté le Système national de santé, son fonctionnement n’est pas au bord de l’effondrement. La réponse n’a pas été la paralysie, mais plutôt une réorganisation stratégique fondée sur la résilience et l’optimisation des ressources », a-t-il insisté.
Entre autres actions, il a affirmé que l’efficacité des soins de santé primaires continue d’être renforcée, que le Programme de médecins et d’infirmières de famille est consolidé et que des outils comme la télémédecine sont utilisés pour garantir la continuité des services essentiels.
Il a souligné que « cette réactivité repose fondamentalement sur l’altruisme, l’éthique, l’engagement et le professionnalisme de notre personnel soignant ».
« Il est émouvant de constater que, dans les provinces où 85 % des néonatologues résident hors de leur commune d’exercice, des solutions exceptionnelles sont mises en œuvre pour garantir qu’aucun nouveau-né ne soit laissé sans protection face à la crise des transports », a-t-il illustré.
Il a soutenu que le prestige de la médecine cubaine « s’est forgé dans l’humanisme et le sens du devoir, non seulement à l’intérieur de nos frontières, mais aussi dans les 165 pays où les professionnels de santé cubains exercent ou ont exercé pendant des décennies, comme c’est le cas au Mexique ».
« Nous sommes fiers de savoir que Cuba n’est pas seule, grâce à la solidarité que nous avons reçue des quatre coins du monde », a déclaré le ministre, qui a exprimé sa gratitude aux nations sœurs et, tout particulièrement, au peuple et au gouvernement mexicains.
Il a affirmé que l’île continuera de prendre toutes les mesures possibles pour protéger sa population et a appelé la communauté internationale à faire preuve de solidarité « pour faire face à la dimension réelle et objective d’un blocus criminel qui menace des vies humaines ».
SOURCE : PRENSA LATINA
