La Havane, 20 mars (RHC) – Le ministre cubain des Transports, Eduardo Rodríguez, a réaffirmé aujourd’hui l’impact des mesures de blocus américaines contre Cuba, en particulier sur son secteur.
Lors d’une conférence de presse ce vendredi au Centre de presse international (CPI), il a abordé les conséquences sur les transports, notamment le blocus pétrolier imposé par Washington à l’île.
Il a souligné que son secteur est l’un des plus touchés par les mesures du gouvernement américain, en raison du blocus économique et commercial en vigueur depuis de nombreuses années.
Il a déclaré que pour mieux comprendre l’existence de ces obstacles (blocus) dans le domaine des transports, il est clair que ces mesures visent principalement à restreindre les recettes en devises convertibles du pays, à augmenter les coûts et à entraver le commerce.
Il a expliqué que, par exemple, depuis juin 2019, les croisières sont suspendues alors que 17 compagnies et 25 navires opéraient à Cuba. D’autre part, le président américain Donald Trump a interdit aux compagnies aériennes commerciales de desservir l’île.
Il a souligné que cette mesure, mise en œuvre lors de son premier mandat, était restée en vigueur pendant une période considérable, malgré les répercussions sur les compagnies aériennes américaines et les nombreux problèmes engendrés.
Parmi les autres mesures figurent l’annulation de tous les contrats de location d’avions de Cubana de Aviación, ce qui restreint l’accès aux appareils et, par conséquent, les recettes en devises étrangères.
Enfin, l’interdiction faite au gouvernement cubain d’acheter du carburant. Toutes ces mesures entraînent une limitation des recettes, paralysant les investissements et restreignant les transports.
De plus, toutes ces décisions entravent le commerce maritime et affectent directement la capacité de générer des recettes pour couvrir les dépenses publiques et honorer l’ensemble des obligations de l’État envers les tiers. Ces mesures, a-t-il réaffirmé, affectent en fin de compte le peuple cubain, créant un cercle vicieux d’obligations toujours croissantes, notamment un étranglement commercial.
Il a évoqué les conséquences financières et bancaires, ainsi que l’impossibilité d’accéder à certaines technologies (en particulier celles comportant 10 % ou plus de composants américains).
Tout ceci a un impact considérable sur les transports en général, alors même que le transport de passagers et de marchandises, essentiel à la survie du pays, ne diminue pas.
Les services de santé critiques sont également touchés, notamment par les pénuries de carburant et d’autres facteurs mentionnés.
Par ailleurs, les travailleurs subissent des répercussions sur leur charge de travail et leurs salaires. Il a souligné que les services publics, tels que les ambulances, sont confrontés à des pénuries et des limitations en matière de technologies, de ressources techniques, de finances et de carburant.
Il a précisé que Cuba possède sept ports de première classe, dix aéroports internationaux, plus de 8 000 kilomètres de voies ferrées et plus de 70 000 kilomètres de routes – une infrastructure qui nécessite des ressources importantes pour son exploitation et son entretien.
Malgré cela, les programmes de cette année sont axés sur quatre priorités : assurer la viabilité financière, la durabilité énergétique, l’impact social et l’impact environnemental.
Pour atteindre ces objectifs, les exportations sont diversifiées et encouragées. Face à l’impact considérable de la situation actuelle, des mesures sont prises concernant le carburant d’aviation et d’autres éléments afin d’atténuer ces répercussions. Cela a même contraint les compagnies aériennes opérant à Cuba à suspendre progressivement leurs activités.
Par conséquent, de nouveaux modèles de gestion sont mis en place, intégrant les activités étatiques et non étatiques afin de créer des opportunités.
Le ministre a présenté une longue liste d’initiatives pour la transition vers les énergies renouvelables, incluant l’électrification et d’autres solutions.
Parmi ces solutions figure un programme de mobilisation des ambulances et de transport des médecins, avec l’ambition d’étendre ces initiatives à d’autres provinces, à partir de celles mises en œuvre à La Havane.
Il a conclu en affirmant que les difficultés sont parfaitement comprises et qu’un plan précis existe pour surmonter cette situation. Cependant, le blocus constitue un obstacle majeur qui entrave considérablement les ambitions du secteur des transports.
SOURCE : PRENSA LATINA
