Paula Andrea Alí Rivera, actrice cubaine de renom et très appréciée, forte de plus de soixante ans d’expérience à la télévision, au théâtre et au cinéma cubains, s’est vu décerner le Prix national de la télévision 2026, la plus haute distinction remise à Cuba aux personnalités des médias pour l’ensemble de leur œuvre et leur carrière professionnelle.
Cette décision a été approuvée le 9 juillet 2026 par le Conseil d’administration de l’Institut de l’information et de la communication sociale (ICS), après évaluation de sa carrière artistique, de l’étendue de son travail et de l’impact public d’une carrière consacrée pendant plus de six décennies à la télévision, au théâtre et au cinéma cubains.
Le Prix national de la radio et de la télévision a été créé en 2002 par la résolution 56/02 de l’ancien Institut cubain de la radio et de la télévision (ICRT), afin de récompenser les professionnels du secteur artistique dont la contribution aux deux médias a été significative. Dans le cas de la télévision, la cérémonie de remise des prix coïncide avec l’anniversaire de sa fondation à Cuba, le 24 octobre 1950.
Le jury chargé de la sélection était composé de José Ramón Artigas Vázquez (président), Miguel Lino Patterson Meriño, Julio Pulido Castillo, Roberto Cornelio Ferguson, Julián Armando Pérez Delgado et Caridad Rojas Zayas. Migdalia Pérez en était le secrétaire.
À 88 ans, Paula Alí est un symbole de professionnalisme et de passion pour les arts. Son héritage est gravé dans la mémoire collective d’un pays qui l’admire depuis des années, et son nom est synonyme de dévouement, de talent et d’amour du jeu. Sans aucun doute, sa carrière continue d’inspirer les nouvelles générations d’artistes cubains, qui la considèrent comme un modèle pour son immense contribution à l’art et à la culture cubains. Sa présence à l’écran a également été marquée par une capacité unique à toucher les téléspectateurs.
Une vie consacrée au théâtre
Née le 26 janvier 1938 à Candelaria, Pinar del Río, Paula Alí fait ses débuts dans le monde artistique en 1959 comme mannequin de télévision. En 1965, elle rejoint le Teatro Martí, scène emblématique de la culture cubaine, et en 1970, elle intègre le groupe Teatro Estudio, l’une des compagnies les plus prestigieuses du pays, où elle travaille encore aujourd’hui.
Tout au long de sa longue carrière, elle a interprété des rôles dans des telenovelas, des téléfilms, des pièces de théâtre télévisées, des séries et des émissions humoristiques qui font partie intégrante du patrimoine audiovisuel cubain.
Parmi les productions télévisées où elle a marqué les esprits, on peut citer les telenovelas Enamorada del mar (1989), Retablo personal (1992), Las huérfanas de la Obrapía (1999), Salir de noche (2002) et ¡Oh, La Habana! (2007), L’Autre Coin (2014), Regarde encore (2021) et Les Enfants de Pandore (2022).
On se souvient également d’elle pour ses prestations dans des pièces adaptées au cinéma et à la télévision, telles que La Maison de Bernarda Alba et Santa Camila de la Vieille Havane, ainsi que pour sa participation à des émissions humoristiques comme Jurer de dire la vérité, Sherlot Holmes, Au plus près de Vedado, Conflit et Point G, cette dernière ayant été reconnue comme l’émission la plus populaire de 2005.
Une carrière au théâtre et au cinéma
Sur scène, Paula Alí a joué dans des œuvres majeures du théâtre cubain et international, sous la direction de personnalités renommées telles que Berta Martínez, Héctor Quintero, Vicente Revuelta, Abelardo Estorino, Roberto Blanco, Armando Suárez del Villar et Carlos Díaz.
Parmi ses prestations les plus remarquables, citons celles dans *La Maison de Bernarda Alba*, *Le Prix de la maigreur*, *Air froid*, *Sainte Camila de la vieille Havane*, *Yerma*, *La Mouette*, *La Célestine* et *Les Monologues du vagin*. Ces dernières années, elle a collaboré avec la troupe de théâtre El Público, où son rôle principal dans *La Célestine*, mis en scène par Carlos Díaz, a été très bien accueilli.
Sa filmographie comprend des films tels que *Lettres du parc*, de Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío ; *Rôles secondaires*, d’Orlando Rojas ; *L’Éléphant et le vélo*, *Guantanamera* et *Liste d’attente*, de Juan Carlos Tabío ; ainsi que *Miel pour Ochún*, d’Humberto Solás ; *Rien*, de Juan Carlos Cremata ; et *L’Amour parfait et erroné*, de Gerardo Chijona.
L’actrice a également porté son art sur les scènes internationales lors de tournées au Portugal, en Yougoslavie, en Espagne, en Équateur, au Venezuela et en Colombie.
Reconnaissance d’une carrière exceptionnelle
Tout au long de sa carrière, Paula Alí a reçu de nombreuses récompenses prestigieuses, dont le prix Segismundo et le prix UNEAC pour *Una mujer sola* (1990), le prix Caracol pour *El año que viene* (1994), le prix de la meilleure actrice au Festival international du film de Carthagène pour *Nada* (2003), le Prix national de la culture, la médaille Raúl Gómez García, le titre d’artiste émérite de la radio et de la télévision (2012) et le Prix du petit écran (2021). Le Prix national de la télévision 2026 vient couronner une carrière marquée par un dévouement et un engagement sans faille envers l’art dramatique.