Le ministre des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodríguez, a dénoncé les pressions extrêmes et sans précédent des États-Unis contre des nations souveraines pour obténir une modification de leur vote lors de la présentation du rapport contre le blocus les 27 et 28 octobre.
Lors d’une conférence de presse, Bruno Rodríguez a expliqué qu’il s’agira de la 34e occasion où l’Assemblée générale des Nations Unies examinera le rapport intitulé « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba ».
Il a indiqué que le débat a lieu dans un contexte marqué par une récrudescence sans précédent de cette politique et par un siège énergétique qu’il a qualifié de châtiment collectif contre le peuple cubain.
Le ministre des Affaires étrangères a souligné que, malgré les pressions de Washington, ce sera la première fois que l’Assemblée générale se prononcera au moyen d’une résolution pour condamner explicitement le durcissement extrême du blocus.
Il a affirmé que cette année coïncident le renforcement du siège économique, la coercition politique et l’entrave au commerce et aux approvisionnements destinés à Cuba, accompagnés d’un déploiement inhabituel d’actions du Département d’État.
Bruno Rodríguez a présenté des documents qui mettent en évidence les manoeuvres des États-Unis au cours des derniers mois pour changer la position de divers pays, exercées à de nombreuses reprises par le secrétaire d’État, Marco Rubio, lui-même.
Parmi les documents montrés figure un texte dudit département qui exhorte des gouvernements étrangers à rejeter la « propagande cubaine ».
Selon le ministre, ce texte tente de rendre le gouvernement cubain responsable des préjudices humanitaires découlant du blocus.
« Ces dommages ne sont pas collatéraux, comme Washington l’affirme habituellement, mais les conséquences délibérées d’une politique conçue pour générer la souffrance, le désespoir et l’instabilité dans les familles cubaines », a-t-il soutenu.
Le chef de la diplomatie cubaine a également évoqué un autre document adressé à des dirigeants étrangers qui contient des menaces explicites de sanctions et les invite à analyser soigneusement les conséquences du soutien à la résolution cubaine. Ces mesures pourraient viser des gouvernements, des entreprises ou des individus.
Bruno Rodríguez a expliqué que les pressions incluent des menaces de suspension de programmes de coopération, des restrictions de visa pour des fonctionnaires et leurs proches, une ingérence dans des processus électoraux, une incitation à des actions déstabilisatrices et des préjudices possibles à des intérêts économiques et financiers.
Il a également mentionné un troisième document diffusé en Europe qui prétend justifier la pression sur Cuba par de supposés liens de l’île avec le conflit en Ukraine, accusation qui, a-t-il affirmé, a été démentie.
Le ministre des Affaires étrangères a en outre condamné la « farce » organisée le 19 octobre dans des installations des Nations Unies, avec la participation de mercenaires impliqués dans des actions contre Cuba.
Il a ajouté que ces manœuvres cherchent à détourner l’attention de l’opinion publique américaine, qui s’oppose majoritairement au blocus, tout comme une grande partie des Cubains résidant aux États-Unis.
Bruno Rodríguez a également remercié les mouvements sociaux, les organisations de solidarité et les secteurs progressistes qui réclament la fin des sanctions et défendent le droit de Cuba à vivre en paix.
Il a en outre exprimé sa confiance que la communauté internationale soutiendra à nouveau largement la résolution cubaine, même s’il y aura toujours des laquais qui répondront aux intérêts de Washington.
