La tension est palpable aujourd’hui dans le département bolivien de La Paz, où des groupes mobilisés maintiennent des blocages dans la ville d’El Alto, notamment sur l’axe routier stratégique menant à Viacha.
Depuis lundi matin, les manifestants bloquent la route, provoquant d’importants embouteillages et des perturbations pour les automobilistes et les passagers qui, en ce début de semaine, tentaient de rejoindre El Alto et les municipalités voisines.
Ces marches et blocages s’inscrivent dans un contexte de protestations menées par divers secteurs de la société contre le gouvernement du président Rodrigo Paz, dont certains réclament la démission.
Concernant la circulation, plusieurs chaînes de télévision ont signalé des fermetures de routes sur des tronçons de Viacha, Río Seco et dans d’autres zones proches du siège du gouvernement et de l’Assemblée législative plurinationale.
Le gouvernement maintient sa stratégie de dialogue avec les représentants des groupes sociaux mobilisés et leur propose certaines concessions relatives à leurs revendications en échange de leur démobilisation.
Ce lundi, la ville d’El Alto, habituellement si animée, a vu ses commerces désertés, tandis que des centaines de manifestants fidèles à Evo Morales, ayant déjà parcouru plus de 170 kilomètres lors de la Marche pour la Vie, étaient attendus en direction du centre-ville de La Paz.
Parallèlement, des groupes de paysans ont érigé un barrage ce lundi dans le secteur de Huayllani, dans la municipalité de Sacaba, bloquant la circulation sur la nouvelle autoroute reliant Cochabamba à Santa Cruz, malgré le déploiement policier en cours depuis l’aube.
Un contingent de police a installé des tentes et patrouille pour empêcher la fermeture de l’autoroute.
Néanmoins, les manifestants ont renforcé leur barricade à quelques mètres seulement des forces de l’ordre.
Du côté gouvernemental, suite à l’opération « Couloir humanitaire » menée samedi dernier par les forces de police renforcées par l’armée, le pont Parotani reste ouvert et gardé en permanence par ces mêmes forces afin de prévenir tout nouveau trouble.
Dans ce contexte, le directeur de la Chambre des exportateurs, de la logistique et de la promotion des investissements de La Paz (Camex), Mario Rojas, a déclaré que les blocus dans le pays causent des dommages « irréparables » au secteur, chiffrant les pertes à 50 millions de dollars par jour.
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision publique Bolivia TV, M. Rojas a affirmé : « Nous sommes très préoccupés par la situation actuelle liée aux blocus qui se multiplient à travers le pays. »
