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L’Union africaine et la solidarité avec Cuba : quelques remarques

par Reynaldo Henquen
Cuba Unión Africana

Avant même la création de l’Union africaine en 2002, la communauté des États africains avait déjà fait preuve d’une conscience politique et d’un humanisme sans précédent sur une question multilatérale d’envergure internationale : l’embargo commercial, économique et financier imposé par le gouvernement américain à Cuba, formellement établi en février 1962 et signé par le président John F. Kennedy.

Par le biais de l’ancienne Organisation de l’unité africaine (OUA), les États africains soutenaient indépendamment les votes annuels sur l’embargo, que Cuba a présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies en 1992. Avec le vote récent, l’Union africaine, en tant que bloc, soutient désormais la résolution contre l’embargo pour la 17e année consécutive.

Indéniablement, grâce à la protection et à la défense constante de la Charte des Nations Unies, la communauté des États africains a soutenu Cuba révolutionnaire dans sa juste lutte contre la guerre économique imposée par Washington, qui s’est aggravée sous les deux administrations du président Trump.

Lors du sommet de l’Union africaine de 2026, l’organisation panafricaine a réaffirmé son soutien, précisément à un moment où ce soutien politique et moral est inestimable, face à l’escalade de l’agressivité qui a caractérisé le retour de Trump à la Maison Blanche, notamment en raison de son attitude envers la plus grande île des Caraïbes.

La reconnaissance du rôle de Cuba dans la lutte contre le colonialisme, le néocolonialisme et l’apartheid au XXe siècle demeure intacte. Ceci est particulièrement pertinent aujourd’hui, alors que l’Union africaine, en tant qu’organisation régionale, se concentre sur la tâche exigeante du développement du continent, pour laquelle il est essentiel de s’attaquer aux problèmes anciens et nouveaux qui affectent la région.

À cet égard, Cuba a eu une place et un rôle à jouer, d’abord par sa collaboration internationaliste, puis par sa coopération dans des secteurs dont l’efficacité est reconnue depuis des années, tels que l’éducation et la santé, pour ne citer que quelques exemples. Cette coopération a culminé avec la contribution des sciences médicales et biotechnologiques cubaines à la lutte contre la pandémie de COVID-19. Plusieurs pays africains ont bénéficié de brigades médicales spécialisées « Henry Reeve », avec des résultats positifs dans l’atténuation des effets du virus et la prise en charge des patients.

Il convient de souligner que la résolution de l’Union africaine contre le blocus américain de Cuba met en lumière l’importance et la portée du travail multilatéral mené par la diplomatie cubaine, qui a atteint son apogée avec l’intervention du commandant en chef Fidel Castro Ruz devant la session de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1960. Son discours fut déterminant par son sentiment de solidarité avec les peuples d’Afrique et du Tiers-Monde en général.

Le développement des relations bilatérales établies par Cuba avec diverses capitales africaines a également été significatif. Ce processus a abouti à la présence notable de missions diplomatiques africaines à La Havane à la fin du premier quart du XXIe siècle, confirmant non seulement la réciprocité, mais aussi la fluidité des liens tissés, et permettant d’aborder les questions d’intérêt commun.

L’action de l’île au sein des instances internationales, où elle a défendu les intérêts africains, a également joué un rôle important. Cette pertinence a récemment justifié l’attribution à La Havane du Sommet des 77 et de la Chine en septembre 2023, qui a réuni sur l’île des chefs d’État et de gouvernement africains.

Par ailleurs, la convergence politique et idéologique entre la pensée révolutionnaire cubaine et celle défendue par les pères fondateurs du panafricanisme – notamment l’anti-impérialisme, expression suprême de ce mouvement – ​​demeure d’actualité. Nombre de ces figures étaient des amis de Cuba, parmi lesquels Nasser, Nkrumah, Ben Bella, Agostinho Neto, Ben Barka, Julius Nyerere et Amílcar Cabral, figures emblématiques du mouvement d’unité continentale et du Tiers-Monde.

La valeur et la portée de cette résolution annuelle de l’Union africaine soulignent la justesse de la cause défendue par une nation qui a résisté à diverses formes d’agression de la part de l’hégémonie américaine. Les États-Unis, déterminés à renforcer la doctrine Monroe comme instrument de domination néocoloniale dans l’hémisphère occidental, considèrent cette domination comme indispensable à leur quête de restauration d’une puissance unipolaire.

(Rodobaldo Isasi Herrera, chercheur au Centre de recherche en politique internationale)

 

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