L’on dénonce que les Etats-Unis ont créé et manipulé Lava Jato au Brésil

Brasilia, 12 avril (RHC) L’opération Lava Jato s’est avérée être une stratégie réussie des États-Unis pour saper l’autonomie géopolitique du Brésil et protéger leurs propres intérêts, a dénoncé le journal français Le Monde, cité aujourd’hui par des médias locaux.

Le portail Consulteur Juridique assure que ce qui a commencé comme la 'plus grande opération anticorruption du monde' a dégénéré en le 'plus grand scandale judiciaire de la planète'.

Repris dans la version imprimée du Monde, le reportage a été écrit par le journaliste Nicolas Bourcier et Gaspard Estrada, directeur exécutif de l’Observatoire politique d’Amérique latine et des Caraïbes de l’Université Sciences Po de Paris.

Selon le site d’information, tout a commencé en 2007, sous l’administration de George W. Bush, alors que les autorités américaines étaient contrariées par le manque de coopération des diplomates brésiliens dans leur programme antiterroriste.

Pour pallier le désintérêt officiel, l’Ambassade des États-Unis au Brésil a commencé à investir dans la création d’un groupe d’experts locaux proches de ses intérêts et prêts à apprendre ses méthodes, 'sans ressembler à des pions' dans un jeu, selon un télégramme de l’ambassadeur Clifford Sobel, auquel Le Monde a eu accès.

Ainsi, cette année-là, le juge Sérgio Moro a été invité à assister à une réunion, financée par le département d’État, et pour profiter de l’avantage, les États-Unis ont créé le poste de 'conseiller juridique' à leur ambassade au Brésil, occupé par Karine Moreno-Taxman, spécialiste de la lutte contre le blanchiment d’argent et le terrorisme.

Par le biais du projet Ponts, la puissance du Nord a assuré la diffusion de ses méthodes, qui consistent à créer des groupes de travail anticorruption, l’application de sa doctrine juridique (récompense des dénonciateurs) et l’échange informel d’informations sur des cas, c’est-à-dire en dehors des canaux officiels.

Toute similitude avec Lava Jato n’est pas une simple coïncidence, note la publication.

En 2009, deux ans plus tard, Moreno-Taxman a été invitée à la conférence des agents de la Police Fédérale brésilienne à Fortaleza, capitale de l’état du Ceará (nord-est).

Devant plus de 500 professionnels, la Nord-américaine a appris aux Brésiliens à faire ce que les États-Unis voulaient : 'Dans les cas de corruption, poursuivre le 'roi' de manière systématique et constante pour le faire tomber'.

'Pour que le pouvoir judiciaire condamne quelqu’un pour corruption, le peuple doit haïr cette personne', a-t-il ajouté pour ne pas laisser de doute que 'la société doit sentir qu’elle a réellement abusé de sa charge et exiger sa condamnation'.

Le nom du président de l’époque, Luiz Inácio Lula da Silva, n’a pas été mentionné. Mais, selon les auteurs du rapport, le scandale du Mensalão (par achat de votes) était dans l’esprit de tous ceux présents.

 

Source Prensa Latina

Édité par Reynaldo Henquen



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