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Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères dément tout dialogue de haut niveau avec les États-Unis

par Reynaldo Henquen

Il n’y a pas de dialogue de haut niveau entre les gouvernements américain et cubain, a affirmé le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossío, dans une interview publiée ce jeudi par le quotidien mexicain La Jornada.

« Il n’y a même pas de dialogue à un niveau intermédiaire. Nous avons échangé des messages. Ce ne sont que les conversations habituelles qui existent depuis longtemps. Et encore moins », a-t-il précisé dans un contexte marqué par le renforcement de l’embargo américain.

Interrogé sur une éventuelle médiation entre les deux pays, le vice-ministre a déclaré : « Si la volonté politique le permet, comme cela s’est déjà produit, différents pays pourraient faciliter le processus. »

« Mais Cuba et les États-Unis entretiennent des relations diplomatiques. Nous avons même des ambassades dans nos capitales respectives. Un canal de communication n’est donc pas nécessaire. Ce qu’il faut, c’est la volonté », a-t-il souligné.

Selon lui, cette possibilité existe, mais elle exige que les États-Unis soient disposés à engager un dialogue sérieux et respectueux, qui tienne compte du fait qu’ils ne peuvent violer les droits et prérogatives souverains de l’une ou l’autre partie.

« Ce n’est pas une demande excessive. Rien de ce que propose Cuba n’est irrationnel. Cuba n’est pas un dominion américain. Ce n’est pas une colonie. Ni des États-Unis, ni d’aucun autre pays. C’est un État souverain », a-t-il souligné.

« Nous pensons qu’un dialogue avec l’administration du président (Donald) Trump est possible, mais celle-ci doit prendre en considération ses véritables intérêts nationaux, ses priorités, les éléments essentiels à sa sécurité nationale, ainsi qu’au bien-être et au niveau de vie de sa population », a-t-il déclaré.

Il a ajouté : « Il faut abandonner les fictions fabriquées par les milieux anti-cubains aux États-Unis, qui continuent de prospérer grâce à l’hostilité bilatérale. Il faut cesser de mentir en prétendant que Cuba est une menace, car c’est impossible. »

Le vice-ministre a rappelé que les Américains ne peuvent pas passer de vacances à Cuba et que les entreprises américaines ne peuvent ni y faire des affaires, ni y investir, ni y réaliser de profits, car Washington ne le permet pas.

« Les Cubains résidant aux États-Unis ne se rendent pas à Cuba, ne rendent pas visite à leurs familles et n’y font pas d’affaires en raison de la politique de menaces et d’intimidation dont ils sont victimes de la part des États-Unis. Le dialogue nous permettrait de lever toutes ces interdictions », a-t-il expliqué.

M. Fernández de Cossío a souligné que « la situation actuelle concernant le carburant ne date pas d’hier », puisque dès 2019, Washington a mis en place une politique consistant à « menacer de sanctions les entreprises de transport, d’assurance, de réassurance, et même les ports qui acheminent du pétrole brut vers Cuba ».

« La nouveauté de la mesure du 29 janvier réside dans les menaces de représailles économiques et commerciales qu’elle impose aux pays exportant du carburant vers Cuba », a-t-il déclaré, faisant allusion au décret signé ce jour-là par M. Trump.

Selon lui, cette mesure a des conséquences à deux niveaux : un impact cruel et très dommageable sur la population cubaine, et un impact mondial.

« La volonté de Washington de dicter au reste du monde s’il peut ou non vendre du pétrole à Cuba revient à porter atteinte à la souveraineté de ces nations », a souligné le vice-ministre des Affaires étrangères, avertissant que « ce qui arrive aujourd’hui à Cuba pourrait arriver à n’importe quel pays, sans exception ».

Plus tard dans la conversation, M. Fernández de Cossío a souligné le rôle primordial que joue le Mexique dans ses relations d’amitié et ses efforts de solidarité avec Cuba. (Source : Prensa Latina)

 

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