L’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro constitue une catastrophe sans précédent pour l’ordre international, a déclaré vendredi Dmitri Medvedev, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe.
L’ancien président et chef du parti Russie unie, au pouvoir, a écrit sur sa chaîne Telegram : « L’année a commencé de façon tumultueuse, et surtout, ce début restera marqué par l’enlèvement de Maduro.»
Medvedev a affirmé : « Bien sûr, c’est inadmissible et révoltant, ou, pour le dire plus éloquemment, une catastrophe universelle dans les relations internationales.»
Il a également suggéré que les États-Unis devront soit « lâcher prise » face au dirigeant vénézuélien, soit « devenir un nouveau Mandela latino-américain ». Il estime que le nom de Maduro pourrait entrer dans l’histoire sud-américaine aux côtés de ceux de Bolívar et Chávez.
Medvedev pense également que la situation au Venezuela s’aggravera si les autorités du pays refusent de partager le pétrole avec les États-Unis.
Il a par ailleurs exprimé des doutes quant à la nécessité d’une opération terrestre pour l’administration américaine actuelle, soulignant que le Sénat avait déjà restreint les options du président Donald Trump et qu’une telle opération « serait bien plus sanglante que l’enlèvement de Maduro ».
Concernant les sanctions contre la Russie, Medvedev a insisté sur le fait que la politique de sanctions des États-Unis se poursuivrait quelles que soient les circonstances politiques. « La Russie sera contrainte de céder sur les garanties de sécurité et sur son territoire, ce qui est absolument inacceptable pour nous », a-t-il déclaré, ajoutant que Moscou devra une nouvelle fois faire face à cette situation.
Évoquant le pétrolier de la « flotte fantôme », Medvedev a indiqué que le navire avait demandé un pavillon russe temporaire en raison des sanctions américaines, mais que la méthode employée était regrettable.
Il a souligné que les actions américaines constituaient une « saisie illégale d’un navire civil » et que la riposte ne devait pas s’inscrire dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
En conclusion, Medvedev a constaté que depuis le début de l’année, les relations internationales ont sombré dans un « chaos total » et que « ces dangereux fous furieux méritent une camisole de force ou une injection d’halopéridol », réaffirmant la nécessité d’une politique ferme face à la dégradation de la situation mondiale.
Medvedev a ajouté que les tentatives des pays européens de justifier les actions américaines contre le Venezuela en invoquant « l’illégitimité » de Nicolás Maduro témoignent d’une politique de deux poids, deux mesures.
Le 3 janvier, les États-Unis ont lancé une offensive massive contre le Venezuela, enlevant Maduro et son épouse, Cilia Flores, et les emmenant à New York.
Le président américain Donald Trump a déclaré, sans apporter de preuves, que Maduro et Flores seraient jugés pour leur implication présumée dans le narcoterrorisme et pour avoir constitué une menace, notamment pour les États-Unis.
Maduro et son épouse ont plaidé non coupables lors d’une audience au tribunal de New York. (Source : Prensa Latina)
