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Discours prononcé lors du Plenum extraordinaire du Comité central du Parti communiste de Cuba

par Reynaldo Henquen

Discours prononcé lors de la séance de clôture du plénum extraordinaire du Comité central du Parti communiste de Cuba

Miguel Díaz-Canel Bermúdez, 18 juin 2026

Discours prononcé par Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et Président de la République, lors de la séance de clôture du plénum extraordinaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, au Palais de la Révolution, le 17 juin 2026, « Année du centenaire du commandant en chef Fidel Castro Ruz ».

(Version sténographique – Présidence de la République)

Camarades, membres du Comité central du Parti ;

Invités ;

Chers compatriotes cubains,

Ce plénum extraordinaire se réunit à un moment décisif pour Cuba. Fiers héritiers de l’héritage du Commandant en chef, nous, révolutionnaires cubains, sommes aujourd’hui confrontés à d’immenses défis qui exigent unité, fermeté idéologique, courage, audace et résilience créative.

Nous sommes guidés par notre leader, figure emblématique de l’avant-garde de la Génération du Centenaire et fervent défenseur de la continuité de la Révolution socialiste qu’il a contribué à bâtir de manière décisive, de ses fondements jusqu’à nos jours : le général d’armée Raúl Castro Ruz, Héros de la République de Cuba, qui nous enseigne chaque jour la valeur sacrée de l’unité.

Le contexte est extrêmement complexe et difficile en raison de l’agression implacable du blocus économique, commercial et financier renforcé imposé par le gouvernement des États-Unis et de l’intention criminelle qui sous-tend les actions hostiles de l’administration actuelle : tout d’abord, l’inscription de Cuba sur la tristement célèbre et fallacieuse liste des pays prétendument soutenant le terrorisme, et d’autres accusations tout aussi mensongères visant à discréditer l’autorité et la gestion du gouvernement, tout en privant le pays de toute source de devises étrangères.

Ce blocus a été encore intensifié par les décrets présidentiels du 29 janvier et du 1er mai, qui soutiennent l’embargo énergétique génocidaire et internationalisent le blocus, ainsi que par la persécution financière, énergétique et des investissements, au moyen de sanctions secondaires, poussant la pression à son paroxysme.

Parallèlement, la subversion politique et idéologique s’intensifie par la manipulation des médias sur les réseaux sociaux afin de nuire à la crédibilité de la Révolution, tant auprès des Cubains que des étrangers. Cela alimente la désorientation sociale dans un contexte national et international marqué par de profondes transformations de la structure socio-économique et de la géopolitique mondiale. Ces transformations sont la conséquence du pouvoir illimité d’une politique impériale hégémonique qui cherche à démanteler le multilatéralisme, alimente les mouvements néofascistes et exacerbe les tensions internationales, menaçant constamment la paix et la sécurité internationales et tentant de briser l’unité indispensable des forces de gauche.

Le génocide silencieux perpétré contre Cuba cause des dommages incommensurables et impose de terribles restrictions à notre vie quotidienne. Ses auteurs mentent effrontément au monde entier, niant le blocus énergétique et prétendant que nous bloquons l’entrée de millions de dollars de dons – des dons dont ils parlent beaucoup, mais qu’ils ont à peine versés.

Cuba résiste avec héroïsme et ingéniosité, mais subit depuis bien trop longtemps un châtiment barbare, immérité et insupportable, auquel s’ajoute désormais la menace d’une agression militaire, nouvelle arme contre la résistance collective.

Cuba est confrontée à un blocus cruel et à une véritable persécution financière quotidienne qui renchérit chaque goutte de carburant, chaque médicament, chaque produit alimentaire, chaque pièce détachée et chaque technologie dont le pays a besoin.

La réalité nous contraint à opérer des changements urgents et nécessaires. Face aux difficultés croissantes rencontrées par la population, le premier devoir du Parti communiste et du gouvernement révolutionnaire n’est pas de mieux expliquer la crise, mais de changer ce qui doit l’être pour la surmonter.

Un programme économique ambitieux et adaptable s’impose, un programme applicable à court terme qui conjugue stabilisation macroéconomique, incitations à la libéralisation productive, sécurité juridique, attractivité des investissements, utilisation intensive des technologies et protection sociale ciblée et efficace.

Rappelons qu’à la clôture du 11e plénum, ​​nous avons affirmé que le report du Congrès n’empêchait pas d’apporter les changements, modifications et ajustements nécessaires, en tenant compte des pouvoirs des structures du Parti et du Gouvernement, notamment ceux des plénums du Comité central lorsqu’il s’agit d’examiner les accords adoptés par les congrès du Parti.

À cette fin, un travail approfondi a été mené, s’appuyant sur le rapport et les débats du Congrès de l’ANEC, la consultation publique sur le Programme économique et social pour 2026, les avis d’économistes et d’experts, les débats et contributions de la Commission économique du Comité central du Parti, les Orientations de politique économique et sociale approuvées et mises à jour lors des VIe, VIIe et VIIIe Congrès du Parti, les propositions du XIe Plénum du Comité central, ainsi que les travaux des commissions chargées de préparer les documents du IXe Congrès du Parti, reporté pour les raisons que l’on connaît. Ce travail portait sur la mise à jour de la Conceptualisation du modèle économique et social, des Orientations et du Plan national de développement économique et social à l’horizon 2030.

Une étude des expériences de construction socialiste dans d’autres pays, comme la Chine et le Vietnam, a également été réalisée, et l’intelligence artificielle a été utilisée pour approfondir la recherche de références et évaluer les propositions au regard de notre législation et réglementation en vigueur.

Il s’agit de relever l’immense défi de poursuivre la construction du socialisme, de défendre la Révolution et ses acquis, et de perfectionner notre société, dans un pays soumis au blocus économique, financier, énergétique et commercial le plus cruel, le plus génocidaire et le plus prolongé, imposé par la nation la plus puissante du monde. Et pour surmonter cela, nous avons l’héritage de notre Commandant en chef, Fidel Castro Ruz (Applaudissements).

Jamais dans l’histoire de l’humanité, personne n’a été confronté au défi du socialisme dans les conditions auxquelles ce pays, cette nation et ce peuple sont confrontés aujourd’hui ! Sans aucun doute, nous surmonterons ce défi grâce à l’unité, au courage, à la participation populaire et à une conviction inébranlable en notre capacité à remporter la victoire.

Les transformations que nous proposons visent à promouvoir la défense du socialisme, à soutenir et à étendre la justice sociale, à créer de la richesse économique et à la répartir équitablement. Sans richesse, il n’y a rien à distribuer ; nous parlerions alors de justice sociale de manière abstraite. La justice sociale, telle que conçue par la Révolution, avec sa vocation humaniste, aide les plus démunis, généralement par le biais de programmes et de projets d’assistance gratuite. Cela ne coûte rien aux individus, mais coûte de l’État. Et pour la mettre en œuvre, l’approfondir, la pérenniser, l’État a besoin de richesse, et nous devons la produire. Sans richesse, il n’y a pas de justice sociale, et tout le reste n’est que du vent ! Soit nous produisons dans ces conditions, créons de la richesse, puis la distribuons dans le respect de la justice sociale et de l’équité, et non de l’égalitarisme. Tel est le défi !

Nous devons libérer les forces productives, privilégier l’augmentation de la production aux restrictions, car il est avéré que le contrôle sans offre ne fait que déplacer les opérations vers le marché informel.

L’égalité et l’intégration des acteurs économiques sont indispensables, conformément au Plan national de développement économique et social à l’horizon 2030 et aux stratégies de développement territorial et local des entreprises publiques, des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), des coopératives, des producteurs agricoles, des investisseurs étrangers et cubains, résidents et non-résidents : tous doivent agir et contribuer, dans le cadre de règles claires, au développement socio-économique du pays.

Nous devons exporter et produire pour attirer des devises étrangères et les utiliser de manière productive. Chaque devise étrangère entrante doit permettre de financer la production, les importations, les investissements, les salaires et les infrastructures.

La sécurité juridique doit être garantie : les contrats, usufruits, baux, concessions, droits de surface et licences doivent présenter une stabilité temporelle et être protégés contre toute modification arbitraire. Sans sécurité juridique, nul n’investit, nul ne prend de risques.

Il est impératif de promouvoir la numérisation et la traçabilité : facturation électronique, paiements numériques, registres publics et interopérabilité des données constituent les fondements de la lutte contre la fraude fiscale et la corruption.

La protection sociale doit être une priorité : il convient de remplacer les subventions inefficaces et généralisées par un soutien direct aux personnes vulnérables. Nous devons rester vigilants afin de veiller à ce qu’aucune action n’aggrave les inégalités sociales ; au contraire, il faut les réduire progressivement jusqu’à leur disparition.

Nous devons agir avec une ouverture sélective et intelligente : attirer les technologies, les financements, les marchés et les connaissances externes, tout en protégeant les secteurs stratégiques par la réglementation, et non par l’inaction.

Une mise en œuvre progressive et l’expérimentation sont nécessaires : les réformes doivent être menées par étapes et par le biais de programmes pilotes vérifiables, en maintenant le leadership de l’État et en rectifiant le tir en fonction des données probantes afin de maîtriser et de minimiser les coûts économiques et sociaux potentiels.

L’unité politique est également essentielle pour garantir la cohérence et la crédibilité des mesures, tout comme une communication claire et précise des décisions à mettre en œuvre afin de rallier le soutien aux transformations, et l’adoption de mécanismes compensatoires pour atténuer les impacts économiques et sociaux.

Nous devons travailler avec agilité, cohérence et qualité, et surtout, avec un contrôle rigoureux. Ce qui est approuvé doit être mis en œuvre efficacement.

Dans ce contexte, il est nécessaire d’avancer simultanément sur au moins cinq fronts :

Stabilisation macroéconomique et reprise des recettes extérieures.

Transformation du modèle économique et social.

Stimulation et relance du secteur agricole.

Renforcement de la comptabilité et du contrôle des coûts.

Anticipation et atténuation des coûts sociaux liés aux transformations nécessaires du modèle économique et social.

Ces cinq aspects sont très bien développés dans le rapport présenté par l’ANEC lors de son dernier congrès.

Le Commandant en chef nous a enseigné qu’en temps de crise, nous ne pouvons renoncer ni au développement ni à la réflexion, qu’aucun obstacle n’est insurmontable et qu’il existe toujours une opportunité de progresser. Et sur cette voie, le Général d’armée nous a montré que c’est possible, que cela a été fait et que cela le sera toujours.

La population connaît les causes de nombreuses difficultés que nous rencontrons, mais elle a aussi besoin de réponses concrètes, de décisions prises en temps opportun et de résultats tangibles au quotidien.

Certains obstacles ne viennent pas de l’extérieur ni d’un blocus. Il y a de la lenteur, de la bureaucratie, des réglementations qui entravent la production, et des décisions que nous avons reportées. Ce qui dépend de nous, nous devons le changer, et nous devons le changer maintenant.

Nous devons notre patrie à la résistance, mais aujourd’hui, la résistance seule ne suffit plus. L’heure est à la transformation : produire davantage, lever les obstacles, être plus à l’écoute, prendre de meilleures décisions et assumer nos responsabilités.

Nous proposons de mettre en œuvre un programme économique et social d’urgence, comprenant des mesures inscrites dans notre Programme gouvernemental et des politiques approuvées par le Parti, ainsi que des décisions qui ne peuvent plus attendre. Certaines ne feront pas l’unanimité, mais elles sont impératives. Chacune d’elles aura un responsable désigné, un calendrier précis, un indicateur pour mesurer sa mise en œuvre et une obligation de rendre des comptes publiquement à la nation.

Ce qui fonctionne sera développé. Ce qui ne fonctionne pas sera corrigé sans délai. Quiconque porte une responsabilité devra en rendre compte, et si quelqu’un ne peut répondre aux exigences de la situation, il devra, en toute responsabilité, céder sa place à une personne plus compétente.

Nous abordons ce processus comme le défi des générations qui, aujourd’hui, défendent la Patrie, la Révolution et le Socialisme.

Concernant le système de gestion économique, je tiens à souligner que l’aspect le plus important est que la planification centrale, si nous adoptons ces transformations, n’aura pas pour fonction de gérer l’économie, mais plutôt de créer un environnement institutionnel et réglementaire approprié afin d’inciter les entreprises et les travailleurs à produire des biens de qualité et à fournir des services efficacement, ainsi qu’à introduire des innovations dans leur gestion à ces fins.

Et nous devons absolument veiller à ce que le Plan soit élaboré à partir de la base, avec la participation des travailleurs.

Nous poursuivrons la restructuration de l’appareil d’État, de l’État, du Parti et des institutions. Nous intégrerons les structures là où cela est nécessaire, examinerons les doublons, réduirons les étapes inutiles et optimiserons en permanence la gouvernance et les services publics. Ces structures doivent être plus dynamiques, plus proactives et moins bureaucratiques.

L’une des tâches les plus importantes et les plus urgentes est de renforcer le développement du pays à partir de la base, en commençant par le niveau municipal.

Il est impératif de libérer le potentiel des collectivités locales et de veiller à ce qu’elles disposent et puissent pleinement utiliser tous les pouvoirs possibles pour développer leurs activités.

Aucune réforme économique ne sera suffisante si l’entreprise publique socialiste, qui demeurera la pierre angulaire de l’économie, est dépourvue de la capacité réelle de gérer, d’innover et de rendre compte de ses performances.

Il est essentiel de réformer la gestion des entreprises publiques en s’appuyant sur une véritable autonomie, une évaluation économique et financière, la séparation des fonctions étatiques et commerciales, et l’application du principe « appliquer ou expliquer » – afin d’éviter que la réglementation ne devienne un obstacle lorsqu’une solution plus avantageuse et tangible existe.

Pour ce faire, nous progresserons dans deux directions : une plus grande autonomie réelle pour les entreprises et une gestion plus professionnelle des actifs de l’État par le biais de l’Institut national des actifs commerciaux, chargé de représenter les propriétaires des moyens de production, d’évaluer les performances, d’exiger l’efficacité et de mieux séparer la fonction commerciale de la fonction réglementaire des ministères.

L’autonomie ne signifie pas absence de contrôle, elle implique un cadre de responsabilité ; Cela signifie être capable de décider à temps, de mieux s’associer, de mieux investir, de mieux payer et de rendre compte des résultats devant le peuple et devant l’État.

L’entreprise publique doit être renforcée et non remplacée par des mécanismes administratifs qui l’immobilisent. Pour ce faire, il faut achever la séparation entre les fonctions de l’État et des entreprises, évaluer les performances avec des outils économico-financiers et accorder une véritable autonomie pour gérer les ressources matérielles, financières et humaines, avec ensuite contrôle, transparence et responsabilité.

Il n’y a pas de souveraineté avec une assiette vide. La nourriture du peuple cubain sera traitée comme ce qu’elle est : une question de sécurité nationale.

Et il faudra mettre un terme aux terres inutilisées à Cuba. Chaque parcelle de terre aujourd’hui couverte de marabouts, alors qu’elle devrait produire de la nourriture, devra avoir une réponse claire : soit elle commence à produire, soit elle est donnée à celui qui le souhaite.

Nous allons étendre la fourniture de terres en usufruit à ceux qui veulent et peuvent produire : producteurs, coopératives, MPME et formes associatives, sans jamais renoncer à la souveraineté nationale ni se replier vers le pays dépendant que nous avons laissé derrière nous avec la Révolution.

Nous allons reconnaître à ceux qui travaillent la terre le droit d’investir dans ce dont ils ont besoin pour la faire produire, et à ceux qui s’engagent sur des résultats réels, qui peuvent importer directement les semences, l’engrais, la pièce, le matériel. Mais un principe doit être clair : la terre continuera d’appartenir au peuple ; et s’il ne produit pas, s’il ne sert pas le pays, s’il ne remplit pas sa fonction sociale, il devra passer entre les mains de celui qui pourra le mettre en production.

Le paysan cubain ne peut pas continuer à demander plus de nourriture avec moins d’outils et avec des prix inférieurs à ses coûts, il doit disposer de mécanismes qui lui permettent d’accéder directement aux devises étrangères, comme la vente aux exportateurs, comme c’est le cas du tourisme, ou au marché des changes.

Nous devons faire de la terre une opportunité et non un fardeau, que celui qui sème voit le fruit de son effort, que celui qui produit puisse vivre mieux et que celui qui investit dans les campagnes trouve la sécurité, le soutien et un avenir.

Cuba a besoin de ses agriculteurs, de leur travail et de leur confiance. Lorsque la campagne cubaine sera un chemin de prospérité pour ceux qui y travaillent, le pays sera plus fort, plus juste et plus souverain.

En ce qui concerne le commerce extérieur, les exportations, la logistique et les chaînes de valeur, nous devons autoriser les importations et exportations directes pour les entreprises étatiques et non étatiques, productives, exportatrices ou de substitution aux importations, en maintenant les exigences techniques et fiscales, mais en éliminant l’intermédiation obligatoire.

Concernant la renégociation de la dette, nous devons procéder à une conversion de dette en actifs, axée principalement sur l’échange d’actifs nationaux contre de la dette, sans pour autant céder définitivement la propriété de ces actifs. Ce mécanisme nous permet d’obtenir des financements et d’autres avantages sans perdre nos droits de propriété sur ces actifs.

Nous devons également explorer d’autres mécanismes, tels que la dette contre nature ou la dette contre développement social, l’émission d’obligations pour les Objectifs de développement durable, et d’autres encore.

Nous allons revoir en profondeur la liste des activités interdites au secteur privé, en suivant un principe clair : remplacer l’interdiction par une réglementation responsable chaque fois que cela est possible. Le pays doit ouvrir des voies légales, avec des règles claires et des contrôles appropriés, pour ces activités.

Nous allons également assouplir le champ d’application de l’objet social des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et des autres acteurs économiques, afin d’alléger considérablement le fardeau bureaucratique auquel de nombreux entrepreneurs sont actuellement confrontés. De plus, nous devons accélérer la création de partenariats économiques entre les entités de gestion publiques et privées.

Les investissements étrangers sont également confrontés à un ensemble d’obstacles qui freinent leur croissance nécessaire. Nous devons non seulement indiquer aux investisseurs étrangers où investir, mais aussi leur donner les moyens d’investir dans le secteur économique qui les intéresse et de choisir directement leurs employés, sans intermédiaires étatiques.

Nous devons autoriser les investissements directs étrangers dans le secteur privé national, y compris les micro, petites et moyennes entreprises (MPME), en définissant des règles claires concernant la propriété, le rapatriement des fonds, le réinvestissement et le règlement des différends.

Nous devons faciliter la mise en place de modèles d’investissement aux modalités variées, impliquant toutes les parties prenantes, en particulier les Cubains résidant à Cuba. Quant aux Cubains de l’étranger qui souhaitent investir, faire des dons, importer des technologies, ouvrir un marché ou développer un projet dans leur pays, nous leur offrirons un cadre clair, stable et respectueux, sans les considérer avec suspicion pour leur volonté d’aider leurs compatriotes ou de contribuer au développement de leur patrie. À tous ceux qui veulent construire avec Cuba, sans rien leur imposer, nous disons sincèrement : bienvenue chez vous, car Cuba ne peut se permettre de perdre aucun Cubain de valeur. (Applaudissements)

La panne d’électricité n’est pas qu’un problème de mégawatts ou de déficit de production. C’est un enfant qui n’a pas pu réviser pour son examen, des aliments qui se sont gâtés dans le réfrigérateur, une personne âgée qui a passé une nuit blanche à souffrir de la chaleur. C’est un hôpital qui fonctionne à plein régime, un cabinet médical qui ne peut plus stocker de médicaments, un employé qui perd une journée de travail, une entreprise qui doit fermer ses portes. C’est pourquoi l’énergie n’est pas un problème technique ; c’est un enjeu humain, économique et national.

Nous allons accélérer l’intégration de l’énergie solaire dans l’économie nationale, comme nous l’avons déjà fait. Pour ce faire, nous faciliterons l’entrée directe des entreprises étrangères fournissant des panneaux, des batteries, des onduleurs et des solutions connexes, en réduisant les intermédiaires qui augmentent les coûts pour la population et le pays.

Les droits de douane sur l’importation de technologies solaires, de systèmes de stockage et d’équipements d’économie d’énergie ont déjà été supprimés. Nous allons maintenant procéder à la suppression des taxes sur leur vente et sur les services liés à leur installation et à leur maintenance.

De plus, nous mettrons en place des mécanismes de crédit et de financement afin que ces solutions ne soient pas réservées à une minorité, mais puissent progressivement bénéficier aux foyers, aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME), aux cabinets médicaux, aux établissements d’enseignement, aux maisons de retraite et aux autres services essentiels à la population. Nos entreprises et techniciens cubains, publics comme privés, seront au cœur de cet effort, assurant l’installation, la maintenance, la réparation, l’intégration et la création d’emplois. Les entreprises cubaines pourront se spécialiser dans l’installation, l’intégration, l’exploitation et le support de ces technologies.

Nous encouragerons le transport électrique alimenté par des sources d’énergie renouvelables. Tout véhicule électrique destiné au transport public, privé ou léger, fonctionnant entièrement ou principalement à l’énergie solaire, pourra bénéficier d’incitations spéciales, d’exonérations tarifaires, de la suppression de la taxe sur les ventes et d’un accès facilité aux chargeurs, batteries, pièces détachées et solutions connexes.

Nous favoriserons également l’installation de bornes de recharge solaires dans tout le pays grâce à des investissements étrangers, privés, coopératifs et publics, en priorisant les axes urbains, les sites touristiques, les zones de production et les services essentiels. Parallèlement, nous mettrons en place une procédure accélérée d’octroi de licences aux prestataires de transport, aux taxis électriques et aux services de mobilité associés, sous réserve de règles claires, d’un contrôle technique rigoureux, de la sécurité routière et d’une tarification transparente.

La priorité absolue est accordée à ceux qui ne peuvent attendre une amélioration de la conjoncture économique, car certaines difficultés ne connaissent pas d’échéance. Une véritable justice sociale ne saurait reposer sur des prix artificiellement bas qui, à terme, engendrent pénuries, files d’attente interminables, bas salaires et marché noir.

La justice sociale se fonde sur des bases solides : des revenus dotés d’un pouvoir d’achat, une protection directe pour les plus démunis et une économie nationale capable de produire davantage. Il n’y a pas de solution miracle ; il ne s’agit pas d’idées nouvelles, mais de décisions que le pays a débattues et approuvées il y a des années. L’erreur n’a pas été de les proposer, mais de les reporter, et cette période d’atermoiements doit cesser.

Un panier alimentaire de base sera garanti aux retraités, aux familles d’enfants atteints de maladies chroniques et aux populations vulnérables. Des programmes ciblés de transformation sociale seront mis en œuvre dans les quartiers les plus défavorisés. Nous devons accorder un rôle plus important et inciter davantage les secteurs public et privé à s’impliquer dans la résolution des problèmes locaux prioritaires, tels que les soupes populaires, l’assainissement et les centres d’accueil pour enfants sans soutien familial. Grâce à ces décisions, ils auront de nouvelles missions concrètes : verser les pensions aux retraités près de chez eux pour leur éviter de longues files d’attente sous le soleil ; financer les soupes populaires, les maisons de retraite, les centres pour personnes âgées et les centres pour enfants ; créer des quotas de solidarité et des programmes à prix coûtant pour ceux qui en ont réellement besoin ; et numériser l’ensemble du système afin de garantir la transparence des contributions, des bénéficiaires et des résultats.

Pendant des années, nous avons fonctionné selon un système de salaires contrôlés, de prix réglementés et d’un État subventionnant une part importante de l’économie nationale. Ce système avait ses raisons, son contexte, ses résultats et sa pertinence à une époque donnée ; mais il ne correspond plus à la complexité de la réalité actuelle. Le coût de la vie pour une famille est devenu trop éloigné du revenu d’un actif ou d’un retraité, et nous ne pouvons plus faire comme si cet écart n’existait pas.

Nous ouvrirons également de nouvelles voies pour un accès sûr aux médicaments.

Concernant les politiques de consolidation budgétaire, fiscale, monétaire et financière, nous proposons que l’objectif principal de la réduction du déficit budgétaire réside dans l’augmentation de la production, qui est la base de l’imposition, et dans la diminution des dépenses budgétaires superflues. Par conséquent, nous corrigerons également une politique qui n’a pas donné les résultats escomptés.

En pratique, les plafonnements des prix n’ont pas permis de maîtriser l’inflation. Ils ont souvent entraîné la disparition de produits, un recours accru à l’illégalité, une hausse des prix, une baisse des recettes fiscales et une course impossible entre les prix réels et des décisions administratives toujours tardives ou inflexibles, ignorant l’évolution de la réalité économique. Cela a limité tous ceux qui souhaitent développer leur activité économique dans le cadre légal et de manière transparente. Par conséquent, nous n’imposerons pas de plafonnement des prix généralisé, comme l’a expliqué le Premier ministre. Nous devons corriger les distorsions du système fiscal qui augmentent actuellement le coût des chaînes de production et, en fin de compte, répercutent ces coûts sur le prix final.

Nous allons évoluer vers une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) déductible et progressivement soutenue par la facturation électronique, afin d’éviter une cascade de charges fiscales. Cependant, ces décisions ne pourront être mises en œuvre que conjointement avec une protection sociale plus directe et efficace, un passage de la subvention des produits à la subvention des personnes, et un effort pour restaurer le pouvoir d’achat des salaires et des pensions. Il ne s’agit pas de laisser quiconque se débrouiller seul face au marché, mais d’assurer une meilleure protection, d’accroître la production, de mettre en place une réglementation intelligente et une planification réaliste.

Nous avons besoin d’un système financier qui soutienne l’économie, soit fonctionnel pour les différents acteurs économiques, réduise les délais, facilite les paiements, rende les transactions transparentes et transforme l’épargne, le crédit et l’investissement en outils concrets de développement.

Nous devons moderniser en profondeur le système bancaire et financier du pays. Pour cela, Cuba a besoin de banques plus agiles et plus numériques, des banques plus proches des citoyens et plus utiles à ceux qui produisent, exportent, importent, investissent ou créent des entreprises.

Nous ouvrirons des espaces, sous une réglementation stricte, aux institutions financières privées et étrangères. De nouveaux mécanismes de crédit, des financements productifs, le développement des marchés financiers et des services de paiement, auxquels peuvent participer les acteurs étatiques, coopératifs et privés, sont mis en place. L’objectif est de simplifier au maximum les démarches administratives telles que le versement des pensions, la réception des transferts de fonds de l’étranger, le paiement des services, la demande de prêts, le financement des récoltes, l’achat de matériel ou les transferts de fonds pour la production.

Il s’agit également d’autoriser les comptes à l’étranger, les paiements en devises entre entreprises et les transactions internationales auditables pour les acteurs qui importent, exportent ou fournissent des services à l’échelle mondiale.

Il ne s’agit pas d’affaiblir le rôle de l’État, mais de renforcer et de moderniser la capacité du pays à financer la production, à soutenir les producteurs de biens et de services, à fluidifier les flux financiers et à offrir de meilleurs services à la population.

Nous allons transformer la transformation numérique, les logiciels et l’intelligence artificielle en outils transversaux pour le développement de l’agriculture, du secteur énergétique, de la santé, de l’éducation, du commerce extérieur, de la banque, du commerce numérique, de la logistique, du tourisme et de la fiscalité.

Des propositions concrètes concernant les logiciels, l’intelligence artificielle, l’économie de la connaissance et l’économie numérique doivent être présentées comme une infrastructure transversale essentielle pour stimuler la productivité nationale. Il ne s’agit pas seulement d’exporter des logiciels, mais aussi de numériser les paiements, la fiscalité, le commerce extérieur, l’agriculture, la santé, l’énergie, la logistique, l’administration publique et les statistiques.

En matière de tourisme et d’immobilier, de nouveaux modèles économiques doivent être mis en œuvre, avec la participation de tous les acteurs économiques. Un marché immobilier réglementé et productif doit être développé, incluant : la location des biens immobiliers publics inexploités, la location de bâtiments, de locaux, d’entrepôts, de bureaux, d’infrastructures touristiques, d’ateliers et d’espaces industriels, les concessions, les droits d’usage des biens et des procédures d’appel d’offres transparentes pour les acteurs publics, privés, coopératifs ou mixtes.

Nous avons abordé la question des importations de carburant et de l’ensemble des secteurs ouverts au secteur privé, mais il s’agit maintenant de garantir des marges bénéficiaires raisonnables, transparentes et équitables.

Concernant les importations de véhicules, nous devons supprimer tous les obstacles à l’importation, donner la priorité à l’importation de véhicules électriques et, bien sûr, développer le réseau de bornes de recharge.

Je sais que la dollarisation partielle de l’économie, l’inflation et le manque de nombreux produits disponibles en monnaie nationale sont préoccupants, et à juste titre. Nous n’allons pas ignorer ce problème. Les modèles commerciaux que nous autorisons en devises étrangères doivent contribuer directement et de manière vérifiable à une augmentation des recettes en devises étrangères, nous permettant ainsi de maintenir notre offre en monnaie nationale.

Nous devons être plus rigoureux quant à l’utilisation des plateformes de paiement numérique. Nous devons élargir les procédures d’agrément pour le commerce de gros et de détail, en supprimant les intermédiaires, et nous devons impérativement mettre en place la facturation électronique.

Nous devons supprimer les barrières salariales qui empêchent la rétention des talents et de la main-d’œuvre hautement qualifiée dans les secteurs productifs, d’exportation, technologiques, énergétiques et agro-industriels, et autoriser une rémunération variable en CUP et en devises étrangères, liée à des résultats vérifiables en matière d’exportations, de réduction des importations, d’augmentation de la productivité, d’innovation, de disponibilité énergétique ou de ventes à l’étranger.

En matière de gouvernement numérique, de données publiques et de contrôle intelligent, nous devons mettre en œuvre la facturation électronique obligatoire et progressive pour les contribuables moyens et grands ; puis l’étendre aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et aux travailleurs indépendants, avec des outils simples adaptés à la connectivité du monde réel.

Moderniser le Système statistique national et l’ONEI (Office national des statistiques et de l’information) par la numérisation des données des entreprises et des organismes, leur publication via des applications de service public basées sur l’intelligence artificielle et la protection des données sensibles.

L’intelligence artificielle doit être utilisée pour simplifier les procédures, traiter les documents numérisés, détecter les erreurs, valider les fichiers, authentifier les documents et réduire les charges administratives.

La qualité des services à la population doit être améliorée par la conception de nouvelles approches pour chaque problème.

Nous devons également nous attaquer sérieusement à un problème qui affecte quotidiennement la vie de millions de Cubains : la collecte des déchets solides. Nous mettrons en œuvre des projets locaux pour améliorer la collecte, le traitement et l’élimination des déchets solides, dans lesquels ceux qui pèsent le plus sur le système devront aussi contribuer davantage à sa pérennité.

Mais cette solution ne sera pas uniquement étatique ; elle intégrera les investissements étrangers dans le secteur non étatique, le monde des affaires, les collectivités et les initiatives novatrices qui contribuent à restaurer la propreté, l’ordre et la salubrité de nos villes et de nos communautés.

Camarades :

Cuba n’a plus besoin de tergiversations ; elle a besoin de solutions. Il ne s’agit pas de créer plus de bureaux ni de multiplier les réunions, mais d’obtenir des résultats concrets.

Gouverner, c’est résoudre les problèmes, lever les obstacles, apporter son soutien et veiller à ce que les décisions se traduisent par des améliorations réelles. Car créer à Cuba, investir à Cuba, travailler à Cuba et rester à Cuba dépendent aussi de la capacité du pays à ouvrir la voie, à s’organiser intelligemment et à soutenir ceux qui souhaitent contribuer.

Outre les opportunités économiques, nous favoriserons également la création d’espaces concrets permettant aux jeunes d’agir au sein de leurs communautés.

Le Réseau jeunesse communautaire doit offrir aux jeunes un tremplin vers des formations, des emplois, des occasions de servir leur communauté et de transformer une idée en un projet concret. Ce réseau doit coordonner des initiatives utiles dans les quartiers : revitalisation des espaces publics, soutien aux personnes vulnérables, activités culturelles et sportives, formation professionnelle et technique, communication communautaire, projets productifs, emploi local et soutien aux jeunes à risque.

Il ne s’agit pas de créer une structure de plus ni de simplement convoquer les jeunes pour qu’ils reçoivent des conseils ; Il s’agit de leur donner les compétences, les outils, les connaissances, les responsabilités et les espaces nécessaires pour transformer leur environnement. Car rester à Cuba doit aussi signifier avoir un lieu où ils peuvent être utiles, s’épanouir, apprendre, diriger et construire leur avenir, à commencer par leur quartier, leur école, leur lieu de travail et leur municipalité.

Nous connaissons notre pays ; nous savons où se situent les obstacles, où la corruption sévit, où règne l’inertie et où la honte et la dignité font défaut.

Chaque mesure annoncée sera assortie de responsabilités, d’échéances et d’indicateurs précis. Nous rendrons compte des progrès accomplis, des éventuelles lacunes et des corrections nécessaires.

Certaines mesures, afin de les protéger de ceux qui cherchent à les saboter, devront être traitées avec discrétion. Martí nous a déjà appris que certaines choses, pour être réalisées, doivent rester secrètes ; mais la discrétion ne sera jamais un prétexte pour dissimuler quoi que ce soit au peuple.

En tant que peuple, nous ne nous contenterons pas de résister ; nous nous appellerons à créer, à produire, à décider, à superviser, à prospérer et à transformer, car ce que nous entreprenons aujourd’hui ne peut être réalisé par un gouvernement seul. Nous agissons tous ainsi, ou nous ne le faisons pas du tout : avec l’agriculteur qui reprend ses cultures, avec la micro, la petite et la moyenne entreprise qui ose se lancer, avec le technicien qui installe le premier panneau solaire, avec l’enseignant, avec le médecin, avec le jeune qui décide de rester et d’investir dans sa terre, avec le Cubain de l’étranger qui tend la main – avec vous, avec moi, avec chacun d’entre nous.

Nous ne nierons pas les problèmes, nous ne défendrons pas la bureaucratie, nous ne fermerons pas la porte aux talents, nous n’abandonnerons pas les plus vulnérables et nous ne permettrons jamais que les souffrances de ce peuple, causées par le blocus impérialiste pervers, soient instrumentalisées contre la souveraineté de la patrie (Applaudissements).

Rien ne sera impossible si nous considérons ce défi comme une opportunité et l’histoire comme une source d’inspiration !

Céspedes, Agramonte, Maceo, Gómez, Martí, Mella, Villena, Guiteras, Che, Camilo, Almeida, Fidel et Raúl, tous nos héros, ont affronté des épreuves aussi difficiles, voire plus difficiles encore, que celles que traverse aujourd’hui la nouvelle génération révolutionnaire. Tous ont surmonté ces défis avec honneur et gloire, même ceux tombés au combat sans remporter la victoire, car ils nous ont légué des leçons de courage qui perdurent encore aujourd’hui, comme l’a démontré le 3 janvier dernier, lorsque 32 combattants cubains sont tombés face à des troupes d’élite bien supérieures en nombre et en ressources.

Aucune révolution n’a été facile, et la nôtre a eu l’audace de survivre à six décennies de blocus, de lois génocidaires, de guerre hybride et d’une escalade de mesures coercitives unilatérales qu’aucune autre nation n’a endurée, ni n’endurerait, aussi longtemps.

En ce centenaire de la naissance du Commandant en chef Fidel Castro et pour le 95e anniversaire du Général d’armée Raúl Castro Ruz, le plus bel hommage que nous puissions rendre à l’œuvre admirable de nos deux figures historiques est de la défendre et d’en préserver l’essence de justice sociale, face au tourbillon de guerres d’agression, de menaces d’invasion et de processus néocoloniaux qui, tels un géant de sept lieues, déferlent sur le monde et s’abattent sur nos vies.

Nous sommes tous appelés à l’action, et ensemble, nous vaincrons.

Vive Cuba libre ! (Exclamations : « Vive ! »)

Vive le peuple cubain héroïque ! (Exclamations : « Vive ! »)

Vive la souveraineté de la nation cubaine ! (Exclamations : « Vive ! »)

Socialisme ou la mort !

La Patrie ou la mort !

Nous vaincrons ! (Exclamations : « Nous vaincrons ! »)

(Applaudissements)

SOURCE: Traduit du texte en espagnol publié par le site de la Présidence de la République de Cuba

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