Intervention du ministre des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodríguez Parrilla, lors de la réunion ministérielle de la CELAC en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. 21 septembre 2026, New York, États-Unis.
Excellence Monsieur Mario Lubetkin, ministre des Affaires étrangères de l’Uruguay et président *pro tempore* de la CELAC :
Mesdames et Messieurs les ministres et chefs de délégation :
Excellences :
Je remercie la présidence *pro tempore* de l’Uruguay d’avoir convoqué et organisé cette réunion.
La région de l’Amérique latine et des Caraïbes fait l’objet d’une offensive du gouvernement des États-Unis, qui tente d’actualiser l’archaïque doctrine Monroe sous un nouveau « corollaire » pour le moins douteux.
La militarisation est utilisée comme instrument de domination, sous prétexte de combattre le trafic de drogue ou un « narcoterrorisme » inexistant. Des droits de douane punitifs ont été imposés aux économies de plusieurs pays de notre région.
Des initiatives visant à nous diviser en « alliés » et « adversaires » sont encouragées, et l’on cherche à affaiblir les mécanismes de concertation et d’intégration que nous avons mis tant de temps à bâtir.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le renforcement sans précédent du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba, y compris un encerclement énergétique dont les effets équivalent à un blocus naval — un acte de guerre au regard du droit international.
À cela s’ajoutent les « sanctions secondaires », une violente offensive médiatique et la menace systématique d’une agression militaire.
Cuba se voit privée d’accès aux combustibles. L’arrivée de navires et de conteneurs est entravée, ce qui complique l’approvisionnement en denrées alimentaires, en médicaments et en dispositifs médicaux, y compris ceux commandés par le secteur privé. Les actions des États-Unis constituent un acte de génocide — qualifié également de punition collective — ainsi qu’une violation massive, flagrante et systématique des droits humains des Cubaines et des Cubains, du droit international et de la Charte des Nations Unies.
La CELAC doit préserver la place qu’elle a conquise en tant que voix représentative de la région. Nous devons nous demander si nous sommes prêts à accepter comme inévitables, et à tolérer, les violations du droit international commises par le gouvernement des États-Unis, qui portent atteinte aux prérogatives souveraines de nos peuples et de nos gouvernements.
Aujourd’hui plus que jamais, nous devons défendre l’héritage que nous avons bâti collectivement et œuvrer pour concrétiser le rêve d’indépendance de nos héros fondateurs.
Dans cette voie, la défense d’une application résolue de la proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme Zone de paix revêt un caractère prioritaire.
Je saisis cette occasion pour remercier, au nom du peuple cubain, les gouvernements et les peuples qui nous ont tendu une main amicale en ces temps difficiles.
Cuba a toujours été, au sein de la CELAC, un membre actif et attaché aux principes de notre Communauté.
Nous avons contribué de manière constructive à la réalisation de ses objectifs et avons fait preuve de cohérence et de solidarité dans la défense du principe d’unité dans la diversité.
Nous soutenons la position régionale visant à ce que le poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies soit confié à une personnalité originaire d’Amérique latine ou des Caraïbes.
Nous orienterons nos efforts vers la préservation de la solidarité entre les membres de la CELAC, la consolidation de cette Communauté et le renforcement de son rayonnement international.
Merci beaucoup.
Source : Cubaminrex
