« Un jour de 1992, nous avons commencé à peindre sans nous rendre compte que nous n’avions pas demandé la permission ; c’est ainsi que nous avons dû réaliser tant d’œuvres à l’intérieur et à l’extérieur de ces murs, et la vie nous a donné raison. »
Cette certitude vient de Ramón Silverio Gómez, et nous la reproduisons avec le respect dû à celui qui a fait de la diversité, de la liberté et de l’espoir son étendard quotidien. La fresque qui représente aujourd’hui El Mejunje à Cuba et dans le monde est l’œuvre d’un collectif d’artistes du Fonds cubain pour les biens culturels, mais elle incarne aussi l’essence même de cette ville du centre de Cuba.
El Mejunje sera toujours du bon côté. Photos de l’auteur.
El Mejunje sera toujours du bon côté.
C’est précisément dans cette sorte de cathédrale de la diversité qu’est El Mejunje que « Recuerdos del Batey » (Souvenirs du Batey), l’une des œuvres emblématiques de la compagnie théâtrale dirigée par Silverio, sera de retour sur scène ce vendredi 1er mai à la salle Margarita Casallas, avec deux représentations à 17h et 20h. Cette reprise s’inscrit dans le cadre des célébrations du 40e anniversaire de la brigade artistique Los Colines, une avant-garde d’acteurs et de promoteurs culturels sous l’égide d’un homme également lauréat du Prix national de la culture communautaire, mentor pour les jeunes et figure paternelle pour tous.
Et pourquoi maintenant ?
Pour Silverio, faire revivre cette production après plus de vingt ans au répertoire – elle date de 2002 – est une nécessité urgente compte tenu de la situation critique que traverse la culture rurale, marquée par l’exode rural, l’essor des nouvelles technologies et le risque de perte d’authenticité.
« La pièce n’est rien de plus que cela », affirme le metteur en scène ; « elle est profondément liée à mes souvenirs, à ma vie à la campagne, à tout ce que j’ai fait à cette époque. »
El Mejunje sera toujours du bon côté.
Sur scène, un miracle se produit.
Une famille rurale (composée de personnes âgées prisonnières de la solitude de la campagne) découvre un soir que se remémorer son passé peut devenir un divertissement. Ils se plongent alors dans des parties de dominos, des contes de morts et de fantômes, des mascarades, des pétards annonçant de nouveaux amours, des veillées funèbres et même les représentations du cirque misérable qui voyageait jusqu’aux contrées les plus reculées. Parallèlement à cette intrigue humoristique se déroule une autre histoire, plus spirituelle : la mère de famille s’est suicidée par amour.
El Mejunje sera toujours du bon côté.
Et la troupe répond présente.
Silverio a la chance de compter encore parmi ses acteurs plusieurs personnalités ayant participé à la création de la pièce originale, notamment Idania García Castiñeira et Nelson Águila Pérez. « C’est une pièce très drôle et très bien interprétée, que nous jouons avec grand plaisir. Nous sommes convaincus qu’El Mejunje n’a jamais dévié de sa voie ; nul ne devrait douter que nous resterons du bon côté », a-t-il conclu.
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