Le Costa Rica au second tour électoral

Par María Josefina Arce

Au Costa Rica, où dimanche des élections générales ont été organisées, il faudra un second tour car aucun des 4 candidats n'a obtenu 40% des voix nécessaires pour s'imposer au premier tour.

Au milieu du mécontentement populaire pour la gestion du Parti de Libération Nationale, au gouvernement, son candidat Johnny Araya a été surpris par celui du Parti Action Citoyenne, de centre, qui a remporté plus de voix que lui.

 

L'aspect le plus significatif des élections a été l'ascension du jeune José María Villalta, du Front Large, qui défend un projet qu'il définit comme une alternative politique progressiste de gauche, démocratique et socialiste.

 

José Maria Villalta a sans doute obtenu une partie de ce qui a reçu le qualificatif de «  voix de protestation » contre le gouvernement. À cela vient s'ajouter le fait que selon les sondages préalables aux élections, 30% des électeurs ne savaient pas pour qui voter, ce qui rendaient imprévisibles les résultats des élections.

 

Une chose est certaine. Le Parti Libération Nationale, au gouvernement est très usé. Les Costariciens mettent en question sa gestion qu'ils ont qualifié de mauvaise. L'inégalité sociale a augmenté ces 10 dernières années plus que dans n'importe quel autre pays de l'Amérique Latine, la pauvreté atteint 20% et le chômage 10%.

 

Des scandales de corruption ont éclaté. Il y a eu une mauvaise gestion de l'économie. Le déficit fiscal est de 5,4%. La dette publique s'élève à 50% du PIB.

 

Lors de ces élections, où les 57 députés du Congrès ont été élus aussi pour les 4 prochaines années, le Parti Libération Nationale a obtenu le vote le plus bas depuis sa fondation, il y a 60 ans. Il n'a pas obtenu la majorité.

 

Le Front Large a terminé 3è, avec un total de 9 sièges, le chiffre le plus élevé de son histoire. Les analystes considèrent que la candidature de Villalta a impulsé la gauche costaricienne, lui garantissant une importante représentation à l'Assemblée Législative.

La réalité est que l'idée du changement commence à se frayer un chemin au Costa Rica, même si la propagande des partis traditionnels est très intense. Des médias et des hommes d'affaires disposent de la logistique nécessaire pour semer la peur au changement parmi les électeurs.

Ces dernières semaines, des plaintes ont été déposées auprès du Tribunal Suprême des Élections suite à des appels des entreprises privées pour voter contre Villalta.

On ne sait pas encore qui va gouverner au Costa Rica durant les prochaines années. Mais ce qui est sûr c'est que le nouveau président aura un panorama politique compliqué devant lui, car il devra faire face à un congrès très fractionné.

 

Édité par Tania Hernández



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