D’anciens responsables du renseignement américain, réunis au sein du collectif Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS), ont adressé un mémorandum au président Donald Trump le jeudi 28 mai, l’avertissant qu’une attaque contre Cuba se solderait par un échec catastrophique.
Le document indique que la stratégie actuelle de Washington pourrait engendrer une catastrophe humanitaire dont les États-Unis seraient responsables, et souligne que toute option militaire plongerait le pays dans une guerre perdue d’avance, selon le journal télévisé cubain de midi.
D’après le texte, il n’existe aucune preuve de soutien opérationnel cubain à des organisations terroristes, ni de lien entre Cuba et les attaques soniques présumées, ni avec de prétendues bases d’espionnage russes ou chinoises visant les États-Unis.
Les signataires notent que même les secteurs souhaitant des changements internes s’uniraient pour défendre la nation contre toute agression étrangère, en raison du profond sentiment de souveraineté et de fierté nationale du peuple cubain.
Le mémorandum remettait également en question l’accusation portée contre le général Raúl Castro Ruz, chef de la révolution cubaine, concernant les événements de 1996, arguant qu’elle ne reposait sur aucun fait avéré, et critiquait le discours officiel présentant Cuba comme une menace extraordinaire pour la sécurité des États-Unis.
« L’effondrement orchestré par les États-Unis et l’imposition d’un gouvernement de notre choix se solderaient par un échec cuisant », affirmaient les anciens officiers dans l’une des déclarations les plus fermes du document.
Le texte avertissait qu’une opération contre Cuba accroîtrait la pression migratoire et créerait une situation imprévisible, tandis que la coercition et le blocus s’étaient révélés inefficaces depuis plus de soixante ans.
Parmi les signataires figuraient Fulton Armstrong, ancien officier du renseignement national pour l’Amérique latine ; Philip Giraldi, ancien officier des opérations de la CIA ; John Kiriakou, ancien enquêteur du Sénat ; Ray McGovern, ancien analyste de la CIA ; et Ann Wright, ancienne diplomate, entre autres.
Le mémorandum concluait que les négociations avec Cuba ne pouvaient aboutir qu’en l’absence de blocus et de menaces, et que la voie de l’agression était vouée à l’échec.
