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Les Argentins rejettent la réforme de la loi sur les glaciers

par Reynaldo Henquen
Argentina glaciares

Par María Josefina Arce

Les glaciers, ces gigantesques et fascinantes masses de glace, sont considérés par les scientifiques comme une source de vie. Ils contribuent en effet à l’équilibre climatique et stockent plus de 75 % des réserves d’eau douce de la planète, entre autres.

L’Argentine, qui abrite l’un des dix plus beaux glaciers du monde – le glacier Perito Moreno, dans la province de Santa Cruz – a été le premier pays d’Amérique latine à adopter, il y a plus de quinze ans, une loi visant à préserver ces précieux écosystèmes.

Depuis son adoption, cette loi s’est heurtée à l’opposition de secteurs liés à l’industrie minière, qui cherchaient à en limiter la portée. Cependant, en 2019, la Cour suprême de justice a confirmé sa constitutionnalité et réaffirmé que ces zones constituent un bien public.

Mais aujourd’hui, les glaciers et les milieux périglaciaires sont de nouveau menacés. Le président Javier Milei, climatosceptique notoire, cherche à réformer cette législation, affirmant qu’elle entrave le développement de l’Argentine.

Le président argentin tente d’attirer des millions de dollars d’investissements miniers dans ces zones protégées par la loi, qui interdit toute activité susceptible d’affecter leur état naturel ou leur rôle de réserves d’eau stratégiques, d’écosystèmes ou d’attraits touristiques.

Les projets du gouvernement bafouent le droit à l’eau des Argentins et, selon les experts, mettent directement en danger 7 millions de citoyens, dont la plupart vivent dans des provinces arides comme Mendoza et San Juan, aux portes des Andes.

Les organisations environnementales ont averti que sans glaciers, il n’y a pas d’eau, et sans eau, il n’y a pas d’avenir, tout en affirmant que les intérêts des entreprises privées ne sauraient primer sur la survie de tous les Argentins.

En 2024, face aux protestations des écologistes et d’autres secteurs de la société, comme les agriculteurs et les communautés autochtones, Milei n’avait pas pu faire avancer sa réforme législative. Mais il s’y remet aujourd’hui.

En décembre dernier, le gouvernement a transmis au Congrès sa proposition, laissant aux provinces le soin de déterminer quels glaciers doivent être protégés et lesquels peuvent être ouverts à l’exploitation minière et aux activités d’hydrocarbures.

Le Parlement devrait débattre de la réforme proposée par le pouvoir exécutif avant la fin du mois. Cette réforme a déjà suscité des protestations et une campagne sous le slogan « On ne touche pas à la loi sur les glaciers ».

 

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